SÉRIE. -> SÉRIE ABBATIALE
C'est la série dans laquelle M. Dewismes a fait connaître le plus grand nombre de pièces, une surtout dont l'importance est capitale, puisqu'elle porte le nom des deux abbayes et explique la présence de deux crosses. L'abbaye de Saint-Bertin était la plus haute dignité ecclésiastique de la Flandre. Les comtes eux-mêmes n'avaient pas dédaigné de porter le titre d'abbé. Plus tard ils en restèrent les avoués, c'est-à-dire les protecteurs laïques. L'abbaye de Saint-Bertin fut primitivement sous l'invocation de Saint-Pierre. Plus tard ce Saint continua d'en être le patron conjointement avec le fondateur du monastère, mais il n'en faut pas conclure que toutes les pièces portant le nom de PETVS ou un personnage portant une clé soient les plus anciennes, l'abbaye de Cluny, cette archi-abbaye s'étant imposée aux grands monastères du Nord et y ayant maintenu l'invocation de Saint-Pierre.
647. 9 AVDO COARVS. Deux crosses séparées par un rameau. ^. BERTINVS. Croix cantonnée de huit globules, quatre gros et quatre petits, les petits issants du centre et formant une deuxième croix.
Argent. Maille. Collection Herwyn à Bergues. (Dewismes, n? 34).
PI.XXVI, nMO.
Ces deux crosses sont les signes abbatiaux de Saint-Bertin et de Sainte-Marie ou Saint-Omer.
M. Hermand n'avait pas connu celte pièce, mais il avait déjà formulé l'opinion que les deux crosses étaient les emblèmes de ces deux monastères, et son ingénieuse conjecture se trouve aujourd'hui pleinement justifiée par la découverte de la pièce portant les noms des deux saints.
648 . STS OSTS . Deux crosses adossées entre lesquelles un rameau . ^ Croix cantonnée aux 1"' et 4" d'un lis, aux 2® et 3* d'un S, bordure d'ornements.
Argent. Petit denier. Poids 0^43.
(Dewismes, n^ 55), PI. XXVI, nMi.
649. *i SOS ^ SOS. Deux crosses coapant la légende par le bas. ^. 9 SOS S£S. Lettres séparées par des annelets.
Argent. Maille. Poids 0».30.
(Dewismes , n? 56) .
Ce n'est pas à dire pour cela que toutes les mailles qui portent deux crosses appartiennent à Saint-Omer; Leiewel avait classé à Tournay une maille à double crosse et à deux fleurs de lis; Poey d'Avant, PI. CLIX, n** 3, et Dewismes, n® 57, la classent à Saint-Omer; M. de Longpérier (1) observe qu'elle diffère complètement par son style des monnaies de cette ville et qu'il n'y a aucune raison pour l'enlever à Tournay.
650. ^ SOS 00 SOS. Chaque lettre séparée par un annelet alterné gros et petit. Dans le champ, une crosse entre deux annelets et deux étoiles à cinq pointes. ]^. S 00 S ro. Séparées comme sur le droit, double croix.
Argent. Petit denier. Poids 0».42.
(Dewismes^ n^ 58).
PI. XXVI, no 12.
651. ^ SOT*RSO. Dans le champ A surmonté d'une croix à double crosse. ^, * SOT * SOO). Double croix.
(Dewismes, n^ 59)- PI. XXVI, nM 3.
Un autre type de la série abbatiale nous offre un personnage tenant une clé. Le prototype est la maille à la légende S PETVS (n° 12, de Poey d'Avant). M. Dewismes en donne les dérivés suivants : a^ 50 et 51 , qui ne portent plus la légende S Petus,
652. Personnage debout tenant une clé. ^, Double croix dont une fleurdelisée coupe obliquement la légende SO SO.
PI. XXVI, n° 14.
653. Personnage debout tenant une crosse et bénissant de la main droite. ^. Double croix, dont une lancelée et l'autre fleurdelisée. Anépigraphe des deux côtés.
PI. XXVI, n« 15.
(i) Revue Numismatique française 1S68, page 392.
Il nous semble qu'il faut ajouter à cette série, le &<» 10, de Poey d'Avant, 35, de Dewismes, que celui-ci classe dans la série commanale ainsi que nous l'avons dit plus haut.
654. Personnage tenant de la main droite une fleur de lis et de Tautre une clé. ^. S0^£ S0(^£. Croix cantonnée de globules allongés. Argent. Petit denier. Poids 0^.38.
(Dewismes, PI. II, n^ 35).
PI. XXVI, n*>16.
653. Cercle concentrique d'où parlent trois grands A distincts, une crosse et un signe fruste, peut être une seconde crosse. ^. Croix cantonnée de quatre points, en légende quatre e séparés par quatre écussons en forme de croissant. Argent. Petit denier. Poids 0«f.45.
(Dewismes, n^ 59), PI. XXVI, nM 7.
656. Main bénissante. En légende SOS SOS séparé par une étoile à six rayons en haut et en bas. i^. OCrne C0£00€. Croix cantonnée de quatre croissants rattachés au centre par un trait et formant une deuxième croix.
(Dewismes, n* 53).
PI. XXVI, nM8.
Enfln M. Dewismes attribue à Louis VIII le denier suivant :
657. STOOe STOOG. Un annelet après TS, trois autres après chaque groupe de deux lettres, tête de proGl couronnée, tenant un bâton surmonté d'une fleur de lis. ^. SOOOe SOCO£. Chaque lettre dans une bordure de guirlandes, croix cantonnée de quatre points en amande.
Argent. Petit denier. Poids 0«.44.
( Dewismes j n? 69).
PI. XXVI, n« 23.
H. Deschamps de Pas attribue à Saint-Omer le denier n"* 19, PI. CLVil, de Poey d'Avant, qu'on a lu jusqu'à présent Majusrem et classé sans raison à Mehun-sur-Yèvre. Ce savant, si versé dans la numismatique flamande, y lit MADVS REM et en décomposant cette légende y trouve les éléments de lAoneta Saiicti AVDEMR. Les lettres S E cantonnées dans les bras de la croix paraissent à M. Deschamps de Pas un autre argument en faveur de l'atelier de Saint-Omer.