‹ Monnaies féodalesChapitre 113 sur 314 · HUGUES XII · texte numérisé non relu

HUGUES XII

Ce comte entreprit constamment de diminuer le poids et la loi de ses monnaies. L'évéque d'Àngoulême, le chapitre et le clergé portèrent plainte au roi contre le comte, et deux arrêts du Parlement, l'un de 1265, l'autre de 1281 (1), lui prescrivirent de rentrer dans la légalité. M. deCessac signale les mêmes errements dans le comté de la Marche, et cite le texte de la chronique anonyme de Saint-Martial de Limoges qui porte en 1280 et en 1282 la même mention: Hugo Comes Marchie monetam suam rénovât in deteriorem (2).

Poey d'Avant ne parait pas avoir connu ces documents. En tout cas il n'en tient aucun compte. Il n'attribue à Hugues XII que des deniers d'un poids normal 0«.98, 0«.99. Si je rapproche au contraire le denier de la Marche, que sous le n^ 2627, PI. LVI, n** 12, il attribue à Hugues XII, de celui que sous le numéro 2675, PI. LVII, n^ 13, il attribue à Hugues XIII, à Angoulême je leur trouve une parfaite identité. C'est la même légende bVGVO BRVNNI. (C'est par erreur que celui d'Angoulême porte dans la description VGO)- La croix est cantonnée au 2* d'une brosse à la Marche, d'une coquille de pèlerin à Angoulême (cette fois c'est le dessin qui est défectueux, et ne porte pas de cantonnement). Au revers le type du champ est identique, trois croisettes rangées horizontalement au-dessus et au-dessous un croissant. Le poids du denier de la Marche parait être de 0^.90 , en tenant compte d'un lapsus d'impression , celui d'Angoulême pèse 0^.92. Comment ne pas reconnaître à tous ces signes deux monnaies fabriquées par le même comte à la Marche et à Angoulême, et à ce poids infime la monnaie plus mauvaise deteriorem, qu'a condamnée l'arrêt de 1281 .

Observons maintenant plus attentivement le cantonnement de la croix. La

(i) Constans. Traité des monnaies, page 23.

(2) Cessac. Mélanges de Numismatique 1882, page 361.

description da denier de la Marche dit une brosse; le dessin figure plutôt une étoile à cinq bninches. La description du denier d*Angoulême dit une coquille de pèlerin; le dessinateur n'a probablement rien distingué et en tout cas n'a rien dessiné.

M. Léon Lacroix (i) voit une cloche sur un denier trouvé au puy d'Yssandon (Corrèze), il la voit sans l'ombre d'un doute. Quelques points frustes ne l'empêchent pas de reconnaître les armatures de la suspension, les côtés qui s'évasent, le bord inférieur indiqué par une ligne légèrement courbe fort nette, d'où émerge la boule terminale du battant. Malheureusement il n'a pu donner la vignette exacte et je n'ai pu me procurer le dessin de ce denier. Cette cloche, si cloche il y a, ne manipierait pas d'un certain intérêt. Est-ce qu'il n'y a pas une légende à ce sujet. Est-ce que la fée Melusine n'apparaissait pas sur la tour de Lusignan et ne sonnait pas une cloche, lorsque devait mourir un des seigneurs de cette maison.

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