‹ Monnaies féodalesChapitre 260 sur 314 · PROVINS · texte numérisé non relu

PROVINS

Le monnavage des comtes de Champagne à Provins présente danscet atelier un type tout à fait différent de celui de Troyes. C'est le type bien connu sous le nom de type provinois. M. Bourquelot l'a particulièrement étudié dans son Bisloirede Provins, et des foires de Champagne. M. Maxe-Werly a résumé ces études dans un article paru dans les mémoires de la Société des sciences, arts et letti^es de la Marne 1877, pages 217 à 241 .

Le monnayage de Provins commence par une fabrication commune avec Sens. Sur les plus anciens deniers (Poey d'Avant, PI. CXXXVIII, n°M2 et 13} on voit les traces du monogramme d'Eudes 000 RE sur une fasco. La croix du revers est simple, leur poids est élevé, 1^.39; puis sous les n°" 13 et 14, les traces du mot REX ont produit le peigne provinois au-dessus les signes Oi&O qui se transforment en O'î'O ; aux deux bras de la croix pendent l'A et l'u). M. de Barthélémy bit

remonter ces deniers à Ecrdes 1*'^ comte de Champagne (1019-1037), empruntant Je monogramme royal odoniqueèa à Eudes II (1048-1063). Poey d'Avant conteste cette attribution, mais il jiHte dans sa discussion une singulière obscurité en écrivant tantôt, page 248, 15* ligne, que leur fabrique indique la fin du x** siècle, c'est-à-dire une époque antérieure à Tavënement de la maison de Blois, tantôt, page 249, 23^ ligne, que les pj*emières émissions sont de la fin du xi'' siècle. Peutêtre n'y a-t-il qu'une faute d'impression; toujours est-il que le poids de 1».39 appartient plutôt i un denier du x® siècle, et que les deniers signés d'Eudes frappés à Reitts ne pèsent que 1^.30.

Sous Thibaut II {1 125-1 152) apparaissent les signes OVO qui ont remplacé 0*0 et que nous reproduisons sur notre Planche XXIV, n" 15, ne pouvant le faire exactement dans le texte. Ce signe du milieu est intcrprélé par T; l'A et l'CO ne sont plus suspendus aux bras de la croix, mais sortent du centre. Cet W devient ensuite une espèce de râteau. Les cantonnements de la croix sont tantôt des annelets, des besants, des croissants, une étoile à cinq pointes.

Peu de lemps après la majorité de Thibaut IV, apparaît un nouveau type, et ■dès 1225, on Irouve dans les chartes la dénomination de Provinois neufs. Ce sont ceux où le peigne est surmonté de trois tours crénelées. Le nom du comte y est écrit TEBAT, tandis que nous venons de le voira Troyes écrit TEBAV sur un denier au monogramme fleurdelisé, qui appartient à Thibaut IV, et que B. Fillon (Catalogue Rousseau) fait descendre jusqu'à Thibaut V (1253-1270). Cette discussion sur la manière d'écrire le nom de Thibaut a la plus grande importance pour la fixation du denjer d'alliance entre l'archevêque de Reims et le comte de 4^hampagne que nous allons étudier bientôt.

MONNAIES DU SENAT ROMArN AU TYPE PROVINOIS.

Une découverte considérable de ces deniers a été faite à Rome dans les fouilles des quartiers nouveaux. Elle figure toute entière au musée municipal du Capitole et il serait bien intéressant de l'étudier à loisir pour établir, par le synchronisme, à quelle date remonte cette fabrication ou à quelle époque elle a cessé- Mais autant le médaillier du Capitole est bien compris pour l'exposi tion des monnaies antiques, qui sont montées en broche comme des camées, autant cette disposition proie peu à l'étude des monnaies du moyen âge, qu'il faut avoir dans la main et sous les yeux pour pouvoir en apprécier les différences . Malgré l'obligeance de M. Castellani« l'un des conservateurs, il m'a été impossible d'analyser cette

trouvaille; je dois me borner à en signaler Texistence et je laisse le soin de l'étudier à quelque voyageur plus heureux que moi.

La monnaie de Charles d*Anjou au type provinois, publiée par M. B. FîIIod, dans le catalogue Rousseau, et par Poey d'Avant, PI. CXXXIX, n^ 6, prouve en tout cas que ce type était encore usité à Rome en 4265.

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