‹ Monnaies féodales de FranceChapitre 5 sur 275 · VALENCE · texte numérisé non relu

VALENCE

Créé vers l'an 360, le siège de Valence eut Saint Emilien pour premier évêque. Il ne parait pas que ses successeurs aient joui du droit de monnayage avant l'année 1157. A celte époque, l'empereur Frédéric I" l'accorda à Hugues de Champonncux , et Frédéric II le confirma en 1238.

Le type des premières pièces des évêques de Valence, que nous connaissons, est une

aigle à doux tôles. On a supposé que c'était un souvenir de la concession impériale faite à ces évéques. Plus tard , lorsque ce souvenir commença à s'effacer, ou plutôt que le pouvoir des empereurs s'éteignit , on adopta le type de l'aigle à une seule tôle. Cette empreinte fut, sauf quelques rares exceptions, employée jusqu'à la fin du monnayage. Quelque temps après, quand les évéques signèrent leurs monnaies, ils ajoutèrent leur blason soit à l'avers, soit au revers.

Le nom de Saint Apollinaire (troisième évêque, siégeant en 517) fut mis sur la monnaie anonyme, et persista pendant toute sa durée.

L'évêché de Die fut réuni à celui de Valence en 1276. Ce n'est qu'à partir de celle époque que l'on voit les prélats signer leurs monnaies, sur lesquelles ils ont toujours réuni le nom des deux sièges.

Dans ma Description, j'ai parlé d'une question dont la solution me paraissait embarrassante. Je me demandais comment il se faisait que les évéques de Valence et de Die aient pris sur leurs espèces les tilres de comtes de Valenlinois cl de Diois, tandis que, conjointement, les comtes se donnaient sur les leurs les mêmes qualifications. La raison en est bien simple : c'est qu'il existait en même temps deux comtés différents. L'un , celui de Valence et de Die, appartenait aux évéques; l'autre, celui de Valenlinois et de Diois, était la propriété des comtes. Le premier ne fut joint à la couronne qu'en 1450; la réunion du second avait eu lieu en 1439.

Les monnaies des évéques de Valence, avec le nom de Saint Apollinaire, sont très communes. H n'y a pas longtemps que l'obole a été trouvée, et pourtant elle n'est «uère plus rare que le denier. Les pièces portant les tilres de Valence et de Die sont toutes rares.

ÉVÉQUES DE VALENCE.

Amédée de Roussillon , 1275—1281. Louis I" DE Vilurs , 1354 vers 1376. Jean II de Genève, 1283—1297. Guillaume III de la Voulte, vers 1378

Guillaume II de Roussillon, 1297— vers 1384.

1331. Amédée II, cardinal de Saluces, vers

Adiiémar de la Voulte, 1331—1336. 1385—1388. Henri I" de Villars, 1336—1342. Henri II, 1388—1389.

Pierre de Chasteixux , 1343 vers 1351 . Jean IV de Poitiers , 1390—1448. Jean III Jolffroy ou Joissent, 1352— Louis II de Poitiers, 1448—1468.

4686. * VRBS VALENTIAI. Aigle â deux létes, aux ailes éployées. d. S . AP#L- LINARS. Croix avec les extrémités terminées en massue, el canlonnée d'un annelet au 4f.

BILL. Denier : 1,19. (Poey d'Avant, n" 1218 ; Duuv, pl. 9, n« 4.) Pl. CII, n»16.

4681. Mêmes légendes et lypes.

AR. fin. Denier : 1,30.

Coll. Paroi, à Lyon.

1688. Même» légendes et types des deux cotés. Le type du droit a à peine la form»d'un oiseau ; l'intérieur des ailes n'est représenté que par des points. BILL. Denier : 0,92. (Duby, pl. 9, n» 3; Poky d'Avant, a" 1219 ; Lelewei.. pl. 9, n» 18.)

1089. Mêmes légendes et types.

BILL. Obole : 0,49. (Poky d'Avant, n* 1220.)

4690. Variété avec VALENTIAI.

BILL. Denier : 0,90.

Coll. Poey d'Avant. — Pl. Cil, n» 19.

4691. Mêmes légendes et types.

BILL. Obole : 0,49. {Revue, 1841, pl. 21, n» 14; Poey d'Avant, n« 1221. ) Pl. Cil , n° 20.

4692. * VRBS VALCR. Aigle à deux têtes, aux ailes éployées. R. * S . "XPtfLI- R7CR Croix tréllée.

BILL. Denier.

Pl. Cil, n« 18.

La date de l'émission de ces pièces doit être placée depuis le milieu du xir siècle jusque vers le dernier tiers du xiu'. Sur le n* 4692, on voit déjà l'acheminement au type qui va suivre. L'aigle a encore deux têtes; mais le nom de la ville est abrégé . et au revers la croix n'est pas cantonnée.

4693. * VRBS VALENT. Aigle. f<. S: APOLLINARI. Croix tréflée. BILL. Denier. (Bévue, 1846, pag. 359, vignette.)

Coll. Long, à Die. — Pl. CII, n» 17.

4694. * VRBS VALCRT. Même type. fl. : S» APOL1RAR. Même type. BILL. Denier.

Coll. Rousseau et Yoillemier. — Pl. CII , n» 16.

4695. Variété. Au S APOLLINAR.

BILL. Denier.

Coll. Rousseau.

C'est vers la fin du xm* siècle qu'il faut placer la fabrique de ces pièces. Selon moi, elles appartiennent à l'époque où les évéchés de Die et de Valence étaient déjà réunis. Les prélats auraient ainsi continué pendant quelque temps à monnayer à la fois dans les deux ateliers de Die el de Valence. Ç'aurait été de leur part une concession aux

populations de chaque évêché. Du reste, ce monnayage eut peu de durée, et nous allons voir qu'ils s'affranchirent bientôt de ces obligations.

1090. *GPS:6Y:GOMGS. Croix fcuillée. fl. * VAL6N ! GV ï DIEN '. Aigh éployée.

BILL. Denier. ( Di by, pl. 9, ne2.) — Ce dessin porte t>I6N2. Cab. de France et coll. Charvet. — 1*1. CHI , n" 6.

Ici , plus de doutes. Ce denier est évidemment postérieur à l'année 127G, date de la réunion des deux évéchés; mais les évêques n'ont pas encore signé leurs espèces. Noutrouverons à Die un monnayage correspondant; ce qui prouve, comme je l'avançais tout à l'heure, que les évoques avaient conservé deux ateliers.

Une autre opinion peut élre produite au sujet de celle pièce; c'est qu'elle a élé frappée pendant la vacance d'un siét;e. Sans la faire changer de place , on pourrait naturellement la placer de l'année 1281 A l'année 1283, c'esl-à-dire entre l'épiscopat d'Amédéc de Roussillon et celui de Jean de Genève.

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