DUCHÉ DE BOURGOGNE
Richard, dil le Justicier, fils et successeur de Théoderic, comte d'Aulun, pelil-IUs par son père de Childebrand II , frère de Bozon , roi de Provence, et de Richilde , femme de Charles-lc -Chauve, fut duc de Bourgogne, en 877, par la faveur de son
beau-frère. Raoul, son fils aîné, lui succéda. Henri-le-Grand fut le premier duc héréditaire. Cc'litre lui fut donné, en 1015, par le roi Robert, son frère. Lorsque lui-même monta sur le trône en 1032, il transmit le duché de Bourgogne à son fils Robert.
Le comté et le duché de Bourgogne ne furent réunis sur la même tête qu'en 1350. A cette époque, Philippe de Rouvre, qui, dès 1347, et âgé seulement de 18 mois, avait hérité du comté , devint duc de Bourgogne à litre successif d'Eudes IV, son aïeul.
A la mort de Charles-le-Téméraire, arrivée en 1477, Louis XI se fil adjuger le duché. Le comlé resta en la possession de Marie, fille de Charles, et à ses héritiers, jusqu'à ce que Louis XIV ent fait, en 1674, comme nous l'avons déjà dit, la conquête Je la Bourgogne, qui, depuis lors, esl resiée à la France.
Les ducs de Bourgogne ont été trop puissants, pour que la numismatique de celle province ne soit pas riche el variée. Pourtant elle n'offre pas autant d'intérêt scientifique que celle de beaucoup d'autres pays moins étendus. Elle est relativement moderne , puisque sa suite ne remonte pas au delà du dernier quart du xi* siècle. On a de la peine à s'expliquer pourquoi les premiers ducs n'ont pas joui el usé du droit de faire battre monnaie. Il faut, à ce que je crois, en chercher la cause dans la prééminence d'autres monnayages exercés dans le pays , tels que ceux des rois de la Bourgogne transjurane el de quelques comtes particuliers, comme ceux de Mâcon, Chalon et Autun , donl les monnaies ont joui d'une grande faveur ; de sorte que les ducs ont pu monnayer dans ces ateliers, sans qu'il nous soit permis de distinguer leurs espèces.
M. de Barthélémy a publié, en 1848, son Essai sur les monnaies des ducs de Bourgogne, où il a compris tout ce qui était alors connu. Depuis cette époque, bien des pièces ont été découvertes, et la nomenclature de mon collègue peut être augmentée de plus d'un tiers. On verra que, pour la classification des monnaies, je ne suis pas toujours d'accord avec lui ni avec quelques autres numismalislcs qui onl publié isolément quelques pièces bourguignonnes. Il faudra pourtant recourir à l'ouvrage de M. de Barthélémy, pour les détails dans lesquels je ne puis pas entrer et principalement en ce qui concerne les documents monétaires.
Le monnayage bourguignon n'ayant pas une origine ancienne , il ne faut pas chercher sur les espèces des types primitifs. Le premier que nous voyons esl celui qui parait avoir été emprunté aux évêques de Langres. J'en reparlerai bientôt. Puis on voit une empreinte particulière, qui a été utilisée assez longtemps : c'est un objet ressemblant à ce qu'en termes de blason on appelle une annille. M. de Barthélémy pense que ce signe peut être formé de quatre crosses adossées deux à deux. Un peu plus lard, et simultanément, on ne trouve que deux crosses ressemblant à un roc. C'est peut-être la dégénérescence de l'annille plutôt qu'une influence ecclésiastique.
J'avais, dans ma Description, hésité à classer les monnaies de Bourgogne par atelier. Ici, j'ai suivi ce plan, qui me semble plus naturel.