PERCHE
Sous la deuxième race de nos rois , le Perche eut des comtes particuliers ; mais ce ne fut qu'au commencement du xi e siècle que Warin ou Guérin, seigneur de Domfront, fils de Guillaume I er , seigneur de Bellême et comte d'Alençon , devint la tige des comtes du Perche. Leur race s'étant éteinte en 1226 , à la mort de Guillaume , des prétentions diverses s'élevèrent à la possession du comté. Louis VIII , qui était un des prétendants, le mit sous sa main par provision. Quelques actes de résistance eurent lieu jusqu'en 1257, époque à laquelle Jacques de Château-Gontier céda tous ses droits à saint Louis, en se réservant seulement Nogent-le-Rotrou , qui passa à sa postérité. En 1268, le roi en disposa en faveur de Pierre , son cinquième fils. Celui-ci étant mort sans enfants, Philippe-le-Bel donna le comté du Perche à Charles de Valois, son frère, dont la descendance en jouit jusqu'en 1509, qu'il fut de nouveau réuni à la couronne.
Les monnaies du Perche ont été étudiées par M. Lecoinlre-Dupont (Revue, 1843, pag. 26 et suivantes) et par M. Cartier (Ibid., 1845, pag. 303). Je ne séparerai pas leur travail.
Selon cesnumismatistes, le monnayage percheron ne remonterait pas au-delà de l'année 1079. On verra , par le denier de Nogent que je vais faire connaître, que celte date doit être beaucoup reculée. Il est vrai de dire que M. Lecointre-Dupont n'a pas connu cette pièce , et que M. Cartier, qui Ta publiée , n'y voyait point une monnaie féodale.
Le type des monnaies du Perche se rapproche beaucoup de celui des espèces de Châteaudun. Le type est seulement placé dans un sens différent. Cette imitation du type de Châteaudun est naturelle, puisque Nogent-le-Rotrou, capitale du Perche au moyen-âge, était possédé par la môme famille que Châteaudun.
Toutes les monnaies du Perche sont, en général, rares.