ETIENNE I
6521. * SYPH EPC. Même type. fl. Même légende. Croix cantonnée de deux petites croix fichées aux 2« et 3*.
BILL. Denier : 0,95. (Dudy, pl. 10; Poey d'Avant, n» 1827.) Cab. de France.
6522. * STGBS GPC (un trait au-dessus du P). Mêmes type et ft. BILL. Denier.
Coll. F. Mallel, à Amiens. — Pl. CLI, n« 30.
Toutes les monnaies de Noyon sont rares.
COMPIÊGNE.
Nos rois avaient un palais à Coiupiègne , dès le vr siècle ; sous la seconde race , il y fut établi un atelier monétaire. Nous avons des deniers que l'on attribue à Charlesle-Chauve, et qui ont été frappés au palais de Compiègne. M. Conbrouse, dans son Dernier supplément ou Deuxième partie de sou catalogue, nous fait connaître le texte d'une charte tirée "du P. Labbc (lom. 2, folio 219), reproduite par Leblanc, par laquelle Louis VI déclare qu'il s'interdit et interdit a ses héritiers la faculté de frapper dorénavant des monnaies à Compiègne. La pièce suivante, qui a été publiée pour la première fois par M. de Longpérier, était inconnue à M. Conbrouse et appartient évidemment à Louis VI.
f.523. * LVDOVICVS RE. Croix cantonnée aux 1" et 4« d'un lis, aux 2« el 3« d'un annelel. r\. * COMPrlCNE. Dans le champ, N. BILL. Denier. (Revue des antiq. de Picardie, tom. 9, pl. \n, n» 9.) Coll. Gouaux. — p]. CLI, n» 31.
Je Ferai bientôt connaître un autre denier, que je soupçonne fort être aussi sorti de l'atelier de Compiègne.
ÉVÉCHÉ DE LAON.
Créé à la fin du v« siècle par Saint Rémi, évêque de Reims, qui le démembra de son diocèse métropolitain , l'évéché de Laon fut , dans les dernières années dn xfr siècle, érigé en duché-pairie. A la cérémonie du sacre de nos rois, Pévéqaeduc de Laon avait la fonction de porter la sainte ampoule.
On ignore à quelle époque les évéques de Laon ont obtenu le droit de faire battre monnaie. On a cru longtemps, sur la foi de quelques auteurs , que la concession ne remontait pas au delà du règne de Hugues-Capet , el que ce roi l'aurait accordée A Pévêque Adalbéron , en récompense de ce que ce prélat l'avait couronné à Reims. Dans l'état actuel de la science , on ne peut plus s'arrêter à une pareille opinion , el , en examinant les monnaies frappées sous la période carlovingienne , on acquiert la certitude qu'il y en a quelques-unes qui appartiennent aux évoques de Laon.
En 1 158, le roi Louis VII donna à l'évéquc Gauthier de Hortagnc le droit de faire battre monnaie. Il est évident que ce ne fut pas une concession nouvelle , mais plutôt la consécration d'un droit précédemment acquis. Néanmoins il est possible que , par suite de circonstances que nous ignorons, le droit monétaire précédemment exercé eut été révoqué ou fût tombé en désuétude. Ce qui pourrait le faire supposer, c'est que les monnaies émises par les évéques , en vertu du nouveau privilège , diffèrent très sensiblement des autres par la fabrique et surtout par l'affaiblissement notable du poids.
Le type des monnaies signées par les évéques de Laon n'a pas varié; il a subi seulement quelques modifications. C'est toujours, d'un côté, la tete mitrée de IVvêque. et de l'autre, le buste aussi de face du roi avec la tête couverte d'un capuchon , puis d'une couronne.
Dans la suite des monnaies des évéques de Laon , il y en a quelques-unes qui sont assez rares. Il est difficile de trouver en bon étal de conservation les pièces au nom de Robert el d'Adalbéron.
ÉVÉQUES DE LAON.
Rodolphe I", 897—921 . Gozbert, 930-932.
Anselme , 921 vers 920. Ingf.i.ram I", 932—930.
Rodolphe II, 036—948. Renaud I" de Surdbllb, 1201—1210.
Roriron, 949—976. Robert I" de Chatillon, 1210—1215.
Adalbéron, 917—1031. Anselme de Mauni, 1215—1228.
Gébuin , vers 1031—1049. Garnier , 1238—1249.
Lbothbbicus, 1049 on 1050—1052. Itier de Mauni, 1250—1261.
Elinand II , 1052—1098. Guillaume I"de Moustiers ou drTroyrs, Ingelram II de Coucy, 1098 ou 1099— 1261—1271.
1104. Gboffroi I" de Beau mont, 1271—1273.
Gaudri, 1106—1112. Guillaume II de Cbatillon -Jalicnv, Hugues I", 1112— 1113. 1279—1285.
Barthélémy de Wir , 1113—1150. Robert n de Torote , 1285—1297.
Gauthier Ict de Saint-Maurice , 1 1 51— Gazon Ier de Savigni , 1297—1 307.
1155. Gazon II de Champagne, 1310—1315.
Gauthier II de Mortagre, 1155—1174. Guillaume m, 1315—1316.
Roger I" de Rosoi, 1175—1201. Rodolphe III Roussblet, 1317—1323.
6524. * CARLVS REX PR. Dans le champ, LADVNO autour d'une croisetle. 3. * SCA MARIA. Monogramme de Charles.
AR. Denier.
Cab. de France. — Pl. CLI, n* 32.
M. B. Fillon (Catal. Rou$teau, pag. 20) n'hésite pas à accorder ce denier aux évôques de Laon, qui l'auraient Tait frapper dans leur atelier établi à l'abbaye de Sainte- Marie, de leur Tille. Je ferai remarquer que le mot LAÛVNO est disposé de la même manière que le nom du roi Louis sur le denier de Reims que j'ai dessiné au n* 6 de la planche CXL. Cette réminiscence n'a rien qui doive étonner, puisque l'évêché de Laon , comme on l'a vu , n'est qu'un démembrement de celui de Reims.
6525. * CARLVS REX FR. Croix cantonnée de besanls. fl. * LAVDVNO. Quatre points en croix. Monogramme altéré de Charles.
AR. Denier.
Coll. Mallel. — Pl. CLI, a* 33.
Ce curieux denier, sur lequel on aperçoit des dégénérescences assez fortes , me parait aussi émané de l'autorité épiscopale.
6526. * GRAT1A U-I REX. Monogramme de Charles, avec un point au centre de P*. * LVGDVNI CLAVATI. Croix.
AR. Denier. (Conb., Calai., n« 334.) Cab. de France.
6527. Variété avec LVGÛVN CLAV MON.
AR. Denier. (Ibid., n» 335.) Coll. Rousseau.
0528. Variété avec le monogramme allongé de Charles. AR. Denier. ( Ibid., n* 336.) Coll. Monteaux.
6529. * C Û AIVAoTI DEX. Monogramme dégénéré de Charles, ft. * LVCd- DVNI CLAV ATI. Croix.
AR. Denier. (Fouc. et Conb., n» 341.) Musée de la Monnaie.
En présence de ce dernier denier, qui est évidemment de beaucoup postérieur aux autres, il est impossible de nier l'intervention des éveques dans le monnayage de Laon au type carlovingien.
6530. * G RAVI A b-I. Grand monogramme d'Eudes. %. * LVGÛVNI CLA- VATI. Croix.
AR. Denier. {Die. deCuerdale, n« 84.) Pl. CLII , n» 1".
Sur ce denier, le mot REX fait partie du monogramme et n'est point reproduit dans la légende. On a des exemples de ce Tait, et quelquefois nous voyons le contraire. Peut-être pourrait-on en tirer pour l'attribution quelques conséquences utiles.
6530 M». KAROLVS GRXTiA D REX. Temple. 4L * MONT LVGÛVNI CLA- VAT. Croix cantonnée de quatre points.
AR. Denier. (Fouc et Conb., n» 182.)
MM. Fougères et Conbrouse placent ce denier au règne de Charles-le-Simple, et supposent qu'il a été émis par quelque monastère de la ville de Laon.
ADALBÊRON ET ROBERT. 977-1031.
6531. * ROBT FRANC REX. Buste du roi de face avec couronne crénelée, iL * ADALBERO LAD . EP. Buste de face avec capuchon.
AR. Denier : 1,30. (Conb., pl. 171, n" 2; Poey d'Avant, n4 1832.) Pl. CLII, n'2.
6532. Mêmes légendes et types.
AR. Obole. ( Ibid., Dem. suppl., n» 19.)
C'est à M. Desaios (Recherches sur les monn. de Laon) que l'on doit la première connaissance de ces curieuses monnaies. La découverte dont MM. Mallet et Rigollot ont rendu compte, dans la brochure qnc j'ai déjà plusieurs fois citée, en comprenait aussi un certain nombre. Ces numismatistes ont cherché à établir qu'il existait un grand nombre de variétés de ces pièces; mais, comme lenr fabrique est un peu barbare et que, presque toujours, leur conservation laisse beaucoup à désirer, je crois <|ue, malgré tous leurs efforts, ils ne sont pas parvenus a des résultats assez certains , pour que l'on puisse les accepter sans conteste. La même conclusion doit être posée au sujet du nom des rois autres que Robert , que l'on a cru y lire.
6533. * LVÛOVICVS REX. Même type. * LAVDVNENSIS. Même type. AR. Obole.
Cab. de France. — Pl. CLII , n° 3.
6534. LVDOVICVS REX. Tête couronnée de face. fl. * LVbVNENSIS. Této nue de face.
BILL. Denier. (Duby, pl. 8, n" 1")
Cette pièce , indiquée par Duby comme se trouvant dans le cabinet de M. Bonllonpe , pourrait bien être la même que celle qui précède.
Les avis sont partagés au sujet du nom du roi qui figure sur cette rarissime et curieuse obole. MM. Conbrouse et de Longpérier veulent y voir celui de Louis VI , tandis que MM. Desains, de Saulcy, Mallet et Rigollot y voient celui de Louis V. En me rangeant du coté de ces derniers, ce n'est pas à la majorité que je cède; le nombre ne peut pas faire loi en pareille matière. Je trouve seulement que les raisons alléguées sont meilleures. Celles surtout que l'on lire du style de cette pièce sont probantes. La faire descendre jusqu'au xii" siècle, est chose impossible. Que l'on rapproche le dessin exact que j'en donne, d'après le bel exemplaire du Cabinet de Franc*, de celui des monnaies aux noms d'Adalbéron cl Robert, et l'on verra que le style est presque identique, tandis qu'il s'éloigne radicalement de celui des pièces qui vont suivre, émises par l'évêque Gauthier au nom de Louis VI.