‹ Monnaies féodalesChapitre 262 sur 314 · MEAUX · texte numérisé non relu

MEAUX

Depuis la publication de l'ouvrage de Poey d'Avant, M. le comte Griraoard de Longpérier a fait paraître une Notice historique, héraldique et numismatique sur les évêques de Meaux [2). Cette notice ne nous a révélé aucune pièce nouvelle.

Nous avons été plus heureux et nous avons publié une monnaie capitale dans la série meldoisc«

384. TCBALDVS. Main bénissante. « MELTIS CIVIT. Croix simple. Billon. Denier. Poids 1». Collection Hermerel. Unique.

<i) Considérations sur les monnaies de France, page 23i. et) Meaux 1876.

(Annuaire de la Société Numismatiqxêe fréinçaiie 1879, p- 184 à 191}- PI. XXIV, n° 6.

Ce denier faisait partie du trésor de Corbie enfoui entre les années 4 120, date de la consécration de Burcard, éréque de Meaox, dont il contenait des deniers, et l'année 4438, date de l'avènement de Louis VII, roi de France, dont aucone monnaie ne s'y est renconlt'ée, tandis qae celtes de Louis VI y étaient en abondance.

Il ne peul être postérieur à Thibaut II, comte de Champagne et de Brie (4 4 25-4 4 32), peutrétre même appartient-il à Thibaut l^ (4 048*4 089), car ii est une contrefaçon du denier de Gautier I^% évéque de Heaui (4045*4082), à la main bénissante.

Si Ton fait remonter aussi loin cette fabrication, il faut admettre qu'elle se continua longtemps. Car en 4465 l'évéque Etienne se plaignait de la contrefaçon des monnaies meldoises, et Henri P', comte de Troyes, promettait de n'en plus émettre nec bonam nec faham.

Vers ce même temps et peut-être pour différencier sa monnaie, Tévêque Renaud (4158-4 461) adoptait le type des deux: crosses, que seul il a employé à Meaux. Que signifle ce type? M. Grimoardde Longpérier(4) estime qu'il symbolise un double gouvernement ecclésiastique et que Renaud y avait droit, parce qu'avant d'être évéque de Meaux, il avait été abbé de Jouy, diocèse de Sens.

On n'a retrouvé aucune monnaie signée des évêques de Meaux, postérieure à Pierre (4 472-4474), celle de Simon (4177-4484) ne nous est connue que par le dessin de Duby. Il est certain cependant qne Tatelier de Meaux fut loin d'être inactif après cette époque, à en juger par les litres nombreux qui en font mention.

Il y eut notamment des conventions de toute nature entre le comte et l'évéque de Meaux. Ainsi Henri accorda à l'évéque que sa monnaie courût dans les comtés de Troyes et de Provins. Ce dut être le préliminaire de la société commencée entre Blanche (mère et tutrice du comte Thibaut IV) et Geoffroy, évéque de Meaux en 4208, société que confirma Guillaume, son successeur, en 4244 (2).

En 4 225, l'évéque fait faire à Meaux une monnaie nouvelle, vetere reprobata^ et il s'engage à ne plus en changer sans prévenir le roi quatre mois à l'avance, à moins, dit-il, que notre seigneur le comte de Champagne ne la change lui-même (3).

{\) Lococitato, page 23.

(2) D. Brussel. De usu feudatorio, page 195.

(3) Constans. De la cour des monaoies. Preuves.

Malgré tous ees textes, les moïKiaies épiseopalês de Meaux s'arrAtent à Pierre ou tout au moins à Simon (1184). Ne faudrait-il pas en conclure qu'à la suite de la contrefaçon par le comte du type épiscopal et des réclamations formulées par Tévéque, la comte commença par \m accorder une circulation réciproque des monnaies dans les comtés de Trpyes et de Prorins, et qu'ensuite les parties contractantes trouvèrent plus avantageux de n*en plus faire frapper qu'à un seul type et de s'en partager le bénéfice. Telle sdrai! l'origine des conventions de 1208 et 1215. Le type adopté fut naturellement la plus répandu, le type champenois. Nous trouvons un argument à l'appui de cette thèse dans l'acte de 1225.

Cet acte nous appread que l'évêque de Meaux, Pierre III, fabriqua une monnaie nouvelle et décria l'ancienne. Or, c'est précisément à cette date que le oemie Thit>aut IV inaugure & Provins un type nouveau, le type du peigne au chatel, et qu'apparait dans les chailes le nom ieProvinois nouveaux, Continuûas l'analyse de l'acte de 1225 et les conséquences à en tirer. L'évêque s'engage à prévenir le roi quatre mois à l'avance de tout changement de type, à moins que son seigneur le comte de Champagne ne le change lui-même. Il pourra donc changer le type sans prévenir le roi, si le comte de Champagne change le sien. N^en résulte-t>il pas évidemment que ces deux types étaient les mêmes et que l'évêque se réservait de suivre le comte dans ses modifications et ne devait prévenir le roi que s'il adoptait un nouveau type à lui propre.

Nous expliquons donc l'absence des monnaies épiscopales de Meaux, depuis 1 174, par les conventions d'un monnayage au même type commun entre l'évêque et le comte et l'adoption du type champenois.

Cependant le monnayage épiscopal survécut au moins en droit, sinon en fait, au monnayage des comtes de Champagne, qui s'arrête à Thibaut Y (1270). En effet, en 1307, l'évêque Nicolas de Châlons rend hommage du droit de monnayage à Philippe-le-Bel, qui le lui retire quelques mois après, et l'évêque de Meaux figure à l'ordonnance de 1315 parmi les barons et prélats qui se disent avoir le droit de battre monnaie.

ÉVÊQUES DE CHALONS-sSUR-MARNE.

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