MONTÉLIMART
Il y a lieu de remanier de fond en comble la numismatique de cette seigneurie et de refaire l'exposé historique qui doit précéder et élucider la
description des monnaies. Notre honorable prédécesseur confessait du reste qu'il avait manqué des éléments nécessaires pour établir la formation de la seigneurie de Montélimart et la liste de ses possesseurs. Il remarquait, avec un certain embarras, que les deux seigneurs, auxquels il attribuait les monnaies publiées par lui, auraient vécu dans le même temps et qu'au moment où l'empereur Charles IV avait donné en 1346 à Gaucher Adhémar, vicomte de Grignan, le droit de frapper des monnaies d'or et d'argent, c'était un Hagaes Adhémar qui de 1344 à 1369 était seigneur de Montélimart.
M. de Longpérier a fourni à M. Carpentin(l) le moyen de concilier ces dates, en lui signalant que la seigneurie de Montélimart, comme celle d'Orange, comme beaucoup d'autres dans le Midi de la France (Béziers, Narbonne), était possédée en pariage par plusieurs membres de la même famille. Il lui indiquait en outre que les armes de la branche aînée (barons de Grignan) étaient d'or à trois bandes d'azur et que c'était une branche cadette, celle des barons de la Garde, qui portait d'or à trois croix clechées. Or cette croix, connue en numismatique sous le nom de croix Tolosane, se retrouve sur presque toutes les monnaies connues, soit au commencement de la légende, soit dans le cantonnement de la croix. H.€arpentin, dans le même article, avait donné d'après Pithon Curt (2) la nomenclature d'un certain nombre d'actes qui, sans établir l'avènement ou le décès de ces seigneurs, précisaient néanmoins quelques dates. Pithon Curt avait puisé ses renseignements dans le chartrier des Adhémar. Ils ne sont pas toujours concordants avec ceux du Cartulaire municipal de Montélimart (3). Il a été en outre publié sur l'histoire de ce pays divers travaux, que nous signalons aux numismatistes qui voudraient pousser leurs recherches plus loin que nous (4).
La maison d'Adhémar fut assurément une des plus anciennes de la Provence. Une de ses branches s'établit et domina à Orange ; nous retrouvons son nom patronymique dans celui de Gérald Adhémar, comte d'Orange. Il n'y a pas lieu
(1) Revue Namismatique française 1863, pages 305 et soitrantes.
(2) Histoire de la noblesse du Comtat Venaissin, d'Atignon et de la principauté d*Orange, dressée sur les preuves i7o0. Tome IV.
(3) Gartnlaire municipal de MontéUmart publié d'après les documents originaux, par l'abbé C. V. J. Chevalier. Montélimart 1871.
(4) L'abbé Nadal. Essai sur les Adhémar. Valence 1858.
L'arrondissement de Montélimart, par Lacroix, archiviste. Tomes IV, Vet VI 1874-1877-1882.
Histoire de Montélimart, par M. de Coston. Tome I^' 1878.
Kous n'avons pas trouvé à la Bibliothèque nationale les ouvrages de Mï. Nadal et de Coston.
de nous occuper ici de cette branche, non plus que des nombreux rameaux que la tige principale jeta dans le Dauphiné, dans le Forez et en Albigeois, mais seulement de celles qui furent copropriétaires de la seigneurie de Monteil. Ces branches sont au nombre de deux et peut-être de trois.
L'auteur commun est Giraud Adhémar mort avant 1095. Il eut quatre fils qui se croisèrent sous l'inspiration de leur oncle Adhémar, évêque du Puy. Deux Lambert Adhémar et Giraudonet Adhémar furent tués au siège de Jérusalem (109^ sans laisser d'enfants. Les deux autres, Giraud Adhémar et Giraudet Adhémar conservèrent en commun la seigneurie de Monteil et se partagèrent les autres seigneuries de leur maison. L'aîné fut la tige des barons de Grignan, le cadet des seigneurs de la Garde.
Nous verrons plus loin qu'il est très douteux que les seigneurs de Grignan aient jamais eu le droit de battre monnaie et rien ne porte à croire jusqu'à présent qu'ils l'aient usurpé. Aucune monnaie ne peut leur être attribuée avec certitude. Il nous parait superflu d'en donner la liste, puisque, même avec les documents récemment publiés, il est impossible de fixer les dates de leur avènement et de leur décès. Ils portent tous le nom de Giraud Adhémar, sauf un Aymar Adhémar qui serait mort en 1273, et un Guillaume Adhémar qui lui aurait succédé.
Il est moins difficile de se reconnaître dans la généalogie des seigneurs de la (Varde et comme ceux-ci ont certainement battu monnaie, nous en donnons la liste en notant les actes auxquels ils ont assisté et en relatant ceux où ils concoururent en qualité de coseigneurs de Monteil.
Giraudet Adhémar, troisième fils de Giraud Adhémar I*' du nom, reçoit dans le
partage qu'il fit avec ses frères, le 26 décembre 1095, la moitié de Monteil et la seigneurie de la Garde.
Guillaume-Hugues Adhémar, présent à un acte de 1140 et à la charte du
22 février 1161 (1).
Lambert Adhémar, signataire en 1198 (2) de la charte de franchise de la ville de
Montélimart.
(l)[Nos Guilelmus Hugo Âdhemari de Montilii et Giraudus Adhemari de MontiUi, fratres, domiai parerii et in solidum urbis MontiUi Adhemarii, fllii Giraudeti Adhemarii et Alisiœ de Polîgnac. Ils sent qualifiés frères et selon les anciens généalogistes ne seraient que cousins.
(i) Ego Giraudus Aimeri et ego Lamberlus Aimeri, nos duo domiai Montilii Adhemarii. Pitbon Cort
* Hugues âdh^mar P' fait son testament en 4368. Lakbert Adhêmar II; actes en 4271 et 4290. Hugues Adhémar II; actes en 4292 et 4304. Hugues Adh^mar III; acte en 4335 ; il eut trois fils, qui sont : Lambert Adhémar III.
Oaucher Adhémar, bénéficiaire de la charte de 4356, dont nous parlerons
plus loin, institua pour son héritier son neveu
Huffues, le 9 novembre 1 360.
Hugonet Adh]£mar légua ses biens à son frère Gaucher, le 17 avril 4350. Hugues Adhémar IY, fils de Lambert III, héritier de son père et de ses oncles
et décédé avant i 372.
Lambert Adh^mar IV, décédé vers 1424.
Nous avons dit qu'une troisième branche de la famille d'Adhémar était peutêtre aussi copropriétaire de Montélimart avec les branches de Grignan et de la Garde. Ce serait une branche de Rochemaure. Nous retrouvons en effet dans les actes publiés par M. Chevallier, qu'en 1340 Giraud Adhémar avait vendu au pape tertiam partent trium partium du château de Monteil. En 4 341 , un Giraud Adhémar, seigneur de Monteil, du diocèse de Valence, et Giraud Adhémar, seigneur de Grignan, du diocèse de Die, font entre eux un échange et faute de paiement, il est délivré, en 4344, un exécutoire contre le même Giraud Adhémar, qualifié cette fois de seigneur de Monteil et de Rochemaure, au profit de Giraud Adhémar, seigneur de Grignan. Or à cette même époque le seigneur de la Garde, copropriétaire de Monteil, était Lambert Adhémar III. En 4352 et 1354 nous trouvons trois actes, l'un au nom de Gaucher Adhémar, seigneur de Monteil (de la branche de la Garde), l'autre de Giraud, seigneur de Monteil, et le troisième de Giraud Adhémar, seigneur de Grignan, domini Graynhahi et de Alpibiis, Rien n'établit que cette troisième branche ait battu monnaie.
Examinons maintenant les concessions monétaires dont on a jusqu'à présent gratifié les seigneurs de Montélimart.
La première serait du 22 avril 4 164 et aurait été octroyée à Giraud Adhémar IV,
dit que cette charte gravée bot cuivre était enchâssée dans un mur de la maison commune de Monteil Elle existe encore sur marhre à la mairie.
En 1204, Hugues Adhémar, seigneur indivis de Monteil, baron de la Garde, et Giraud Adhémar, seigneur indivis de Monteil, baron de Rochemaure, confirment les Ubertés données par leurs pères Lambert et Giraud.
selon les uns, par Frédéric Barberousse» selon les autres, par Raymond Béranger, comte de Provence. Pithon Curt avait déjà écrit que c'était à tort que Nostradamus, dans son histoire de Provence, avait prétendu que &iraud avait fait hommage au comte de Provence. Le même Pithon Curt ne parie pas du droit de monnayage qui, selon Longuerue (1), aurait été maintenu à Giraud lY. Poey d'Avant n'en a pas moins répété que le jeune comte Raymond Béranger avait conservé en 1 164, à Giraud Adhémar lY, le droit de battre monnaie, ce qui impliquait une concession antérieure.
Une pareille incertitude dit assez quelle foi on doit ajouter à cette charte. Il n'y est d'ailleurs question que des seigneuries et des privilèges de la maison de Monteil et nullement des droits monétaires.
La deuxième concession, telle qu'elle a été présentée jusqu'à présent, soulève encore plus de discussions. Les auteurs se sont succédés et se sont copiés sans prendre la peine de vérifier les assertions de leur prédécesseur. Poey d'Avant nous dit que d'après Fauris de Saint-Yincent , cité par Duby, l'empereur Charles lY permit en 1346 à Gaucher Adhémar, vicomte de Grignan, de faire battre monnaie d'or et d'argent. Fauris de Saint-Yincent invoque le témoignage de Pithon Curt. Mais il a ajouté de son autorité privée au nom de Gaucher Adhémar le titre de vicomte de Grignan, dont ne parle pas Pithon Curt, 4ont ne parle pas l'ordonnance. C'était évidemment une flatterie à l'endroit d'Adhémar de Monteil, vicomte de Grignan, qui était alors gouverneur de la Provence. Car ainsi que nous l'avons vu, Gaucher Adhémar n'était ni vicomte, ni seigneur de Grignan; il était de la branche cadette, de la branche de la Garde.
Une autre inexactitude aussi grave, c'est la date de 1346 . En effet la charte de Charles lY est ainsi conçue. Sane nobilis Gaucherius Ademari de Montilio, nost^r et imperii sacri fidelis dilectus, humiliter supplicavit ut nonnulla jura ac cerla pedagia infra scripta ratificare, innovare, de novo concedere, et confirmare digneremur.
Datum métis à D millesimo trecentisimo quinquagesimo sexto, regnorum nostrorum anno undecimo, imperii vero secundo. Cette charte est donc de 1356, elle est trois fois datée, de l'ère chrétienne, de l'avènement de Charles lY au royaume de Bohême (1346), de son avènement à l'empire (1355). M. l'abbé Chevalier indique trois copies de cette bulle, dont une à la bibliothèque de Cai*pentras portant la date de 1346. M. Barrés, le savant bibliothécaire de cette
(1) Géographie de la France. Partie 1'*, page 375.
ville, consulté par nous, a bien voula nous écrire que c'était une fausse indication et que cette copie était identique aux deux autres. La date de 4356 est donc acquise. C'était du reste Tannée des grandes conférences de Metz, où Gaucher Adhémar et son frère Tévéque de Metz jouèrent un grand rôle. On comprend que Charles lY les ait récompensés de ces services par la confirmation de leurs pi'ivilèges. Mais cependant cette charte ne parle pas du droit de battre monnaie. En existe-t-il une autre ? Toutes nos recherches pour la retrouver ont été vaines. Le seigneur de Montélimarl a-t-il donné une plus large signification à ces privilèges? Comme l'écrit M. deCoston(l), a-t-il suivi l'exemple du dauphin Guignes qui, le 7 février 1327, déclara que pour son honneur et celui du Dauphiné il convenait de procéder à la fabrication des florins d'or. Ce qu'il y a de certain, c'est que Gaucher Adhémar frappa monnaie d'or et d'argent et que c'est la branche cadette seule, celle de la Garde, qui parait avoir battu monnaie. Après cet exposé historique, nous commencerons par donner la description des monnaies non indiquées par Poey d'Avant ou imparfaitement connues et nous essayerons ensuite de faire la classification de tout le monnayage de Monleil Adhémar.
478. l^ DOMINVS S DE. Dans le champ MO NT en deux lignes. ^. 5*5 DOn^INVS 5 5nONTILn. Croix cantonnée aux 4^ et 4® d'une croisette évidée et dont les branches se terminent par un point, c'est évidemment la croix cléchée, dite Tolosane.
Billon. Double denier. Poids 1^.30.
(Vallier. Revue Numismatique beige 1877, PL VI, n* 5). PI. XX, nM'I.
479. 5*5 GAVabeRI ADfiMARI. Croix cantonnée aux 1«' et 4* de deux croisettes cléchées. ^. * DCI t GRA l DOMiNVS. Et dans le champ MO NT en deux lignes.
Billon. Denier. Collection Roman.
PI. XX. nM2.
Poey d'Avant, sur le des&in de la même pièce, n'a que fort mal indiqué les croix cléchées qui ont une importance capitale, ainsi qu'on l'a vu plus haut.
480. 5*5 bVGO 5 ADEMARIL Dans le champ MO NT en deux lignes .
(1) Histoire de MontéUmart.
1^. ^ DOMINVS MOin'ILlI. Croix cantonnée aax 1*' et 4* de deux croisettes clécbées.
Billon. Double denier. Poids 1'.
(Carpenttn. Bévue Numismatique française i863f PL XXI, n* S).
PI. XX, nM3.
La même pièce existe avec le cantonnement de ia croix aux 2^ et 3*.
(Carpentin. Bévue Numismatique française 1863, PL XXI, w* 6).
481. Croix cléchée remplaçant la croisette î bV S GO* ÂDEMXR • II. Grande couronne fleurdelisée coupant la légende par ses deux extrémités, sous ia couronne sex. ^. * DOMIRVIS * M^'OITTILLI. Croix cantonnée de quatre lis.
Argent. Double. Poids 1».30.
(Carpentin. Bévue Numismatique française 1863, PI- XX/, n* 1). PI. XX, nM4.
482. 4 bVGORVS l ADEMARII. Grande couronne fleurdelisée coupant la légende, dessous S6X. ^. Croix clécbée % D05RinvS DE MOITTILI l. Croix cantonnée de quatre lis.
Argent. Double. Poids 1M5.
(Carpentin. Bévue Numismatique française 1863 y PL XXI^ w* 5j. PI. XX, nM5.
483. ^^ bVGOnvs : ADEMARII :. Couronne fleurdelisée, le lis du milieu remplacé par la croix cléchée, dessous SGX. % ^ DOff^IRVS DE % MOITTILII. Croix cantonnée de quatre croisettes clécbées.
Argent. Double. Poids 1«.15.
(Carpentin. Bévue Numismatique française 1863, PL XXI, n* 3). PI. XX,nM6.
484. ^^^ bVGORV AD5RA **. Le prince couronné d*un chapel de roses, assis sur un siège orné de deux figures de lion, tenant de la main droite une croix clécbée et de la gaucbe un sceptre. ^. SROU ET*fl2 ORTI LLII. Croix évidée coupant la légende et cantonnée de quatre croisettes clécbées.
Argent. Carlin. Poids 1^.51. Collection Lecamus. Dessin de H. de Longpérier.
(Carpentin. Bévue Numismatique française 1863, PL XXI, n* 10). PI. XX,nM7.
485. o bVGOI^VS S ADE^HArII . Casque surmonté d'une croisette cléchée formant le point de départ de la légende et dessous bVG. i^. l^l DOSRIRVS l DE MORTIlSl. Croix cantonnée aux 1*' et 4* d'une croisette cléchée, aux 2* et 3® d'un casque.
Argent. Double. Poids 4^.25.
(Carpentin. Revue Numismatique française 1863, PL XXI, tf 4). PI. XX, n^ 18.
Cette monnaie est la copie exacte de celle d'Urbain Y (1362-1370), qui se rencontrait en si grand nombre dans la trouvaille étudiée par M. Carpentin. Rien n*y manque, le casque pour simuler la mitre au droit et au revers et les lettres bVG disposées pour imiter les lettres PVP, que M. Carpentin a observées sur les six cents exemplaires de la trouvaille.
486. Enfin il existerait dans la collection de M. Vallentin, de Montélimart (1), une monnaie qui nous est signalée par M. Roman et qui porterait selon ses souvenirs le nom d'Hugues Adhémar et la légende Moneta de Garda.
Inutile de dire combien cette monnaie portant le nom et sans doute la croix cléchée de la branche cadette, serait importante à étudier.
En l'état de nos connaissances, la numismatique de Montélimart consiste dans le florin d*or et quatre types en argent ou billon : Le double à la légende bilinéaire MONT. Le double coronat à la légende S6X dans le champ. Le carlin.
Et le double au casque.
Les florins sont d'une assez grande rareté. 11 en existe un au cabinet de France, deux dans la collection Vallentin, un dans chacune des collections Morin, Planta et Roman. Les différents de ces florins sont d'après H. Vallentin un casque, un treillis en forme de casque, une couronne au-dessus d'une espèce de casque. La variété de ces différents indique une fabrication assez active. Un autre exemplaire est signalé dans une trouvaille faite au Puy (2), mais le différent n'est pas indiqué.
Le type le plus ancien des monnaies de billon est celui à la légende bilinéaire MONT imité visiblement du double denier avec PISIE, émis en Provence par
(1) On annonce que M. Vallentin ya ineestamment publier les monnaies dauphinoises inédites de ta collection.
(2) Annuaire de la Société française de Ifumismatique i867, pa^e 338.
Robert et par Jeanne (1309-1382). Nous en trouvons d'abord une pièce anonyme portant d'un côté le titre de Dominus MONT dans le champ, et de Taulre également Dominus Montilu avec la croix cantonnée des croisettes cléchées, armoiries de la branche de la Garde. (Voir n"* 478). On serait tenté d'en faire le monnayage commun des deux branches des Adhémar, qui possédaient indivi* sèment Montëlimart, si Ton pouvait établir que la branche aînée a eu ou a usurpé le droit de battre monnaie. Nous retrouvons ce même type au nom de Gaucher Adhémar et d'un Hugues Adhémar. Pour toutes les monnaies au nom de Gaucher Adhémar, il ne peut y avoir de doute. Un seul Adhémar a porté le prénom de Gaucher. C'est, ainsi que l'avons vu dans la généalogie, le deuxième fils d'Hugues Adhémar III, qui, après avoir hérité de son frère Hugonet,par donation du 1 7 avril 1 350, légua lui-même tous ses biens à son neveu Hugues Adhémar lY, fils de Lambert et petit-fils d'Hugues Adhémar III. La concession de 1356 a été faite en faveur de ce Gaucher Adhémar et c'est à lui qu'appartiennent toutes les monnaies portant le prénom de Gaucher. Mais auquel des Hugues Adhémar attribuer les monnaies au nom de HVGO. Poey d'Avant les attribue à un Hugues, pour lequel il inscrit une chronologie de fantaisie (1344-1369), qui ne se rapporte en rien à celle qui précède. M. Carpentin, raisonnant sur la date inexacte de 1346 pour la charte de Charles IV, propose de les donner à Hugues III, qui pouvait, dit-il, fort bien exister encore (1347) après la concession. Nous croyons que toutes ces pièces ne peuvent appartenir qu'à Hugues lY, le seul postérieur à la charte de 1356.
Les sols coronats avec S6X dans le champ, ont évidemment été émis pour imiter les sols coronats provençaux avec RGX émis par Robert et par Jeanne de 1 309 à 1382. (Voir notre PI. XV, n*« 14 et 19). Ceux qui portent le nom de HVGO appartiennent à Hugues IV (1360-1372). Hais M. Carpentin voudrait faire une différence entre ceux portant la légende HVGO et ceux portant la légende HVGONVS qu'il considère comme l'abréviation d'HVGON^/VS. Or, Hugonet serait mort en 1350, c'est-à-dire avant la concession de 1356.
C'est à ce même Hugonet que M. Carpentin propose d'attribuer le carlin imité des Raymond d'Orange (1340-1393) et portant pareillement la légende HVGONVS (1).
(1) HVGONVS était le diminutif d'Hugues. Lss fils de Giraud Adhémar I«r s*appeUent Girtud, Giraudet et Giraudonet, de môme Hugues fait Huguet et Hugonet. Peut-ôtre ces diminutifiè employét pendant Tenfance faisaient-ils place ensuite au véritable nom.
Cette double attribution ne pourrait se défendre que si Ton retrouvait une concession monétaire en 1346 antérieure au décès d'Hugonet (1350).
Mous croyons que tout ce monnayage appartient à Hugues lY. Il ne peut y avoir de doute pour la pièce au casque imitée de la pièce à la mitre dont le type n'apparut que sous le pape Urbain V (1362-1370).
II est vraisemblable que le monnayage de Montélimart ne persista pas longtemps après Hugues Adhémar lY. Déjà en 1339 Aymar de Poitiers, comte de Yalentinois, avait acquis une partie des droits seigneuriaux sur cette ville, et presque à la même époque Giraud Adhémar vendait au pape Benoit XII (1 334-1 342) une troisième partie de sa juridiction moyennant 24,000 florins d*or.
En 1383, Giraud Adhémar abandonna au pape Clément YII tous ses droits sur Hontélimart en échange de la seigneurie de Crillon et se retira à Grignan.
Le 22 juin 1419, Louis II de Poitiers légua au dauphin Charles, fils de Charles YII, ses comtés de Yalentinois et Diois et ses droits sur Hontélimart et plus tard Louis XI racheta la part du pape.