LIMOGES
Selon certains historiens, Louis-le-Débonnaire aurait nommé comte de Limoges, en 837, Ratbier, tué à la bataille de Fontenay en 841. Adhémar de Cbabanais, qui, le premier, fait mention de ce comte, lui donne le nom de Raymond. A celui-ci succéda Gérard; puis vinrent les vicomtes. Foucher, nommé en 887 , fut le premier d'entr'eux. On suppose que cette dignité fut héréditaire dans sa famille. Il n'y a cependant certitude pour ce fait qu'à dater de Tan 1000. Après diverses vicissitudes qu'il est inutile d'énumérer, et que la description des monnaies et la chronologie des seigneurs feront connaître , la vicomte de Limoges fut réunie à la couronne en 1370 et séparée en 4371. Elle vint dans la maison d'Albret en 1470 et fut définitivement réunie au domaine royal lors de l'avènement d'Henri IV au trône, en 1589.
Le type royal immobilisé à Limoges fut celui d'Eudes. Cette empreinte persista jusqu'à la fin du XI e siècle. Le choix de ce type, qui eut un très grand crédit, influa , ainsi que nous l'avons déjà vu et que nous allons encore le voir, sur ceux de beaucoup d'ateliers voisins ; il s'étendit même à une distance assez considérable. Il serait facile de suivre à la trace sa filiation et ses voyages dans une partie du centre et de l'ouest de la France ; mais c'est un sujet en dehors du cadre dans lequel je dois me renfermer, et que je laisse à traiter à mes successeurs.
J'ai avancé dans ma Description qu'il était probable que, dans le principe, l'atelier monétaire était la propriété du seigneur laïque et que l'abbaye de Saint-Martial n'entra en possession du droit de monnayage que par suite de transactions dont on ignore les causes et la date. Quoi qu'il en soit, comme on ne voit paraître les barbarins qu'au commencement du xii e siècle et que ce type ne peut pas être refusé aux abbés de Saint- Martial , qui y avaient mis le nom de leur saint patron , il est probable que celte circonstance doit fixer l'époque approximative du début de leur monnayage. Il ne serait pas impossible toutefois que précédemment ils eussent émis des espèces avec le type qui a
précédé celui des barbarins. Ces imitations . nécessitées par les besoins du commerce, sont si fréquentes que Ton ne peut rien affirmer à cet égard.
Le type des barbarins fut employé jusqu'à la fin du xiir siècle , sauf une tentative qui n'eut pas de suites. Alors les vicomtes s'emparèrent de nouveau du droit monétaire et firent pendant plus d'un demi-siècle une rude concurrence à l'abbaye. Cet état de choses dura jusqu'à ce que la maison de Bretagne prit, en 1276, possession de la vicomte de Limoges. Nous avons un document établissant que Philippe-le-Hardi ordonna que les consuls, communes, hommes, bourgeois et leurs successeurs ne prétendissent rien désormais dans la partie de la monnaie qu'ils avaient ou disaient avoir, attendu que cette monnaie appartenait à Marie, vicomtesse de Limoges, ou à son mari.
C'est à partir de l'avènement de la maison de Bretagne que les types commencent à être plus variés. Ils offrent peu d'intérêt. D'abord ce n'est que la combinaison des pièces de leur blason , puis viennent les imitations des monnaies royales et des espèces bretonnes.
Dans son Manuel de numismatique, M. de Barthélémy mentionne le denier de MELHIARES que, dit-il , on pense avoir été frappé par les vicomtes de Limoges dans leur château de Meilhard. Il «st maintenant reconnu que cette pièce et celles analogues ne peuvent appartenir qu'aux seigneurs de Château-Meillant. Je les ai décrites à cet article.
Rathier, 837.
Raymond.