AMPURIAS
Le comté d'Ampurias faisait partie des Marches d'Espagne et était compris dans le marquisat de Gothie. Les Carlovingiens y avaient battu monnaie et les comtes qu'ils y instituèrent conservèrent avec l'autre versant des Pyrénées des relations qui expliquent les types similaires que nous rencontrons et dont le denier qui suit offre un nouvel exemple (1).
(1) C'est cette limilitude de type qui nous a déterminé à faire celte incursion au«delà des Pyrénées
305. V i I GO I PO I Cr . Croix coupant la légende en quatre parties. ^' I COA€.(^ €MPVR. Grande épée coupant la légende par le bas.
Billon. Denier. Poids 0».60. Collection Géry. * (Revue Numismatique française 1860 y page 380 ^ vigne tte.) PI. XIII, nM.
M. Géry, auteur de cet article, attribue ce denier à Pons Hugues 1^, mort vers 1160, ne pouvant le faire descendre à Pons Hugues II (1230-1267). Il le donne comme imité des monnaies de Carcassonne qui portent en légende RO I GE I RC I OM (Poey d'Avant, PI. LXXXIV, n" 1 à 5) et sont de Roger I" (1 1 30). Il faut remarquer cependant que toutes ces monnaies à la croix coupant la légende sont cantonnées d'un croissant, tandis que le denier d'Ampurias porte une croix simple; selon nous il a plus d'analogie, et le trompe-l'œil est bien plus frappant avec le denier de Bertrand, comte de Toulouse (1105-1112), qui porte comme légende B^ | CO I Ml | TO avec une croix simple. Nous publions plus bas l'obole et l'on pourra facilement faire la comparaison.
A celte époque, le comte de Barcelone, qui devenait roi d'Anigon en 1134, disputait à la maison de Saint-Gilles la suprématie du Midi. Les fiefs y étaient enchevêtrés. Le vicomte de Béziers, vassal du comte de Toulouse pour Béziers, l'était du comte de Barcelone pour Carcassonne. Ce ne fut que beaucoup plus tard que saint Louis rectifia ces hommages et fit des Pyrénées la frontière Française.
Les fiefs des Marches se rattachaient à la France par leur histoire. Leurs possesseurs ne portaient plus le titre de marquis. Mais M. Géry fait remarquer avec juste raison que les deux seules monnaies que nous connaissions du comté d'Ampurias, celle qu'il a publiée et celle gravée par Poey d'Avant, PI. LXXXVI, n° 13, portent toutes deux l'épée des marquis. C'est un type propre au pays, né des circonstances particulières où il se trouvait. L'Aragon était restée la Marche du Christianisme , puisqu'on 1 1 00 les Arabes possédaient encore Saragosse.