SAINT-AIGNAN
Saint-Aignan faisait partie des domaines de Thibaut-le-Tricheur. Il ne forma une seigneurie particulière qu'en l'an 1000, lorsque Thibaut II, son petit-fils, le donna à Geoffroi de Donzy. La descendance de celui-ci en a possédé le domaine jusqu'à nos jours. M. Cartier fait remarquer qu'il n'y a peut-être pas d'autre exemple d'une si longue possession.
Toutes les monnaies de Saint-Aignan sont anonymes. Leur type est uniforme , sauf, vers la fin du monnayage connu de nous , une exception qui ne paraît pas avoir eu de suites. D'abord on voit la tête chinonaise dégénérée , mais pourtant très reconnaissable. C'est là , ainsi que je l'ai fait remarquer dans ma Description, qu'elle s'éloigne le moins de son origine.
En considérant les nombreuses variétés de deniers que nous possédons , et qui prouvent de fréquentes émissions , on est amené naturellement à penser que le type a été longtemps continué. Pourtant, ainsi que Ta fait observer M. Cartier (Revue, 4845, pag. 367), ces pièces paraissent toutes de la même époque , et leur poids varie seulement de 1 gr. 25 c. à 1 gr. 20 c. Il n'est guère probable que, depuis le xi e siècle, date où l'on doit placer leur émission , jusqu'au début du xm e siècle , date du petit denier à un nouveau type , il n'y ait pas eu de transformation autre que quelques dégénérescences de légende. Le poids du denier où le type est changé n'est plus que de 0,81.