CH A LONS-SUR-MARNE
L'évêché de Chalons-sur-Marne eut pour premier évêque Saint Memmie, qui siégeait en 200 ou 280. Les prélats Je celle ville tenaient un rang élevé dans la hiérarchie. Dès la fin du xuc siècle, ils étaient pairs de France. An sacre de nos rois, ils occupaient la cinquième place comme pairs ecclésiastiques, la seconde comme évêques-comtes, et portaient l'anneau royal.
La numismatique de ces prélats mérite de fixer l'attention d'une manière toute particulière , puisqu'ils furent des premiers à jouir des droits monétaires en vertu d'une concession régulière. Ils la durent à Charlcs-le-Chauve, qui l'accorda à l'évéque Rrchcnraus en 8G5, par un diplôme daté de Clicsnc-IIcrbelot , maison royale située près de Compièjwe. M. de Barthélémy a publié m extenso, dans la Revue num. fr. (1851, pag 27), celle charte, en l'accompagnant de commentaires intéressants. Il fait ressortir son importance, qui est en effet capitale. Outre la date curieuse de la concession, puisqu'elle remonte à l'année qui suivit le fameux édil de Pistes, ses termes ne sont pas moins remarquables, en ce qu'il est dit positivement qne les monnaies de l'évéque devront élrc au monogramme du roi : monogramma nominis noilrt jussimus in$ignari. Si des preuves aussi nombreuses ne corroboraient pas l'opinion que j'ai si souvent émise et qui établit que les prélats et seigneurs ont frappé d'abord des monnaies au nom et au type royal, celle charte nous en fournirait une qui est irrécusable.
La concession faile à l'évéque Erchcnraus fut confirmée en 877 àWilbert.son successeur. On trouve une mention des droits monétaires accordés aux évéques de Châlons dans une bulle do Pascal H, dalée de 1 108.
Avec des données aussi positives, comment se fait-il que les monnaies des évéques de Châlons soient si peu abondantes? En vain dira-t-on que , les premières étant au type carlovingien cl au nom de Charlcs-le-Chauve, il est difficile de les distinguer des monnaies royales ; mais, dans ce cas même, nous devrions en trouver de nombreuses variétés, et nous n'en connaissons que deux. Les pièces intermédiaires nous manquent également. Ces évéques ne paraissent avoir monnayé en leur nom qu'à partir du xn* et peut-être du xiue siècle. Il y a donc une lacune considérable, que les numismalisles doivent désirer de voir bientôt combler.