EMBRUN
Nous ne mentionnons ici que pour ordre la dissertation de M. Blancard tendant à attribuer à un comte d'Embrun les deniers portant COMES EDNE qu'il propose de lire Ebre Du HEnsis. Nous avons discuté cette attribution à l'article Seyne sous lequel, jusqu'à meilleure lecture, nous avons laissé cette pièce incertaine.
Mais la numismatique épiscopale d'Embrun s'est enrichie d'un document nouvellement découvert et d'une pièce importante.
Le 43 mai 1294, des conventions sont passées entre Raymond III, archevêque d'Embrun, et Humbert P% dauphin, relativement à la monnaie qu'ils voulaient faire fabriquer en commun (1).
475. R. yRCbI6 PISCOPVS. Figure mitrée debout, tenant la crosse de la main gauche et bénissant de la droite . Le bas du corps coupe la légende . ^. l^t eBReoVNeNSlS. Croix fleuronnée.
Argent. Gros. Poids 2«f.60.
Collection Roman. Musées de Marseille et de Lyon. (Carpentin . Revue Numismatique française 1865 , Page 187 ,
PL VIII, n^ S).
PI. XX, n«8.
Ce type avait été employé dans l'atelier d'Embrun avec la légende PASTOR pour l'archevêque Pasteur de Sarrats (1338-4350). M. de Longpérier avait publié cette pièce (2) et fait remarquer son analogie avec le gros très répandu émis à Metz par l'évèque Thierry de Boppart. Mais ce n'en est pas la copie, puisque Thierry V de Boppart ne fut évéque de Metz qu'en 1 365. Nous trouvons sur le siège d'Embrun trois Raymond auxquels notre gros pourrait être attribué : Raymond III de Mévouillon (1289-1294), Raymond IV Rabaud (1319-1323), et Raymond V de Salg(136M364).
M. Carpentin pense que c'est à ce dernier qu'il appartient.
M. Roman, au contraire, qui nous a signalé la charte monétaire de Raymond III
(1) Bibliothèque nationale. MSS, fonds latin, 10955, pa^e 65.
(2) Revue Numismatique française 1837.
de Hévouillon, est d'avis que par le style ce gros au nom de Raymond est antérieur à celui au nom de Pastor et il le fait remonter i Raymond UI. Il faut remarquer cependant que la croix feuillue, importée d'Italie par les comtes de Provence, n'a paru que sur les carlins de Robert après 1309. Raymond de Mévouillon n'a donc pu l'imiter et ce serait, selon nous, Raymond lY qui aurait émis ce gros.
Ce qu'il y a de certain et ce que prouve le rapprochement des dates, c'est que ce type de l'évoque debout tenant une crosse et bénissant a été employé à Embrun avant de l'être à Metz. Il paraît emprunté aux sceaux. Peut-être a-t-il été apporté du DauphinéàMetz par Adhémar de Monteil, devenu évêquede cette ville en 1325.