‹ Monnaies féodales de FranceChapitre 77 sur 275 · COMTÉ DE MAÇON · texte numérisé non relu

COMTÉ DE MAÇON

Mâcon eut d'abord des comtes amovibles; le premier, appelé Warin, vivait sou» Louis-le-Débonnaire. Le comté devint héréditaire vers 920, dans la personne d'AIbéric, fils de Hayeul , vicomte de Narbonne , qui avait épousé en premières noces Tolosane ou Etolane, fille de Raculphe, dernier comte amovible de Mâcon. Otlc-

Guillaume ou mieux Othon-Guillaome , comlc de Bourgogne , s'empara du comté de MAron vers 995. Il prétendait y avoir droit , par suite de son mariage avec Ermentrude , veuve d'Albéric H. Le Mâconnais resta sous le pouvoir des comles de Bourgogne jusqu'en 1238 ou 1239 (n. s.). Il fut à celle époque cédé au roi Saint Louis par Jean de Braine, qui le possédait comme époux d'Alix, fille de Guillaume V. Donné, en 1359, à Jean , comte de Poitiers et duc de Berri, il revint a la couronne eu 1416. Par suite de cession , il rentra dans la maison de Bourgogne en 1435. Il fit définitivement retour à la couronne en 1544. Le traité de Madrid le donnait à Charlcs- Quiot; mais celte clause ne fut pas exécutée.

Nous n'avons pas de données certaines sur les origines du monnayage deMâcon. M. Robert a récemment publié, dans la Revue (1860 , pag. 456), un mémoire sur les monnaies de cette ville, dans lequel il fait connaître toutes celles qu'il a pu découvrir. Beaucoup de documents lui ont été communiqués. Le plus ancien ne remonte qu'a l'année 1031 , tandis que nous avons des pièces dont le style accuse une époque bien plus reculée.

Depuis la cession de 1239 jusqu'à sa fermeture, l'atelier de Maçon a éprouvé diverses vicissitudes. Au xvi* siècle, il fut transféré a Lyon par Louis XII ; mais la mesure souleva des difficultés qui ne furent pas de suite aplanies. Nous n'avons aucun moyen de distinguer les espèces royales sorties de celte officine. Ce snjet serait d'ailleurs en dehors de mon cadre.

La numismatique de Maçon , grâce aux recherches de quelques zélés amateurs de cette ville, a fait depuis quelques années d'immenses progrès. Nous avons longtemps été réduits aux deniers et oboles portant le nom de Philippe, avec le type de l'S dans le champ. Maintenant la matière est autrement abondante , et pourtant il nous reste encore bien des découvertes à faire. Le type primitif nous manque; car il est probable qu'à Mâcon comme ailleurs, l'empreinte de Charles a été immobilisée. Les monnaies carlovingiennes , ayanl pu servir de prototype, ne sont pas venues aussi jnsqu'à nous. Nous possédons, il est vrai , plusieurs monnaies portant les noms des rois de France; mais toutes, ou du moins presque toutes, ont été frappées postérieurement aux règnes de ces rois, et appartiennent évidemment anx comtes de Mâcon.

Quant aux types employés, leur variété est si grande, que leur filiation est difficile à établir. Tout au plus peut-on, mais à partir d'une certaine époque seulement, suivre celle des quatre points cantonnant une croix , qui a Uni par former le type que l'on est convenu d'appeler croix roâconnaise. On devra remarquer toutefois que l'influence de la monnaie des rois de Bourgogne et de celle des empereurs d'Allemagne se fait parfois sentir. L'empreinte et la fabrique en découlent évidemment.

On a cherché l'explication des lettres H, R, N, S qui se trouvent dans le champ des monnaies. Jusqu'à présent l'on n'a pas obtenu une solution pleinement satisfaisante ; aussi , malgré les travaux très estimables dont les espèces mâconnaises ont élé

fobjel , je crois qu'il reste beaucoup à faire pour élucider toutes les questions crut en dérivent. Le notable contingent que j'apporte contribuera à aider ceux qui voudront traiter ce sujet ; mais je crois que ce travail ne pourra Cire utilement entrepris que lorsque de nouvelles découvertes seront venues combler sinon toutes, du moins quelques-unes des lacunes qui existent encore.

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