‹ Monnaies féodalesChapitre 18 sur 314 · DVX BRITANAC. Monogramme, i). REDVnIS CIVTAS. Croix · texte numérisé non relu

DVX BRITANAC. Monogramme, i). REDVnIS CIVTAS. Croix

(Catalogue Rousseau, page 184, vignette.) PI. II, rf 2.

L'O cruciforme est devenu triangulaire^. Le monogramme, très composé, a été très diversement interprété. M. de Barthélémy avait fait l'initiale de /oo^tn^s du jambage du milieu. Il se rapproche un peu des figures qui se trouvent souvent sur les monnaies normandes et l'on sait combien la Bretagne, et surtout les comtés du Nord, avaient de points de contact avec la Normandie. MM. Bigot et Poey d'Avant avaient classé ce denier à Hoel II et je ne puis en reconnaître les motifs.

Du reste, la découverte des pièces d'Hoel , avec le monogramme si distinct, ne laisse aucun doute sur les monnaies de ce prince qui présentent d'abord un monogramme bien caractérisé H L avec un oméga au-dessus, puis trois jambages avec le même signe au-dessus, puis trois jambages et un trait au-dessus ainsi qu'on le verra plus loin. Aussi ne puis-je adopter l'opinion de M. B. Fillon lorsque, dans le même catalogue Rousseau, page 184, il attribue à Eudon un denier où, dit-il , son nom a disparu et dont Tempreinte serait une dégénérescence du type au portail d'église. Cette pièce est celle que nous décrivons sous le n** 37, comme étant une monnaie dégénérée de Hoel.

M. B. Fillon ne croyait pas pouvoir faire remonter au-delà de Alain III (1008) le monnayage signé.

Tel était l'état de la question lorsque parut, en 1863, une monnaie que deux numismatistes bretons attribuent à Conan I^, comte de Rennes en 952.

Ce denier est ainsi décrit par eux :

31. * CONANVco. Tête à droite. ^. REDONIS CI. Croix pattée. Argent 1^. Collection Aussant, et depuis Collection Lecoq-Kerneven.

(Bulletin de la Société archéologique d'I Ile-et-Vilaine, 1863, pages 135 et suivantes.)

PI. n, n° 3.

Ce denier a d'abord été publié par M. Lecoq-Kerneven dans sa seconde étude sur la numismatique bretonne. Il fait l'histoire de Conan P% dit le Tors, guerroyeur et ambitieux comme presque tous les seigneurs de son temps et rêvant l'unité bretonne.

Sous son règne s'accomplit, dit M. Lecoq-Kerneven , un événement numismatique. La monnaie bretonne cesse d'être anonyme. Mais cela ne sufSt pas au conquérant de Nantes. Il fait frapper sur ses monnaies plus que son nom. Il y veut une empreinte royale et, en présence du monogramme trop usé de Charles-le- Chauve, il remonte à la source d'oii émanent toutes les monnaies qui avaient le plus de crédit et adopte le type Turonien ou Chinonais, ce grand générateur du type monétaire des temps féodaux.

Ce denier d'argent, à assez bon titre (ce qui est encore une exception), présente d'un côté, dans un grenetis, une tête de profil encore assez fortement accentuée quoique altérée dans les éléments qui la composent. La fabrique barbare, les lettres épatées montrent assez les derniers efforts d'imitation d'un type dégénéré.

M. Aussant, dans l'article publié par lui , Bulletin de la Société archéologique d'I Ile-et-Vilaine, admet l'attribution de M. Lecoq-Kerneven à Conan P' et établit ainsi les différences avec les espèces si nombreuses de Conan II : 1^ Ce sont deux types complètement étrangers l'un à l'autre, l'un à la tête, l'autre au monogramme dégénéré ; 2^ La fabrique parait plus ancienne pour le denier à la tête ; 3^ Aucune indication de titre n'y suit le nom CONANVS, tandis que pour les deniers de Conan II le mot COMES se trouve toujours après le nom ; 4^ La croix de la légende se trouve exactement au-dessus de la tête, et pour lire cette légende il faut placer la croix comme d'habitude pour la lecture des légendes numismatiques, en haut, tandis que pour les espèces de Conan II , lorsqu'on veut lire la légende en laissant le monogramme droit, la croix est toujours de côté, à gauche, et c'est dans cette position que les deniers de Conan II sont figurés dans les planches des ouvrages de numismatique. N'est-ce pas assez pour qu'on ne puisse attribuer le

denier à la tête au même prince que ceux au type d'Erbert ou à tout antre mono-

gramme.

MM. Aussant et Lecoq-Kerneven sont moins d'accord sur l'influence que put avoir le type de la tête sur la légende de IVS ou de VIS qu'on retrouve dans le champ des deniers de Geoffroy, comte de Rennes et do Gonan III.

Nous examinerons plus loin cette question.

Qu'il nous soit cependant permis d'observer que pour une tête qui n'a pu être émise qu'entre 952 et 992 , qui ne peut sortir du x* siècle, le type est déjà singulièrement altéré. Sur les bords de la Loire, berceau du type chinonais, la forme de la tête était à cette époque beaucoup plus intacte. Il faudrait évidemment faire une large part ^ l'inhabileté des monnayeurs bretons.

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