RIOM
On a déjà vu que le comté d'Auvergne avait été divisé en deux parties sous saint Louis. C'est par suite d'un traité entre le roi et le comte d'Auvergne que cette séparation eut lieu en 4229 ou 4230. La seconde division , plus considérable que l'autre
et ayant Riom pour capitale , fut donnée par saint Louis à son frère Alphonse , qui , dix ans plus tard , eut aussi les comtés de Poitou et de Toulouse.
Les monnaies qu'Alphonse a fait frapper comme comte de Riom sont toutes au même type. C'est toujours le châtel tournois imité des monnaies royales ; seulement il varie beaucoup dans sa forme et dans les signes qui l'accompagnent.
On n'a pas encore trouvé d'oboles frappées à Riom. Sur les deniers assez nombreux que nous connaissons , Alphonse met d'abord son nom en idiome vulgaire ; plus tard , il emploie la langue latine.
Quoique l'on ait déjà Bien des fois relevé l'erreur de Duby voulant chercher Riomum dans le comté de Toulouse, il n'est pas inutile de la mentionner de nouveau , afin d'empêcher de faire fausse route les numismatistes qui débutent dans la science , et qui , consultant l'ouvrage de mon devancier, pourraient se laisser égarer par lui.
2260. * TCNFOVRc» COMEtt. Châtel surmonté d'une croix, ty. * RIOMENcalo». Croix.
AR. Denier : 0,98. (Revue, 4841 , pi. 6, n° 10; Poey d'Avant, n° 748.) PI. L,n*5.
2264. 7CNFVRS EOMES. Même type, fy ÛE RIOMENSIS. Croix. AR. Denier : 4,27. (Ibid., n° 750, et pi. 9, n° 43.) PI. L,n°4.
2262. Même légende, avec 7CNPOVRS COMGca. Le châtel a une aigrette à trois pointes , surmontée d'une croix. $. RIOMGNcalco. Même type.
AR. Denier : 4 ,03. ( Poey d'Avant, n° 949 , et pi. 9 , n° 42. ) PI. L,n*6.
2263. * 7TNPORS COMES. Même type. ty. RIOMENcalca. Même type.
Coll. Dubois-Voilquin , à Paris. — PI. L, n° 7.
2264. * ANFOVRS COM6S. Même type. fi. * RIOMGNttlc». Même type. Coll. Poey d'Avant. — PI. L, n° 8.
2265. Mêmes légende et type, avec 7CNFVRS. Q. ÛE ROMENcalcol. Croix. BILL. Denier : 4,27. (lbid., n° 754 , et pi. 9 , n° 44.)
2266. 7TNPOVRS COMGS. Même type. $. * RIOMGNcalc». Croix. BILL. Denier : 0,84. (lbid., Suppl., n° 36.)
2267. 7CLFVNSVS COMES. Châtel surmonté d'une aigrette à trois pointes, sans croisette. $. ÛE RIOMENSIS. Croix.
BILL. Denier : 4,25. (Revue, 1847, pi. 6 , n° 9 ; Poey d'Avant, n° 752. ) PI. L. n°l cr .
2268. Variété avec RIOMMENSIS.
BILL. Denier.
Cab. de France.
2269. 7CLPVNSVS COMSS. Croix cantonnée au 2 e d'un annelet, et au 3 e d'une étoile ou molette d'éperon. $. * RIOMNENcalco. Châtel dont les deux poteaux sont crénelés, le fronton surmonté d'une croix ; deux croissants accostent le châtel.
BILL. Denier : 4,36. (Poey d'Avant, n° 753, et pi. 9, n° 45.)
227Ô. Mômes types. Au droit, COMES. ty. RIOMNENSIS. Cab. de France. — PI. L, n° 2.
2271. 7TLFVNSVS COMES. Croix cantonnée d'un croissant au 2 e , et d'une étoile au 3 e . $. Mômes légende et type ; une croisette au centre du châtel.
BILL. Denier : 0,80.
Coll. Poey d'Avant. — PI. L , n° 3.
J'ai déjà fait remarquer, dans ma Description, le singulier scrupule du graveur qui , sur le revers du n° 2365, s'apercevant qu'il avait oublié le premier I du mot Riomensis, a eu soin de le porter à la fin de la légende.
CHATELDON.
La petite ville de Chateldon faisait autrefois partie du Bourbonnais ; mais comme elle est comprise maintenant dans le département du Puy-de-Dôme , j'ai cru devoir placer cet article dans la province d'Auvergne.
2272. * LVDOVICVS VIYIY. Monogramme d'Erbertdu Mans, renversé. $. CAS * VELLVM DON. Croix cantonnée de l'oméga au l €r , de l'alpha au 2 e , d'un besant aux 3 e et 4 e .
AR. Denier. ( Repue, 1837, pag. 441 , vignette. ) Coll. de Lagrange. — PI. L, n° 11.
2273. PHILIPPYS REX. Même type. $. CASTELLVM bON. Croix cantonnée au 3 e de l'oméga , et au 4 e de l'alpha.
AR. Denier, (lbid., pag. 441 , vignette.) Cab. de France; coll. Asselin , à Cherbowrg. — PL L, n° 10.
Ces deux remarquables deniers présentent un problème numismatique qui , à mon avis, n'est pas complètement résolu. A quel lieu faut-il les donner? Voilà la question. Publiés d'abord dans la Revue de 1837, pag. 441 , par M. le marquis de Lagrange, ce numismatiste a proposé de les attribuer aux seigneurs de Donzy. Qu'on lise le mémoire qu'il leur a consacré , et l'on verra que parmi les arguments qu'il développe il y en a quelques-uns qui ne manquent pas d'avoir une certaine justesse , tandis que beaucoup d'autres me paraissent sans valeur. En somme , l'attribution qu'il leur donne n'est pas , du moins à mes yeux , suffisamment établie et n'a pas d'ailleurs été généralement acceptée.
M. Duchalais (Dictùmn. histor. de l'histoire de France, v° Chateldon) dit que le seigneur qui a fait frapper cette monnaie ne peut être que celui de Chateldon , lieu dont le nom se trouve inscrit sur ces deniers et qui est placé à peu de distance de Montluçon et de Gien , où la monnaie d'Anjou a souvent été copiée. La similitude du nom est certainement une preuve , et je trouve l'opinion de Duchalais préférable à celle de M. de Lagrange. Toutefois je désirerais que l'attribution fût appuyée sur des bases encore plus solides , et que notamment on pût invoquer en sa faveur quelques documents historiques ou seulement quelques conjectures d'un certain poids. Ayons l'espoir que , quoique ces deniers soient restés uniques depuis longtemps , il nous surviendra tôt ou tard quelques variétés qui lèveront tous les doutes et qui permettront d'en fixer définitivement l'attribution.
Ainsi que l'a fait observer M. Duchalais , il ne faut pas inférer de la présence sur ces deniers du nom de deux rois, qu'ils doivent être classés parmi les monnaies royales. Dans l'état de la question , il est difficile de déterminer quels sont ces deux princes. M. de Lagrange propose Louis VII et Philippe-Auguste. Ces noms sont d'accord avec le style des monnaies , qui doit les faire placer au xn e siècle.
Quant au type , c'est évidemment celui des deniers des comtes du Mans. Sur la première pièce, le monogramme d'Erbert est fort apparent; sur l'autre, il est déjà dégénéré. Le mot VIYIV, que l'on trouve sur le denier au nom de Louis , est à coup sûr un trompe- l'œil destiné à faire confondre celte pièce avec celles des comtes du Maine , sur lesquelles on lit Signum Dei vivi. Cette observation ingénieuse et vraie est due à Duchalais.
Je ne reviendrai pas sur les causes tant de fois exprimées de l'emploi d'un type loin du lieu où il a pris naissance. Nous en avons vu et nous en verrons encore de si nombreux exemples , qu'il serait fastidieux de développer ce sujet. Ici , comme ailleurs , c'est toujours, delà part des seigneurs, l'intention de donner à leurs monnaies un cours qu'elles n'auraient pas eu si l'on eût inventé un type inconnu au peuple.