VIERZON
C'est à Blanche de Joigny, épouse et- puis veuve de Guillaume II, vers 1250, et tutrice de son fils Hervé, qu'appartient le denier avec la légende ALBA DOMINA et portant au revers un écu chargé d'un fleuron. Cette attribution est certaine, dit
M. Buhot de Kersers (1). Elle est adoptée par H. le comte de Toulgoet(2), et nous renoDçoQs très volontiers, en présence de cette explication historiqae, à la lectare assez conjecturale de B. Pi lion lOARX, que nous avons mentionnée page 95. En rendant compte de cette nouvelle attribution, Tauteur de la Chronique (3) se demande si le type héraldique de ce denier ne serait pas une reproduction maladroite des armes de Vierzon, qui paraissent avoir été an écartelé, et de celles de Joigny, un aigle, celui-ci brochant sur le tout.
CHARENTON
La numismatique de celte seigneurie, si féconde en imitations, parait destinée i s'enrichir fréquemmont de types inédits. En voici un tout à fail original.
673. ^ DOMINVS. Croix cantonnée de deux besants aux 4*' et 4' et de deux
croissants aux 2^ et 3". ^. 9 CARENTONIE. Grande fleur de lis surmontée de
deux trèfles sur pédoncules.
Billon. Denier. Unique. Poids 0«.80.
Collection Gauchery, à Vierzon.
PI. XXVII, n<>6.
Une certaine incertitude plane sur la lettre initiale du nom du seigneur, qui a frappé cette pièce. M. Buhot de Kersers (4) voudrait y voir un E et rallribuer à Ebbes VI ou VII, qui vécurent de 1179 à 1212; le style de la pièce me paraît s'y opposer complètement, et je n'ai pas distingué les trois traits qui, pour former la lettre E, se placent à angle droit sur le trait horizontal ; on peut encore y voir la lettre I ou L entre deux croissants et Tattribuer à Louis ou Jean de Sancerre. De l'examen attentif que j'en ai fait, il résulte pour moi la probabilité que cette lettre est un R et qu'il faut classer cette intéressante monnaie à Renaud de Montfaucon.
Nous avons publié, page 100 et PI. VII, n' 11 bis, le denier de Renoul de Culent, seigneur de Charenton, denier dont un certain nombre d'exemplaires rencontrés dans la trouvaille de Jonzac ont été disséminés dans diverses collections. Ils étaient en même temps étudiés par Gariel (5) qui l'attribuait à Raoul II de Culent, et par M. Richard (6).
(i) BuUelia des Antiquaires du Ceotre 1882, page 300.
(2) Histoire de Vierzon, page 175.
(3) Revue Numismatique française 1884, page 173.
(4) Bulletin Numismatique du Cher 1883, page 36.
(5) Annuaire de la Société de Numismatique 1882.
(6; Mémoires de la Société des Antiquaires de TOuest 1882.
Celte allribution ne satisfait M. Buhot de Kersers (1) et il cherche une autre hypothèse dans Thistoire de cette seigneurie, et s'exprime ainsi :
« Du mariage deMathilde deCharenton avec Renaud deMontraucon, avant 1202, sont issus trois enfants, Renaud III, aussi seigneur de Montfaucou et de Charenton, qui épousa Isabeau de Courtenay; Guillemette ou Guillerme de Charenton, qui épousa Anséric deTocy, seigneur de Baserme; et Sybille, qui épousa Robert de Bomiers. »
« Renaud III meurt sans entant avant 1244; Hahaut, sa mère, parait n'être morte qu'en 1249, et sa succession est partagée .en 1250. Montfaucon est attribué à Robert III de Bomiers, fils de Sybille. La seigneurie de Charenton est partagée entre les enfants de Guillemette et d* Anséric de Tocv. Charenton môme écheoit à Agnès de Tocy, qui épousa un membre de la famille de Culenl, et par ce mariage celui-ci devient seigneur de Charenton entre 1250 et 1255. »
« A cette dernière date Agnès, devenue veuve, épousa en deuxièmes noces Guillaume de Courtenay et lui apporta en dot la seigneurie de Charenton, qu'ils vendirent ensemble au comte de Sancerre, en 1264. »
« On voit, continue M. Buhot de Kersers, que c'est au premier mari d'Agnès de Tocy, seigneur direct de Charenton, que paraissent devoir être attribués les deniers en question. »
Mais ce premier mari s'appelait Guillaume et non Renoul. Il était fils de Renoul I®*" de Culent. L'attribution de M. Buhot de Kersers n*est possible qu'en supposant que la Thaumassière l'a mal nommé Guillaume au lieu de Renoul. Elle n'est donc pas moins hypothétique que celle qui avait été proposée d'abord.
xNEVERS.
674. En môme temps que nous publiions le denier d'Yolande, n** 5, PI. VIII, M. Buhot de Kersers en faisait connaître un beaucoup meilleur exemplaire. * ICOMITISSA. Croix auxerroise cantonnée d'un annelet au 1*^ ^. ^ NIVERNENSIS. Deux étoiles à six pointes séparées par deux fleurs de lis, le pied en dehors.
Argent. Denier. Poids 0».965. Collection Berry, à Bourges. (Bulletin des Antiquaires du Centre i 882 f page 395 J.
« La première lettre de la légende I, dit M. Buhot de Kersers, est suivie d'une apostrophe abréviative. Elle est certainement l'initiale du nom de Yolande, épouse
(1) Bulletin des Antiquaires du Centre i882, paget ^ et suivantes.
de Jean Tristan. Car le type du revers est celui qu*adopta Jean Tristan et que conservèrent encore les premières monnaies de Robert de Dampierre, deuxième époux d'Yolande. On peut regarder comme certain que cette pièce fut frappée par cette dame pendant son veuvage, vers 1270 et 4271 . »