MONNAIES DU SÉNAT ROMAIN AU TYPE PROVINOIS
Bien des auteurs ont parlé de ces monnaies , et pourtant on est loin d'être complètement édifié sur leur compte. On n'est d'accord que sur un seul point, c'est qu'elles ont été fabriquées à Borne, afin de faciliter les transactions du commerce étendu que les marchands de la Champagne faisaient avec la ville éternelle. On ignore à quelle époque ce monnayage a commencé. Muratori (Anliq. ital., dis. 18, pag. 370) ei Zanelli ( tom. 3, pag. 281 , n* 2C5) disent que les provinois de Rome sont antérieur* d'un siècle a ceux de la Champagne, ce qui est insoutenable, car le type du peigne n'est certainement pas né en Italie. Papcncort (pag. 82 et 83) est plus dans le rrai, quand il dit qu'ils furent nommés provinois du sénat , parce qu'ils étaient semblable* h ceux qui avaient cours en Champagne ; mais il erre , quand il veut placer leur origine à l'époque du tribunal de Nicolas Rienzi. Celte dernière opinion est aussi adoptée par Cinagli (Monele de Papi, pag. 21, note 30). M. Cartier, dans sa notice sur ces monnaies (Revue, 1839, pag. 42), rejette celle opinion, et est d'avis qu'elles furent frappées pendant la république éphémère qu'Arnaud de Bresse établit à Rome de 1147 à 1154. En dernier lieu vient M. B. Fillon, qui, se fondant sur la monnaie de Charles d'Anjou , offrant une dalc certaine, avance (Gâtai. Rousseau, pag. G6) que les pièces provinoises au nom du sénat romain doivent être placées dans le courant du xui» siècle. Je crois qu'il y a moyen de concilier les dernières opinions , en disant
que ces monnaies ont pu commencer à être battues sous Arnaud do Bresse, et qu'on a continué d'en fabriquer jusqu'au milieu du xiu* siècle. Une durée de cent ans ne me parait pas exorbitante pour une émission qui offre tant de variétés et qui avait trait A des intérêts aussi importants. La cause qui la Gl naître a dû persister et la faire maintenir pendant longtemps. Nous en avons une preuve irrécusable, puisque l'on connaît une charte de 1195, où il est fait mention de la monnaie provinoise romaine, et qui- Pobolc de Cbarles d'Anjou donne la certitudo que ce type existait encore au milieu du xni' siècle. Pour éclairer le débat, il n'est pas hors de propos de faire ressortir la signification de la légende du n° 5995, qui prouve que ces monnaies appartiennent à un tribunal.
Quant â la pièce portant le nom de Charles (n° 5996), son attribution , établie par M. B. Fillon (lococii.), est toute naturelle. Charles d'Anjou , frère de Saint Louis . était un des compétiteurs à la couronne de Sicile, et fit un voyage à Rome au mois d«mai 1265, où il fut proclamé sénateur, dignité qui lui conférait le droit de battre monnaie.
5984. SENAWS . P.Q.R. Croix cantonnée au 1" d'un besant, au 2» d'une étoile, au 3e de l'oméga , au 4« de l'alpha, fl. ROMA CAPVr MVN. Type du peigne : au-dessus, un S entre un croissant et une étoile.
BILL. Denier : 1,25. (Revue, 1839, pl. 2, n" 1"; Poey d'Avant, n* 1518.) Pl. CXXXIX,n'l".
5985. Mômes légendes et types , sauf qu'au ^. l'étoile est à gauche et le croissant A droite.
BILL. Obole : 0,54. (Poby d'Avant, n» 1519.)
5986. Mômes légendes. Au droit , la croix est cantonnée d'un besant aux lw et i'. Au le type a au-dessus uu V entre deux croissants.
BILL. Dénier.
Coll. Lcfèvre, à Meanx.
5987. * SCNAWS P.Q.R. Type du peigne ; au-dessus, S. ROMA CAPVS . M. Croix cantonnée d'une étoile au 1".
BILL. Obole. (Revue belge, 2« série , tom. v, pl. 7, n° 13.)
5988. SENAWS .P.Q.R. Même type. . A . CAPÛ . MVÏ>. Même type. AR. Denier.
Coll. Robert.
5989. * SEN7CT .P.Q.R. Même type. L'S est entre l'étoile et le croissant. û|. * . ROMX" CTPVT M. Croix non cantonnée.
BILL. Obole : 0,55.
Coll. Planlet. — Pl. CXXXIX , n4 2.
5990. ROM A CAPVT MVN. Type du peigne ; au-dessus, un alpha dégénéré en forme de V, accoslé de deux appendices en forme de croissants. SENATVS . P . Q . R. Croix canlonnée d'un besant aux in et 4% au 2« d'un oméga et au 3' d'an alpha.
AR. Denier.
Coll. Lefèvre. -Pl. CXXXIX, n» 3.
599t. Variété avec ROM A CAPVT MV. La croix est canlonnée du soleil et de la lune , d'un alpha et d'un astérisque. La lettre S est accostée d'un croissant renversé.
AR. Denier. (Cinagli, n° 47.)
5992. Mêmes légendes avec CAPVb. La croix n'est pas canlonnée. Au droit, le peigne est surmonté d'une espèce de cornet accosté du soleil et de la lune.
AH. Obole. (Ibid., n- 48, pl. 1", n« 22.) Pl. CXXXIX, n«4.
5993. SENAT . POPVL . Q . R. Peigne; au-dessus, S; à gauche, une croiselte. ROMA CAPVT MVNfcl. Croix cantonnée d'un besant aux 2* et 3«.
AR. Denier. (Ibid., n» 49.)
5994. SENAT. P . Q . R. Même type. S accosté du soleil et de la lune. ft. ROMA CAPVD.M. Môme type.
BILL. Obole. (Ibid., n* 50.)
5995. ALMVS TRIBVNAT. Croix, ft. ROîPA CAPVT ÎPV. Peigne ; au-dessus, un annelel accoslé du soleil et de la lune.
BILL. Obole. (Ibid., pl. 1", n« 23.) Pl. CXXXIX, n° 5.
CÏÏARLES D'ANJOU. 1265.
5996. * C7CROLVS i REX S. Croix cantonnée au 1" de l'oméga dégénéré , au 2* d'une étoile , au 3* de l'oméga dégénéré, et au 4* d'un V (alpha dégénéré). S€ ...Q . R. Type du peigne; au-dessus, S.
BILL. Obole. (B. Fillon, Eludes, pag. 90, vignette.) Coll. Rousseau. — Pl. CXXXIX, n» 6.