‹ Monnaies féodales de FranceChapitre 270 sur 275 · AU · texte numérisé non relu

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naics qu'elles m'oni apporté ne sont rien, quant au nombre, en comparaison de celles dont la lecture de mes deux premiers volumes a amené la communication. — On voit donc qu'en pareille matière, il est impossible d'éviter l'inconvénient des suppléments, que j'ai déjà signalé dans mon introduction. Celui que je donnerai, dans les premiers mois de l'année prochaine , sera assez considérable. Je prie de nouveau les amateurs de me continuer leur bienveillant concours. Il serait bien à désirer que ce premier supplément fût assez important, pour qu'il ne devienne pas nécessaire d'en donner d'autres, et que les recueils périodiques suffisent pour tenir les numismatistes au courant des découvertes.

Passons à un antre ordre de critiques. On m'a reproché d'absorber, dans mon ouvrage, des publications toutes récentes, cl d'avoir ainsi causé un préjudice notoire à leurs auteurs. Il m'est facile de répondre d'abord que je ne me suis servi de ces publications qu'avec le consentement formel de ceux qui les avaient mises au jour, cl (ju'ensuite celle absorption est une conséquence inévitable de tout travail d'ensemble. Je crois avoir toujours usé de bons procédés, et, quand il m'est arrivé parfois de nie passer de l'assentiment des auteurs, on des possesseurs d'inédites, ce n'est qu'après avoir fait toutes les démarches convenables pour l'obtenir, et lorsque je me suis (routé en présence d'une mauvaise volonté absolue ou d'un inintelligent égoïsme.

Quant au reproche d'annexions trop nombreuses, il n'est pas sérieux. J'ai fait des excursions bien moins nombreuses que l'on voudrait le dire, en dehors du terrain qui m'appartenait, et, chaque fois qu'il m'est arrivé d'en sortir, j'ai dit les motifs qui m'avaient guidé.

On a dit encore que mon ouvrage ressemblait trop à un catalogue. Cela m'amène à donner de nouvelles explications sur le plan que j'ai suivi. — Je demanderai d'abord à mon contradicteur comment il s'y serait pris pour éviter l'inconvénient qu'il signale. Fallait-il mettre un commentaire à la suite de chaque pièce? C'eût été un peu fastidieux pour les lecteurs, et tout à faii impraticable, quand il se serait présenté, comme en Bretagne, par exemple, plus d'une centaine de monnaies du même prince n'offrant entre elles que des différences peu sensibles, et que pourtant il a fallu décrire.

En donnant plus de documents monétaires ou en les faisant connaître en entier, en multipliant les renseignements historiques, en n'écourtant pas les dissertations et les discussions de points en litige, j'aurais pu ajouter un ou deux volumes de plus. Quoique entreprise tout à fait au déclin de ma carrière, jo n'aurais pas reculé devant la besogne, et je me sentais les forces nécessaires pour la mener à bonne fin. Seulement j'aurais craint qu'en augmentant le prix déjà élevé de cet ouvrage, il ne devint inabordable pour quelques lecteurs , et que , malgré le désintéressement de mon éditeur, il ne voulût pas me suivre sur un terrain tellement agrandi.

Quel grand avantage en fût-il d'ailleurs résulté? Et cet avantage eût-il compensé

les inconvénients d'une publication aussi étendue? J'ai fait tous mes efforts , pour que rien d'essentiel ne fût omis, et des analyses succinctes ont remplacé des dissertations parfois oiseuses.

Pour faire un ouvrage tel que je l'aurais conçu et qui serait tout à fait à la hauteur de la science, il eût été nécessaire, je le sais bien , de comprendre les monnaies carlovingiennes, qui, à la rigueur, ne devraient pas être séparées des féodales. Un pareil labeur demanderait le concours de plusieurs numismatistes, et ne pourrait être entrepris qu'avec l'appui du gouvernement.

Quoi qu'il en soit, et tel qu'il est, mon ouvrage ne répond pas moins à une nécessité et à un besoin bien reconnus. Malgré toutes ses imperfections , on ne pourra se passer de le consulter, toutes les fois que l'on voudra aborder le sujet qu'il embrasse. J'ai donc la conscience d'avoir fait une œuvre utile , et cela me suffit. J'ai payé ma dette à ma patrie, et suivi la recommandation du poète latin :

Sparsi... nui Iris colligi: membra (inc.

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