GEOFFROI II BOSBERAS. ETIENNE
Geoffroi III le Noble, 1012—1037. Eudes-Arpin, 1100 ou 1101.
1907. * LOTERIVS REX. Croix. Q. BPTVRICE , en deux lignes séparées par six points.
AR. Obole.
Cab. de France. — PI. XL, n° 9.
Il faut rapprocher cette obole du denier publié par MM. Fougères et Conbrouse (Monnaies de la deuxième race, n° 215) ; elle a été copiée sur lui. C'est, à mon avis , la première tentative du monnayage des vicomtes de Bourges.
1908. * BITVRIGES CIVIYTC. Croix. $. Môme légende qu'au droit. Monogramme. BILL. Denier : 1,52. (Conb., Catal., n° 138.)
Cab. de France.
1909. BITVRIGES CIVIV. Croix, fy. Même légende qu'au droit. Monogramme. BILL. Obole d'argent pur. (Fillon, Etudes, pag. 162, vignette.)
PI. XL, n° 10.
Ces deux pièces ne sont point le résultat d'un accident monétaire, ainsi que M. B. Fillon l'a démontré (Etudes, pag. 162). Selon ce numismatiste , elles précèdent celles qui vont suivre et même celle décrite au n° 1907.
1910. * ... R€X. Monogramme. $. ... RICA. Croix cantonnée de trois points. BILL. Obole.
Cab. de France.
1911. * LOYeRIVS REX. Croix. $. * BPTVRICES CIVPT. Monogramme de Lothaire.
AR. Denier : 1,30. (Poey d'Avant, n° 614.) PI. XL, n° 11.
1912. Mêmes légendes et types des deux côtés. La légende du droit est rétrograde. * AR. Denier : 1,25. (Ibid., n° 645, et pi. 8, n° 4 W .)
PI. XL, nM2.
1913. * LOTERIVS REX. Croix. %. * BITVRICES CIVIYA. Môme type. AR. Obole : 0,65. (Poey d'Avant, Suppl., n° 30. )
1914. Même légende; croix cantonnée d'une crosse au 2 e . %. * BIYVRICES CI VI Y. Monogramme.
BILL. Obole. (Bévue, 1837, pi. 8, n° 19.) PI. XL, n° 13.
1915. * LOYERIVS REX. Croix. % * BPTVRICES CIVIVAS. Temple. AR. Denier : 1,28. (Ibid., n° 646. )
1916. Mômes légende et type. % BPTVRICES CIVPT. Temple. AR. Denier : 4,28. (Ibid., n° 647.)
1917. * LOYERIVS REX. Croix. $. * BPTVRICES OTA2. Temple. AR. Obole : 0,57. (Ibid., n° 650, et pi. 8, n° 3.)
PI. XL, n« 14.
1918. Mômes légendes et type , avec CI VI.
AR. Denier. (Berry, pi. 20, n° 13.)
1919. Autre avec BITVRCES CIVIVAS. Temple.
AR. Denier : 1,25. (Ibid., n° 648.)
PI. XL, n* 45.
1920. * LOERIVS REX. Croix, fy BITVRICES CIVPTAS. Temple. AR. Denier : 1,30. (Ibid., n° 649.)
4921. Variété : * LOTERIVS RE. UK est remplacé par deux bâtons en sautoir, ayant un annelet à chaque extrémité. Ce môme signe précède la légende du $. AR. Denier. (Berry, pi. 20, n° 9.)
Il y a quelques années , on ne connaissait qu'un seul spécimen du denier au type du monogramme et un au type du temple. La découverte de Châteauneuf-sur-Loire , dont H. Cartier a rendu compte dans la Revue numismatique fr. de 1851, pag. 224, en contenait plusieurs centaines. Les deniers au temple formaient la plus grande partie de ce dépôt , dont Pétude a prouvé d'une manière irréfragable que ces monnaies sont postérieures à Lothaire.
La présence du temple sur ces deniers et oboles a fait supposer à M. B. Fiilon (Etudes num., pag. 163) qu'on pourrait leur donner une origine ecclésiastique. Ce type ayant souvent été employé par Lothaire, je crois qu'il n'y faut voir qu'une réminiscence ; mais je partage l'opinion de mon collègue , quand il dit que la fabrication simultanée d'espèces à deux empreintes distinctes indique qu'elles ne sortent pas du même atelier.
ABBÉS DE MASSAY.
L'abbaye de Massa y ou Mascé , de l'ordre de saint Benoît , a été fondée , suivant les uns, en 738, suivant les autres, vers 800. D'après un manuscrit de dom Etiennot; cité par Duby ( tom. n , pag. 242) , le pape Etienne , à la prière de Louis-le-Débonnaire , aurait , par une bulle de 838 , donné aux abbés de Massay le droit de battre monnaie. Je ne conçois pas une concession ainsi établie. On aurait dû tout au moins dire que ce fut le roi qui , à la prière du pape , accorda ce droit.
Sans relever cette inconséquence, Duby, dans ses corrections et additions, pag. lxvi, revient sur ce sujet, et établit d'une façon irrécusable que la bulle citée par dom Etiennot est fausse; ce que celui-ci avait d'ailleurs soupçonné. Duby ajoute que l'existence de la monnaie de Massay n'en parait pas moins certaine ; qu'il en est parlé dans plusieurs titres de cette abbaye et dans les archives de Yierzon et d'Issoudun. Si cette officine a jamais existé , ses produits ne sont pas , dans tous les cas , venus jusqu'à nous.
DÉOLS (CHATEAUBOUX).
La ville de Châteauroux a été fondée , disent quelques chroniqueurs , au milieu du x e siècle , par Raoul-le-Large , qui y construisit un château fort. Ses premiers maîtres furent les seigneurs de Déols , qui se prétendaient issus de la maison d'Auvergne ; ils en jouirent jusqu'en 1176. A cette époque, la seigneurie de Déols passa dans la maison de Chauvigny, par le mariage de Denise de Déols, fille de Raoul VII et nièce de Henri II, roi d'Angleterre, avec André de Chauvigny. Philippe-Auguste s'empara momentanément de Châteauroux, en 1188. Charles VIII l'érigea en comté, le 16 juillet 1497, en faveur d'André de Chauvigny, IV e du nom, vicomte de Brosse. Ces seigneurs avaient le titre de barons de Châteauroux et de seigneurs de Déols. C'est
ce dernier nom qui a d'abord été mis sur les monnaies, et ce n'est qu'à Pavénement de la maison de Chauvigny que Ton y voit figurer celui de Châteauroux (Castrum Radulphi).
Les premiers seigneurs de Châteauroux ont sans doute pris leur nom de celui de l'abbaye de Déols, monastère important situé à peu de distance de la ville. Il fut fondé en 917, et s'appela plus tard le Bourgdieu. On pense que l'atelier monétaire des seigneurs de Châteauroux y était placé.
Grâce à une récente découverte, nous avons, à peu de chose près, les produits du premier monnayage de Déols; du moins pouvons-nous affirmer quel était le type de la monnaie primitive. C'est, comme dans beaucoup d'autres localités, le monogramme carolin. Sur les deniers trouvés en abondance à Issoudun , il y a peu d'années, ce monogramme est déjà dégénéré ; mais il a dû évidemment exister un type antérieur et mieux formé. Si nous en jugeons par les nombreuses variétés qu'offrent ces monnaies , cette empreinte fut fort usitée pendant quelques années. ( Y. Etudes num., par B. Fillon , pag. 65 et 163. ) Toutefois il ne persista pas longtemps, car le même seigneur qui s'en était servi adopta celui de l'étoile, d'abord à cinq, puis à six pointes, qui a duré à Déols jusqu'à l'avènement de la maison de Chauvigny. Ces derniers princes mirent sur leurs espèces les armes de leur famille, c'est-à-dire des fusées.