‹ Monnaies féodales de FranceChapitre 57 sur 275 · ARCHEVÊCHÉ DE BESANÇON · texte numérisé non relu

ARCHEVÊCHÉ DE BESANÇON

La création de l'archevêché de Besançon est fort ancienne , puisqu'elle remonte au il* siècle de notre ère. Saint Ferréol fut le premier archevêque. Ses prélats jouirent de bonne heure du droit de ballre monnaie. On croit généralement qu'il fut accordé à Arduic, en 874, par Charlcs-le-Chauve. Ce fut seulement au milieu du xi* siècle et sous Tépiscopat de Hugues Ier, que l'église de Besançon jouit d'une grande prospérité. Après la mort d'Eudes , comte de Bourgogne, Conrad, devenu possesseur de ce pays et voulant créer des partisans à son fils, auquel il ne tarda pas à transmettre se« Etals, érigea tous les évêques de Bourgogne en princes feudataires de l'empire. Henri III le Noir augmenta les privilèges de l'église de Besançon , investit l'évêquc Hugues de la souveraineté temporelle cl des droits régaliens dans sa cité archiépiscopale. Moins d'un siècle après, et sous l'archevêque Anséric, un fait plus remarquable encore s'accomplit; ce Tut la reconnaissance, par le comte de Bourgogne, des prélats bisontins comme princes souverains.

Hugues I" avait réiabli l'atelier monétaire près de la Porte-Noire; il fut le premier qui inscrivit son nom sur la monnaie.

Parmi les nombreuses chartes de confirmation données aux archevêques de Besançon, il faut citer particulièrement celle de l'empereur Frédéric II, en date du 26 avril 1220. Ce diplOme confère des droits si absolus , qu'on a droit de suspecter l'authenticité de celui du 1er mars 1190, duquel il résulterait sinon une immixtion des citoyens de Besançon dans la fabrication de la monnaie, mais tout au moins le droit de surveillance sur les actes de l'archevêque. Ce n'est qu'en 1224 que l'on voit poindre les prétentions des habitants. Elles soot repoussées par sentences de 1225 et de 1231. En 1250, nouveau diplôme de Guillaume de Hollande, empereur, confirmant aux archevêques de Besançon le droit exclusif de faire battre monnaie. Une charte semblable est octroyée, en 1253, par le même souverain.

Pendant plus de deux siècles encore, les archevêques curent à lutter incessamment contre les citoyens de Besançon et contre les comtes de Bourgogne ; ils parvinrent à conserver leurs privilèges presque intacts. Je ne les suivrai pas dans leurs efforts , ni ne donnerai tous les litres qu'ils obtinrent pour le maintien de leurs droits régaliens ; on les trouvera dans l'ouvrage de MM. Plantet et Jeannez.

Il arriva pourtant un moment où il fallut céder à l'orage. En même temps que la puissance municipale s'était agrandie, le pouvoir épiscopal avait faibli. Charles- Quint avait conféré aux citoyens de Besançon le droit de battre monnaie , et l'archevêque dot s'exécuter. C'est à partir de 1534 que cette mesure eut lieu. Déjà, dès 1507, l'archevêque avait, par un traité en date du 15 décembre, consenti à ne plus s'opposer à ce que les comtes de Bourgogne fissent forger toute espèce de monnaies

d'or el d'argent dans la province et le diocèse , en exceptant toutefois la ville do Besançon. En 4534, le mémo ordre de choses fnl maintenu, sauf que la ville se substitua à l'archevêque. En vain, en 1586, l'empereur Rodolphe III renouvela-t-il le privilège du prélat; ce fut une vaine concession dont on n'usa pas.

Dès la période carlovingienne, le nom de Saint Etienno avait été mis sur la monnaie de Besançon ; c'est ce qui la fit appeler esleveiumte. Les archevêques adoptèrent ensuite le type de la main bénissante, qui jouit d'une si grande faveur et fui employé en divers autres lieux. On trouve , particulièrement sur les bords du Rhin , de petits deniers à celte empreinte , grossièrement fabriqués et sans légendes.

Pour établir la liste des archevêques de Besançon, je suis la chronologie donnée par MM. Plantet et Jeannez. Je la crois plus exacte que loulo autre. Comme eux , je la commence par le prélat qui, le premier, obtint le droit de frapper monnaie.

Page 1