NEUFCHATEAU
Gaucher II de Châlillon avait épousé, en 1314, Isabelle de Rumigny, veuve de Thibaut II, duc de Lorraine, et mère du doc Ferri PV. Cette dame avait eu la ville de Neufchaleau pour son douaire. Gaucher s'empressa d'y faire battre monnaie ; mais le duc de Lorraine, prétendant qu'il ne pouvait pas le faire sans son consentement, s'y opposa. En 1318, il intervint entre Ferry et Gaucher un traité par lequel le dernier s'engageait à ne fabriquer que des monnaies de mêmes poids et aloi que celles du duc. De nouvelles difficultés s'élant élevées, elles furent réglées par un autre traité, du III 35
28 juin 1321, établissant que le droit de battre monnaie ne subsisterait que pendant l'engagement de la ville de XeufchAleau , et que les espèces du connétable seraient au même coin que celles de Nancy.
0092. Polit oiseau. GTfLCCRI . O . PORCIGSIS. Cavalier armé passant à gauche et tenant un pennon. ^. * COP.G STXBILIS : FRTTPCie. 2' légende : M t PV CAST€LLI. Croix.
AR. Gros. (Dlby, pl. 103, n* 7.) Cab. de France. — Pl. CXLI, n* 14.
Copie servile des gros au cavalier armé de la Flandre et du Hainaut. M. Cartier, qui a compris cette pièce dans ses recherches sur les monnaies au type du cavalier armé (Bévue, 1836, pag. 189), avançait une proposition qui a été combattue dans le même recueil (1842, pag. 287) par M. D'Affry-de-la-Monnoie. Selon notre honorable doyen, Gaucher de Cliâtillon aurait d'abord frappé les pièces au type lorrain, cl ce n'est qu'après le traité de 1318, qu'il aurait monnayé au type de Flandre et de Hainaut, en commençant par les ester! ins et en finissant par l'empreinte au cavalier armé. H. D'Affryde-la-Monnoie n'a pas eu de peine à démontrer que les termes du traité de 1318, et plus encore ceux de la transaction de 1321, s'opposent ù celte classification. Il est, en effet, facile de voir que les pièces au coin lorrain sont venues les dernières. Gaucher, ainsi que nous l'avons dit, avait commencé à monnayer à Neufchûteau avant que le traité de 1318 fût intervenu , et il est hors de doute que les espèces qu'il émit alors ne devaient pas porter le type dont Ferry lui fil plus lard l'obligation de se servir.
6093. * GXLGhS COMes POROJ. Buste de face. * MONCYTC NOVICX. Croix coupant la légende et cantonnée de douze besants irois par trois.
AR.Esterlin : 1,36. (Dubt, pl. 103, n» 6; Poey d'Avant, n» 1540.) Pl. CXLI, n° 17.
6094. Variété avec GTLGS.
AR. Eslerlin. ( Musée d'Epinal , n« 562.)
Ces pièce?, comme je viens de le dire, sont antérieures au traité de 1318.
6095. G . G0M6S POROI. Dans le champ, cavalier armé à droite, la lance en arrêt avec banderollc, coupant la légende; armes sur l'écu (trois pals de vair au chef d'or). % MON6V3C ROVI GTCSYRI. Epée nue, la pointe en bas, entre deux aimons. ,
AR. Double denier : 0,89. (De Smjlcy, Monnaies de Lorraine, pl. 4, n° 16 : Dvby, pl. 103, n" 8.) Musée d'Epinal. - Pl. CXLI, a" 15.
Mêmes légendes el lypes, avec une merletle sur Vécu. AR. Double denier. (Mutée d'Epinal, n» Amû.)
ftO'j". G . CO0D8S POR. Le comle à pied, se couvranl de IVcu à ses armes et lenant de la main droite une épée, la pointe en bas; a droite, une bande verticale chargée de trois écussons aux armes de Porcicn. ^. GDO i POV C7CSTRI. Epée la pointe en bas ; à gauche , la même bande verticale. AR. : 0,92. (De Saulcy, Ibid., n* 17.) Coll. de la ville de Metz. - Pl. CXLI, n° 1G.
Le dessin de Duby porte I?OVI CASYRI. Quoique ce dessin soit assez mauvais, il sert à compléter celui de M. de Saulcy, sur lequel les armes ne sont pas apparentes.
Je crois que les deux traités de 1318 et de 1321 imposaient i Gaucher l'obligation de battre monnaie au type lorrain. S'il en était autrement, nous ne saurions où trouver les espèces émises par suite de la première transaction.