JEAN, DIT LE CAPTIF
M. de Barthélémy et d'après lui M. Bigot, n*ont attribué aucune monnaie à ce prétendant. Quant à Poey d'Avant, dit M. Robert (R. N. F. 1869, p. S3S), il parait avoir confondu ce premier compétiteur de Charles de Blois [1 341 -1345)
avec son fils qui continua la lutte jusqu'en 1364, devint seul maître du duché et porta dans l'histoire le nom de Jean lY. Mais c'est sans raison que Poey d'Avant lui assigne comme date d'avènement i 3i1 . Il ne fut duc qu'en 1 345, à la mort de son père Jean-Ie-Captif .
Jean<le-Captif a-t-il frappé monnaie ou pour mieux dire a-t-on frappé monnaie en son nom? Car il passa en captivité presque tout l'espace de temps couru du 7 septembre 1341, date de l'arrêt de Conflans qui adjugea le duché à Charles de Blois, jusqu'à sa mort ; il fut fait prisonnier à Nantes vers la fin de cette année 1341 et ne s'échappa de prison, en 1345, que pour venir mourir presque immédiatement à Hennebon.
Cependant il avait été proclamé à Nantes par 7 évêques sur les 9 de la province et ses partisans restèrent maîtres de Brest, Rennes, Hennebon, Auray et Carhaix. Pendant ces cinq années et sur un territoire aussi étendu il a du frapper monnaie.
M. Robert, étudiant dans l'article précité une trouvaille faite à Montpellier, a été conduit par la composition du trésor à attribuer à Jean-le-Captif les pièces portant dans le champ les quatre lettres 12 A ou B R imitées de celles émises
R T I T par Philippe de Valois avec F R. M. Robert se fondait sur ce que ce prototype
royal devait être antérieur à 1343 puisqu'il avait été copié, sur des deniers compris dans la môme trouvaille, par Aimon, comte de Savoie, décédé en 1343. Les recherches de notre regretté maître, M. de Saulcy, auxquelles il nous a fait tous participer si libéralement, nous permettent d'aller plus loin que M. Robert. Le denier F R avec deux fleurs de lis, si exactement copié par les deniers
bretons, a été émis en 1340. 11 était décrié en 1343 et il est vraisemblable que les barons ont cessé d'imiter ce type dès qu'il ne fut plus frappé dans le royaume.
L'opinion de M. Robert se trouve ainsi corroborée et l'attribution de ces deniers à Jean-le-Captif nous parait aujourd'hui un fait acquis.
De son côté et presque à la même époque, dans VAnnuaù^e de la Société Numismatique 1868, page 149, M. Lecoq-Kerneven propose d'attribuer à Jeanle-Captif les deniers portant au droit.
44. lObANNES DVX. Dans le champ dix mouchetures par 3, 4 et 3. ^. * BRITANNIE. Croix cantonnée d'un b au 2^ PI, m. n<>3.
Selon le nnmismatiste breton , ces deniers auraient été frappés à Henncbon , au nom de Jean-le-Captif, par sa femme, Théroïque Jeanne de Flandre, pendant le siège qu'elle y soutint contre toutes les attaques de Charles de Blois et de ses alliés jusqu'à l'arrivée des secours envoyés d'Angleterre. Il propose de donner à Jeanle-Captif le nom de Jean IV et à son fils celui de Jean V.