‹ Monnaies féodales de France (volume 2)Chapitre 2 sur 283 · DUCHÉ DE FRANCE · texte numérisé non relu

DUCHÉ DE FRANCE

La formation du duché ou marquisat de France remonte à Tannée 861 . Charles-le- Chauve le créa en faveur de Robert-le-Fort , pour le récompenser de services rendus et s'en faire un bouclier contre les Normands et les Bretons.

L'étendue de ce duché n'était point la môme à son origine qu'à l'époque où il fut réuni à la couronne. Il fut d'abord composé des comtés de Paris et d'Orléans , du Gâtinais , du Pays Chartrain , du Blésois, du Perche, de la Touraine , de l'Anjou , du Maine , de la portion de la Sologne au midi de la Loire , du Beauvoisis et (f une partie de l'Amiénois; en un mot, de presque tout le pays compris entre la Seine et la Loire.

Lorsque Hugues-Capet, à son avènement à la couronne en 987, le réunit au domaine royal . le duché de France était réduit à quatre à cinq villes.

Les monnaies des ducs de France , principalement celles que Ton ne peut pas leur disputer, en ce qu'elles portent leur titre de duc, sont toutes fort rares et n'existent guère que dans les grandes collections publiques. Parmi les autres, c'est-à-dire celles qui ne portent pas de nom ducal , il y en a certainement un assez grand nombre qui doivent leur être restituées. Dans la longue énumération qui va suivre , je n'ai pas la prétention d'affirmer que toutes leur appartiennent, puisque , pour établir la filiation des types , j'ai dû quelquefois descendre jusqu'à une époque où leur monnayage avait cessé. Dans le cours de cet ouvrage , j'empiéterai plus d'une fois sur le monnayage royal ; c'est une nécessité de mon travail , le point de contact entre les monnaies féodales et royales , surtout aux époques de transition , étant le plus souvent très difficile à saisir. Les premiers rois de la troisième race ne frappèrent d'ailleurs monnaie qu'en qualité de seigneurs des lieux où fonctionnaient leurs ateliers.

Je dirai aussi en débutant, et une fois pour toutes, que mon avis est que loin de chercher à restreindre le champ numismatique , il y a toujours avantage à l'agrandir.

Les monnaies des ducs de France tiennent naturellement le premier rang dans la numismatique féodale ; aussi leur type doit être soigneusement observé. C'est lui , en quelque sorte , qui a servi de modèle à ceux de tous les barons de France , ou plutôt la loi qui régit ce type a régi toutes les autres monnaieries. Cette loi se trouve donc dès à présent établie , et sauf quelques exceptions , dues au caprice ou à quelques causes locales , on peut poser les principes suivants :

D'abord , copie exacte des espèces royales dont le type fut immobilisé dans chaque atelier et qui dégénère peu à peu ;

Puis modifications successives, à mesure que la puissance des princes grandit;

Enfin émancipation complète , lorsque les seigneurs sont devenus tout à fait indépendants de l'autorité royale.

On l'a dit avant moi , mais je ne saurais trop le répéter, les différentes phases de la formation de la féodalité , et celles de la transformation successive des types , concordent entièrement ; leur histoire est la môme.

Je vais passer à la description des monnaies des ducs de France , parmi lesquelles je comprendrai, ainsi que je l'ai déjà dit , toutes celles dont la connaissance est nécessaire pour faire apprécier l'influence du type primitif dans chaque atelier.

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