PROVENCE
La numismatique si intéressante de cette province est loin d*avoir été traitée à fond par Poey d'Avant, qui cependant était allé étudier sur place les collections du Hidi, et auquel les communications n'avaient pas fait défaut. Car les relations sont aussi cordiales d'un côté du Rhône que peu abondantes de l'autre. La classification de Poey d'Avant manque de méthode surtout pour les monnaies de
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Charles I®^ el n'est pas conforme aux événements historiques. Sa chronologie est souvent défectueuse, ainsi que nous aurons Toccasion de Tobserver pour le règne de Jeanne, le monnayage au double nom de Jeanne et de Louis de Tarente, les règnes successifs de Louis P% d*Ànjou Valois, Louis II et Louis III, dont il a confondu les monnaies sous une seule et même rubrique de Louis (1282-1284). Depuis, les articles de MM. Carpentin et Laugier, dans les Revues de numismatique Française et Belge, la monographie de M. Laugier, sur les monnaies de René d'Anjou, roi de Sicile et comte de Provence, les divers travaux de M. Blancard, archiviste du département des Bouches-du-Rhône, et les découvertes récentes de pièces inédites ont singulièrement enrichi cette série et jeté un jour nouveau sur sa classification.
M. Blancard avait d'abord publié (1) un article sur les monnaies ayant eu cours dans le marquisat de Provence et il les dénommait ainsi : 1° royal à la mitre; 2'' le royal Coronat; 3*^ le royal Marseillais; i"" le Guillelmin; 5* le royal de Raymond-Béranger; 6^ les Raymondins des comtes de Toulouse, marquis de Provence; 7® les Avignonnais. Cet article renvoyait pour la discussion el la justification de certaines allégations à un article postérieur. M. Blancard en a abandonné la continuation pour refondre ses premières données dans son grand ouvrage sur les monnaies de Charles P% comte de Provence, qui a été couronné par l'Académie des Inscriptions et Belles -Lettres. Nous ne pouvons que l'en féliciter; car, si intéressant que fut au point de vue économique l'ordre d'idées dans lequel il avait conçu son premier travail, il avait le tort selon nous de jeter une certaine confusion dans les divisions géographiques des ateliers féodaux. Au contraire M. Blancard, dans son ouvrage, nous a donné les renseignements le^ plus précieux sur l'existence de certains ateliers inconnus avant sa publication, sur les émissions et les baux monétaires. Nous lui ferons les plus larges emprunts.
FORÇA LQUIER.
Les comtes de Forcalquier, de la maison de Provence, émirent dans leurs domaines d'outre-Durance les deniers et oboles mentionnés si souvent dans les chartes sous le nom de Guillelmins. Ces monnaies portent au droit en légende circutaire WILELMVS, et dans le champ COME disposé en croix. ^. ^ PROENCIE et dans le champ une croix pattée. Poey d'Avant, PI. LXXXVII, n"* 9 et 10.
M. Blancard relève comme poids des deniers de 0^.89 à 0^.82. Ils ont été émis
(1) ReTM de Namismatique Française» page» 428 et suivantes.
depuis 1482 par Guillaume IV, et continués par Guillaume V, de Sabran à Pertuis (2).
Ce type fut conservé par les comtes de Forcalquier jusqu'en 1220, cl lorsque Charles d'Anjou hérita de cette seigneurie, il le trouva en telle faveur qu'il le continua sans y changer autre chose que le nom, y inscrivant le sien : KAROLVS et conservant le type du droit et le revers (Poey d'Avant, PI. LXXXVIII, n® 7), ces deniers continuèrent à circuler sous le nom de Guillelmins. Les poids on ont diminué et ceux relevés par M. Blancard varient de 0*^.75 à 0^.64.
Il nous fait connaître en outre une concession du l^'' mai 1260, faite par Charles d'Anjou à Giraud de Moret. Il y avait vu d'abord le droit de frapper monnaie (euda)dixm l'atelier de Sisteron; mais il déclare dans une autre partie de son ouvrage qu'en 1264, Apt était le seul atelier provincial d'outre-Durance, et que la concession faite à Giraud de Moret s'appliquait seulement à la criée (cnda) de la monnaie à Sisteron.