‹ Monnaies féodales de FranceChapitre 41 sur 275 · DOMBES · texte numérisé non relu

DOMBES

La création de la principauté de Dombcs est de date assez récente. Les contrées dont elle fut formée firent d'abord partie du royaume de Bourgogne. Trévoux, qui devint sa capitale, ne fut primitivement qu'un village , et ce n'est guère qu'au commencement du xiv* siècle qu'il prit une certaine importance. Les sires de

Villars, qui, en 4238, ajoutèrent à lenr nom celui de Thoirc, par suite du mariage d'Agnès de Villars avec Etienne II , sire de Thoire , en Bogey, furent les premiers maîtres du pays de Dombes. Ces seigneurs, soit par incurie, soit par indolence , ne soutinrent pas leur pouvoir et s'occupèrent peu de leurs intérêts, si bien qu'en 1402 Humberl VII , voyant l'abaissement de sa maison et n'ayant pas d'enfants auxquels il pût faire passer ses biens , vendit les seigneuries de Trévoux , d'Ambérieux et du Chatelard, avec toutes leurs dépendances , à Louis II , duc de Bourbon , qui possédait déjà une partie des Dombes, par suite de la cession qui lui en avait été faite deux ans auparavant par Edouard II, sire de Beaujeu, mort sans enfants. La puissante maison de Bourbon ne put pas conserver sans interruption , pendant plus d'un siècle , la seigneurie de Dombes. Après la mort de Susannc, Charles de Bourbon , comte de Montpensier, se vit disputer la succession par la duchesse d'Angoulômc, mère de François I*r, et en 1522 ses biens furent mis sous le séquestre. On sait à quelles extrémités se porta le connétable de Bourbon , qui alla mourir à Rome les armes à la main et combattant contre la France. Un arrêt du parlement réunit (en 1527) les Dombes au domaine royal ; elles no furent rendues qu'en 15G0 à la famille de Bourbon -Montpensier, qui en jouit jusqu'en 1693, c'est-à-dire jusqu'à la mort de Mademoiselle d'Orléans. Personne n'ignore comment celle-ci , pour tirer de prison le comte de Lauzun qu'elle avait épousé en secret, se vit obligée d'abandonner sa principauté de Dombes à Louis XIV, qui en avantagea le duc du Maine, un de ses bâtards légitimés.

De ces prémisses il résulte que la numismatique de la principauté de Dombes no peut pas avoir une haute portée scientifique. On n'y trouve pas non plus de questions ardues à résoudre. Mais envisagée à un autre point de vue , par son étendue, par la valeur artistique de quelques-unes des pièces qu'elle renferme , par quelques détails curieux qui y ont rapport , elle n'en mérite pas moins de fixer l'attention.

Duby fait connaître un assez grand nombre de monnaies de cette principauté. En 1844, M. Mantelier a publié une Notice sur les monn. de Trévoux et de Dombes, où il fait connaître tout ce qui s'y rattache , tant sous le rapport des questions historiques, que sous celui des documents monétaires. En élargissant un peu son cadre , en donnant in extenso les litres qu'il ne fait qu'analyser, il cul été facile à cet auteur de faire un gros volume au lieu d'une mince brochure. Tel qu'il est, son ouvrage devra être consulté par ceux qui voudront avoir des renseignements complels. Quatre ans plus tard, M. Sirand a donné une brochure presque aussi volumineuse que celle de M. Mantelier, et dans laquelle, par contre, il n'y a pas grand'chose à glaner. Dans cette brochure, Fauteur affiche des prétentions, malheureusement très peu fondées. Qu'eût-il donc dit, si, au lieu de deux à trois pièces au plus qu'il nous fait connaître (les autres ne sont que des variétés tout à fait insignifiantes et des jetons), il eût connu le contingent que j'apporte et les monnaies intéressantes que la Revue a publiées?

Kncore si sa notice ne fourmillait pas d'erreurs de tout genre 1 Elles sont si nombreuses, qu'elles ont provoqué de la part de M. Manlelier une réponse développée, que Ton trouvera dans la Rente (1849, pag. 395, et 1850, pag. 65). Ajoutons que, pour couronner l'œuvre, les dessins de M. Sirand sont aussi mauvais que possible.

Les sires de Thoire-Villars eurent, dit -on, le droit de battre monnaie. Les historiens du pajs le font remonter assez haut. Rien ne justifie une pareille prétention ; on a seulement des litres mentionnant rétablissement d'un atelier monétaire à Trévoux vers Tannée 1300. Aucune monnaie émanée d'eux n'est venue jusqu'à nous. Les premières que nous ayons appartiennent à Jean II de Bourbon , c'esl-a-dire postérieurement au milieu du xv* siècle.

Je n'ai point à m'occuper des types employés par les seigneurs de Dombcs. Ils ont toujours imité les monnaies royales , cl quelquefois les étrangères. Le seul signe particulier que l'on trouve sont les flammes qui figurent sur les espèces des premiers princes de la maison de Bourbon. Ces flammes remplacent les couronnes des monnaies royales, et sont agencées de manière à simuler une couronne.

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