COMTÉ DE SOISSONS
D'après le témoignage de Grégoire de Tours, le Soissonnais aurait eu des comtes sous la première race de nos rois. Le premier comte héréditaire est Gui , dont l'établissement doit dater de la fln du x* siècle. Au xne, le comté passa dans la maison de Nesle , et dans celles de Hainaut et de Coucy au xtv". Il ne fut réuni à la couronna qu'en 1751.
Les comtes de Soissons ne paraissent avoir fait frapper monnaie qu'après la fermeture de l'atelier épiscopal. Quant à l'abbaye de Saint-Médard , elle monnaya concurremment avec les évéques et les comtes.
Si l'on voulait tenir compte des monnaies frappées au nom royal avec le monogramme carlovingien , et y trouver quelques pièces émanant de la puissance féodale, on pourrait, sans déranger l'ordre que j'établis , supposer que les comtes auraient monnayé antérieurement aux évéques; que ceux-ci, devenus plus puissants, auraient écarté l'influence laïque, qui plus tard reprit le dessus. Peut-être aussi les prélats ont-ils droit à réclamer ces monnaies. Dans tous les cas et dans l'état actuel des choses , je ne vois pas de traces d'un monnayage simultané des évéques et des comtes.
Le type de toutes les monnaies de Soissons est constamment resté le même. On y voit la porte d'un temple. Les uns veulent y trouver l'empreinte du portail carlovingien; M. de Barthélémy propose d'y reconnaître le portail de l'église de Saint-Médard.
Duby n'a connu qu'un petit nombre de monnaies des comtes de Soissons. Des découvertes successives ont enrichi celte série, dont les produits sont assez rares, sauf les pièces de Raoul , que l'on trouve plus facilement.