COUCY
Je ne crois pas utile d'insister sur l'origine de la sirerie de Coucy et sur la liste chronologique de ses seigneurs. Jo me contenterai de dire qu'au x' siècle , elle appartint à llugues-lc-Grand , comte de Paris, et au fameux Thibaut-le-Tricheur, comte de Tours, que nous avons trouvé déjà tant de fois. Ce fut vers le milieu du xr siècle qu'elle vint en la possession de la maison de Boves, qui l'occupa pendant deux siècles et fournit ces puissants barons dont la renommée a été élevée si haut. Que l'on relègue ou non au rang des fables l'histoire de la dame de Faycl , ce souvenir vivra toujours et se rattachera, quoi que l'on fasse, aux sires de Coucy. On n'oubliera pas non plus la (1ère devise :
JK NB SUIS ROI, NE DUC , PRINCE , NE COMTE AUSSI ; JE SUIS LE SIRE DE COUCI.
M. Bretagne iloco cit.) a, le premier, fait connaître un denier de Coucy. Une autre variété a été publiée dans la Revue belge par M. R. Chalon.
0549. * RAtiVL ♦ FVS. Croix cantonnée d'un croissant attaché au 1", d'un croissant simple au 4*. et d'un V aux 2' et 3». fl. * CO • CIA ♦ CVS. Forteresse , dans la porte , un lion.
BILL. Denier : 1,08. (Revue, 1853, pag. 216, vignette.» Coll. Rousseau. — Pl. CM, n* 11.
*'»550. * RjtûV » LF ... S. Croix plus pattée, cantonnée aux 1" et 4e d'un croissant évidé et lié à la croix , aux 2e et 3« d'un triangle évidé cl lié. S,. * CO * CI dis) jtC ♦ VS. Donjon sans le lion ; en haut et à gauche , un croissant retourné. BILL. Denier : 0,"0. (Revue belge, 3* série, lom. 3, pl. 4, n4 5.) Coll. R. Chalon , à Bruxelles. — Pl. CLII, n» 12.
M. Bretagne a fort bien établi que ces pièces devaient appartenir à Raoul II. Il n'est pas aussi certain, comme il l'avance, que ce soit le donjon de Coucy qui se voit sur ces deniers. Je n'accepte pas non plus aveuglément ce qu'il dit du lion qui se trouve à la porte du donjon. C'est un animal quelconque ; mais sa taille microscopique ne permet pas de déterminer à quelle espèce il appartient. L'expression COCIACVS est aussi bien insolite , et l'on accepterait bien plus volontiers COCIACVM ou DE COCIACO. Avec tous ces doutes, je ne suis pas étonné que l'on ail songé à repousser ces pièces de la suite française. J'ai entendu un savant numismatiste exprimer l'opinion que les deniers de Coucy n'ont pas été frappés dans l'Occidenl, mais bien dans
1'Orienl, et rentreraient dans la catégorie des monnaies des princes croisés. Il faut attendre sa dissertation ; on pourra alors peser la force de ses arguments.