GAUCHER II DE CHATILLON
Issu de la même famille que les Chatillon, comtes de Blois, il prétendit à
(i) Revue Numismatique française 1884, paj^eW?.
rhéritage de la comtesse Jeanne décédée sans enfants en 4291 et à laquelle succéda son cousin-germain Hugues de Chatiilon. Philîppe-ie-Bel Gt renoncer Gaucher à ses prétentions en 1295, en iuiadjugeantcertainesseigneuries. Mais cette concurrence explique comment et pourquoi il a emprunté sur une partie de son numéraire le type chinonnais si dépaysé dans TEst de la France. Il copia non seulement le type, mais encore par la forme qu'il donne à la légende VVEIVIO (Poey d'Avant, PI. CXXXXI, n**20), il chercha évidemment à établir une confusion avec la légende VENONITO, qui figure sur quelques deniers de Vendôme au type chinonnais.
On ne connaissait que deux variétés du denier de Gaucher de Cbalilion au type chinonnais. L'une a été publiée par M. de Longpérier (1) et porte au centre de ce type un annelet; celle publiée par Poey d'Avant porte une gerbe. Toutes deux sont à la légende WEIVIO et sortent d'un atelier que M. de Longpérier (2) place à Ivoy, opinion généralement adoptée, et M. Renier Chalon (3) à Yves, petit village des environs de Floronnes.
La monnaie ci-après ne porte pas de nom d'atelier et doit être classée au comté de Porcien in génère. Elle est la continuation du monnayage précédent.
595. Type chinonnais, au centre une molette d'éperon. ^. GACOM.... PORC. Croix.
Billon. Obole. Collection Chauffier.
(Chauf/ier. Revue Numismatique française 4867, PL V, n^ 1). PI. XXIV, no 15.
Cette molette se retrouve sur le numéraire anonyme de Blois (Poey d'Avant, Pl.XXXIII, n~10, 11 et 12).
Il semblerait que le monnayage de Gaucher de Chatiilon soit destiné à soulever des problèmes pour la détermination de ses ateliers.
Poey d'Avant a publié sous le numéro 6106, sans le faire grîiver, un esterlin provenant de l'ancienne collection Jeuffrain, de Tours. Cet esterlin porte an droit * GALOS GOMES PORG et au revers la légende MO^^GTA N ORGIE, qu'on a tenté d'expliquer par Moneta nova retelensis. Cette explication n'est appuyée d'aucun document historique, établissant que Gaucher de Chatiilon, comte de Porcien, ait eu le droit de frapper monnaie à Rethel, qui avait des comtes
(1) Revue Numismatique française 1859, PI. XXI, nP 5.
(2) Revue Itumismatique française 1859, page 457.
(3) Revue Numismatique belge, t* série, tome VI, page 283.
particuliers et dont le seigneur contemporain de Gaucher de Chalillon était Louis P% de la puissante maison de Flandre.
Il faut donc abandonner cette explication . Il le faut d'autant plus que la légende de cet esterlin parait avoir été mal lue et doit être la même que celle MOR6I9 des monnaies que nous publions ci-après.
o96. GALO. POROI6I2. Ecu triangulaire parti aux deux lions debout, i^. i^i WO I ïl&T I A 5nO I ROI. Croix coupant la légende cantonnée aux trois <*" d'un trèfle, au 4® d'une rose à cinq feuilles. Billon. Denier. Cabinet de France.
PI. XXIV, nM 6.
Poey d'Avant avait lu sur ce denier 5P0tt€TA PORGI.
597. * GALObS COMES PO. Ecu aux armes de Porcien, trois pals de vair avec une merlette au chef. ^. 9 MONGTA M0R6II petit signe indéterminé. Croix simple.
Billon. Denier. Collection Gariel.
(E. Car on. Annales de Numismatique 1877 , Trouvaille de Sierck}. PI. XXIV, nM7.
598. * Mômes type et légende au droit, i^. * œOKETA ROVA WI. Croix simple.
Billon. Denier. Collection Gariel.
(E. Caron. Aimales de Numismatique 1877 . Trouvaille de Sierck).
PI. XXIV, nM8.
Tout porte donc à croire que c'est le même atelier qui s'affirme par trois types différents : l'esterlin publié par Poey d'Avant et les deux deniers; l'un avec l'ccu aux armes de Porcien, l'autre avec l'écu aux deux lions debout. Ces variétés dénotent une certaine intensité de production et de nombreuses imitations. Le denier aux deux lions debout est une contrefaçon du môme type en Flandre et dans le Brabant. Quel peut ôtre cet atelier ? Nous avons proposé Morimont, mais sans aucune conviction. Nous^avons fait appel aux lumières de M. Longnon, le savant professeur de géographie historique à l'école des hautes études et il n'a pu nous signaler dans le Porcien aucune localité pouvant s'identifier avec cette légende. Serait-ce l'atelier de Moresnet (province de Liège) qui a eu les honneurs d'une monographie que nous n'avons pu vérifier (1). C'est à
(i) Docteur Gersdorf Blatter fur Munzfreunde 1868, a« i6, page 106.
Horesnet même qu'a eu lieu la trouvaille connue improprement soug le nom de trouvaille de Sierck.
CHINY.
LOUIS VI, COMTE DE CHINY DE 4340 A 4325, COUTE DE CHINY ET LOOZ DE 4325 à 4336.
599. 9 LVDOV.... OMES. Dans le champ imitation de la croix feuillée on florencée, dont les fleurons extrêmes sont remplacés par des traites adossées deux par deux, de façon à présenter dans le haut des cantons de la croix les armoiries de la maison de Chinv. i^. GDOmoïC DIVO. Dans le champ COMITIS on deux lignes, au-dessous un point, au-dessus, pour imiter la fleur du royal parisis de Philippe-lc-Bel, un petit écusson triangulaire mi-partie Looz et Chiny, accosté à sa base de deux gros besants.
Billon. Denier. Collection A. de Barthélémy.
Maxe-Werly. Revue Numismatique française 1883, PL F, n** 9), PI. XXIV, nM 9.
Bien que le comté de Chiny ne releviU pas du royaume de France, nous avons cru devoir reproduire ce denier imité d'un type français et dont la légende est en partie en langue française; Poey d'Avant l'avait d'ailleurs publié, mais avec la plus Jurande incorrection de dessin et sans relever les particularités héraldiques qui donnent un si grand intérêt à la description de M. Maxe-Werly.
M. Chauflier en avait publié un autre à peu près identique (i), mais qu'il n'a fait graver.
600. * LVDOVICVS COMES. Croix fleuronnée. ^. * OOORETA DVPLEX. Dans le champ COMITIS en deux lignes sous un trèfle.
Billon. Denier. Collection Chauifier.
r.c n'est pas sans de graves controverses que ces deniers sont aujourdlmi déliniliveraent classés à Louis VI, comte de Chiny. Il faut d'abord rejeter l'attribution de M. Perreau (2) à Louis III, comte de Looz (1223-4229), puisque le prototype royal n'a été émis pat Philippe-lo-Bel qu'en 4293. M. Serrure fils (3) le revendiquait pour Louis IV, comte de Looz (1328-1336). Mais la présence d'un exemplaire au trésor de Sierck enfoui au plus tard en 4328 rendait cette attribution
(1) Revue Numismatique française 1867, page 437.
(2) Revue Numismatique belge, 1'* série, tome II, Pi. Vi, no 29. {?) Revue Numismatique belge, %• série, tome II, PI. H, n» 8.
peu vraisemblable. Selon l'opinion de M. Piol (1) adoptée par M. Chauflier (2), ils appartiendraient à Louis VI, comte de Chiny. Enfin M. Maxe-Werly, dans l'article précité, précise la date des émissions des monnaies de Louis VI, comte de Chiny, selon qu'elles portent ou non le titre de comte de Looz. En 1323, Louis V, dans une assemblée de notables, déclarait sa volonté de rentrer dans la vie privée et de résigner le comté de Looz à son fils, déjà comte de Chiny; il faut donc classer entre 1310 et 1323 les deniers aux légendes LVDOVICVS COMES, sur lesquels il n'est pas lait mention du titre de comte de Looz; on doit au contraire en conclure que le denier décrit par Poey d'Avant, n** 6108, et non gravé, est postérieur à 4323, puisqu'il porte en légende LVDOVICVS CODLOS ET CY. Il est du reste d'un type tout à fait différent et n'a plus du tout les caractères d^imitation d'une monnaie rovale.
L'atelier qui a émis ces QQU)nnaies ne peut être que celui d'Ivoy et il me parait difficile d'admettre pour donner satisfaction aux deux systèmes que les comtes de Chiny aient battu monnaie en même temps à Ivoy et à Ives prés de Florennes.