SAINT GILLES
B. Fi lion (Catalogue Rousseau, page 55), propose pour ce fief une dégénérescence qu'il explique ainsi :
« Il a du V avoir des monnaies de Saint Gilles antérieures à celles d'Alfonse Jourdain (1112-1148). Elles ont dû porter un monogramme dans le champ, ainsi que cela résulte de l'agencement du type. Nous pensons môme que ce monogramme, venu de Toulouse, eut la forme du denier et de l'obole de Pons, gravés aux n?' 21 et 22 de la planche LXXIX de Poey d'Avant. Qu'on le place en effet de façon à renverser la lettre E, et aussitôt on a les rudiments de l'agneau Egidien ; les figures (qu'il a dessinées et que nous croyons devoir reproduire, PI. XIII, n^* 16 et 17), dispensent de toute démonstration, d'où il résulte que les monnaies de Pons en question pourraient fort bien sortir de l'officine de Saint Gilles. »
Personne n'a plus fait que B. Fillon pour expliquer l'origine et la dégénérescence des types, mais nous croyons que dans le système proposé pour le comté de Saint Gilles, tout est conjectural et que B. Fillon a été entraîné un peu loin par son imagination, quand il a été frappé de la ressemblance qu'offrent ces deux figures. On comprend bien que ce qui était un agneau ait pu dégénérer en un u) ou en un G lunaire renversé. Mais j'ai peine à admettre la réciproque et qu'un signe qui n'était qu'une letli-e à trois jambages ait pu engendrer un animal à quatre pattes et une tête. J'aime encore mieux, pour expliquer l'origine du type, recourir à la légende de G. Catel (Histoire des comtes de Toulouse), en la dégageant des anachronismes monstiiieux qu'elle présente. Il est bien certain que jamais comte de Toulouse, du temps de Charlemagne, n'eut d'armoiries et
ne porta de trois moutons; il faut aussi reléguer, au nombre des fables, rétendard sur lequel on voyait un agneau et une croix à douze pointes, que d*après un manuscrit cité par Catel, le comte Torsin à genoux présentait à Charlemagne. Mais, lors du monnayage d'Alfonse Jourdain, nous sommes en pleine elTervescence des croisades. C'est le moment où apparaissent les armoiries comme signe de ralliement entre tant de seigneurs étrangers les uns aux autres. Raymond IV de Saint Gilles était un des chefs de la première croisade, et certes lorsqu'il choisit un signe distinctif, il n'alla pas le chercher sur l'imitation sans valeur de la monnaie de son prédécesseur, mais bien plutôt dans les symboles de la foi qui l'avait entraîné. L'agneau pascal, tel qu'il est figuré sur les monnaies, n'a pas d'ailleurs les jambes pendantes et droites. Dans l'une des monnaies dessinées par Poey d'Avant, pour Alfonse Jourdain, il les a complètement repliées sous lui-môme, et d'ailleurs, Alfonse lui-même, employa le type de Pons (Poey d'Avant, PI. LXXXI, n** 15). Lorsqu'il frappa au type de l'agneau pascal, c'était donc un type nouveau et non une réminiscence du passé.
Le Cabinet de France possède deux oboles sur lesquelles l'attitude de l'agneau ne coïncide pas avec les données de B. Fillon.
320. ONOR STI.... Agneau. ^. * ANFOS. Croix cantonnée de quatre points. PI. Xm, nM8.
3â1 ONOR SCI I GIDH. Agneau en marche. ^. lii RAMVfOVS. Croix simple. PI. XIII, n° 19.