COMTÉ D'AUXERRE
Les historiens ne sont pas d'accord sur l'origine des comtes d'Auxcrre. On pense qu'il ne faut pas la faire remonter au delà du règne de Charlcmagno , et que le premier comte fut Ermenolde , cité dans les actes de Saint Maurin , évéque d'Auxerre. Ces seigneurs ne devinrent héréditaires qu'au commencement du x* siècle. En 987, Henri -le-Grand pourvut Othe-Guillaume, son fils, du comté de Nevers, cl par ce moyen les comtés de Nevers cl d'Auxcrre se trouvèrent réunis sur la même tête. Celle nnion dura jusque vers la fin du xi* siècle. En 1076, Robert, fils de Guillaume I", qui était déjà évéque d'Auxcrre, reçut ce comté, que son père lui abandonna. Peu de temps après, les trois comtés de Nevers, de Tonnerre et d'Auxerre arrivèrent sur la même tête. En 1133, celui de Tonnerre futdéiaché, et joint de nouveau en 1161. Enfin , ainsi que je l'ai déjà dit à l'article do Tonnerre , la division des trois comté* eut lien en 1273, par arrêt du parlement. Le comté d'Auxerre , s'élant soumis» Louis XI , vint à la couronne et n'en a pas été détaché depuis.
De cet exposé historique , et de ce que j'ai dit en parlant des monnaies du comté de Tonnerre , il résulte que la numismatique des deux pays doit être tout à fait dans les mêmes données. Parler de celle d'Auxerre, c'est presque répéter ce que l'on a dit de l'autre. A Auxerre , en effet , nous trouvons d'abord le type carlovingien immobilisé , puis la croix à pointes déjà rencontrée à Nevers et à Tonnerre. On suppose généralement que c'est à Auxerre qu'elle a pris naissance ; de là son nom de croix aoxerroisc. Elle a passé à Tonnerre cl à Nevers , ce qui est tout naturel , puisque les trois comté* ont été à diverses fois réunis dans les mêmes mains. Toutefois, nous allons voir cette croix sur des monnaies anciennes de la ville de Sens, et il y aurait lieu à examiner si son appellation de croix auxerroise n'est point usurpée.
Le monnayage d'Auxerre présentait trop de questions intéressâmes, ponr que les numismatisles ne s'en soient pas occupés. Aussi a-t-il été l'objet d'études spéciales. M. de Barthélémy lui a consacré un article étendu dans le tome u des Mémoires de la commission d'antiquité* de la Côle-d'Or. J'en ai parlé dans ma Description. De son côté, M. Bretagne f Revue num. fr., 1859, pag. 245) fait connaître divers documents dont il lire principalement la conséquence, que les évéques d'Auxcrrc frappaient monnaie concurremment avec les comte.* de celle ville. Celle opinion , contraire à celli* que j'avais essayé d'établir, a élé combaltuo par M. de Barthélémy dans le mém<recueil ( 1800, pag. 308). Ce savant numismalisie , répudiant ses anciennes idées . prouve par des textes nombreux cl une interprétation plus exacte de ceux cités par M. Bretagne, que jamais les évéques d'Auxerre n'ont émis des monnaies. A ses arguments j'en ajouterai un qui me parait avoir un grand poids. M. Bretagne semble admettre (|ue les monnaies portant AVTISIODERO sont conlcmporaines de celles sur lesquelles on lit ALTISIObOR, que les premières appartiennent aux comtes et les autres aux évéques. Or, ces diverses monnaies sont loin d'êlre contemporaines, et la formule ALYISIODOR est bien plus récente que l'autre.
Je sais que M. Salmon s'occupe spécialement dç réunir toutes les variétés de monnaies d'Auxerre et de Tonnerre, afin d'établir d'une manière certaine, par la comparaison de leur fabrique , Page de chacune. Une étude approfondie, entreprise sur <l<pareilles bases, ne peut avoir que d'excellents résultats.
Aucun des comtes d'Auxerre n'a mis son nom sur les monnaies que nous connaissons. Il est même assez présumablc qu'on n'en trouvera pas avec leur signature Cependant je crois utile de donner la chronologie de ces seigneurs.