DUCHÉ DE BOUILLON
La seigneurie de Sédan était un arrière-ûef de l'église de Reims. Confiée à des avoués puissants, elle devint entre leurs mains une principauté. En 1319, le roi Charles V acquit les droits de l'archevêque de Reims et réunit Sédan i la couronne. Charles VI le donna , en 1400, à Louis, son frère. Charles, duc d'Orléans , fils «le Louis, vendit la seigneurie de Sédan à Guillaume de Braquemont, dont la fille épousa Evrard de la Narck. Celui-ci achela de Louis de Braquemont , son beau-frère , la terre de Sédan. Charlotte de la Marck, ayant épousé en 1591 Henri de la Tour d'Auvergne , lui apporta en dot les seigneuries de Sédan et de Raucourt , qui , depuis cette époque, sont restées dans la maison de la Tour d'Auvergne.
Bouillon , qui des mains du fameux Godefroi était passé , en 1096, à l'église do Liège , resta longtemps dans la possession des évéques de celle ville. En 1482 , Guillaume de la Marck s'empara de Liège après avoir tué l'évéque, et fll donner le gouvernement du château de Bouillon à son frère Robert III de la Marck. Celui-ci, «'étant emparé du château en 1495 , prétendit le garder, non comme gouverneur, mais à litre de réserve. Ses successeurs eurent les mêmes prétentions, et ce ne fut qu'en 1678, par suite de la paix de Nimègue, que Bouillon appartint définitivement à la maison de la Tour.
Celte possession , encore môme qu'elle n'était que précaire, n'a pas empêché les ducs de Bouillon d'émettre des monnaies en leur nom. Toutefois nous n'en avons pas qui soient antérieures au règne de Guillaume-Robert de la Marck , c'est-à-dire au dernier quart du xvt* siècle. On a bien publié , dans la Revue num. belge, des deniers anciens que l'on attribue à Bouillon ; je n'ai pas pu retrouver leur description , qui d'ailleurs serait en dehors do mon sujet. Dans le même recueil (2' série, lom. i,
pag. 316 ) , M. R. Chalon parle de tentatives de monnayage, qui auraient eu lieu en 1754 et 1771. Nous n'en connaissons pas les produits.
Les types des monnaies de Bouillon n'offrent rien de particulier. C'est un mélange du système français avec celui des Pays-Bas et des contrées voisines. Dans cette longue et riche série, qne je suis, à ce que je crois, le premier à faire connaître, puisque je fais plus que quadrupler le nombre des pièces publiées par Duby, il n'y a de réellement commun que les doubles liards et les doubles tournois de Henri de la Tour. Le* monnaies d'or sont les plus rares.