DREUX
7. Type chinonnais. A gauche un £ ; à droite une croisette ; au-dessous un (0 dégénéré, i^. ^ DRVCAS C...TEI. Croix cantonnée d'un besant au 2®. Denier de billon.
Collection Neilz, à Vendôme. — PI. I, n° 7.
Cette pièce a été publiée par nous dans le Bulletin de la Société archéologique de Vendôme, en 1863. Dreux, après avoir été possédé par des comtes particuliers, passa entre les mains de Richard P% duc de Normandie, soit par voie de retour après l'extinction de la famille du comte Geoffroy, soit à la suite d'une guerre qui désola ces contrées à la fin du x^ siècle et ruina notamment l'abbaye de Coulombs. Eudes, comte de Chartres, épousa Mathilde, fille de Richard P', avant l'année 996. Il avait reçu en dot la moitié du château de Dreux et s'était emparé de l'autre moitié, puis avait cédé la totalité au roi Robert avant 1025.
Nous croyons avoir établi que cette pièce a été frappée par Eudes entre 996 et 1025, mais plutôt vers 1017, époque à laquelle il possédait toute la chatellenie.
Ce type chinonnais, apporté à Dreux par le comte de Chartres, n'y fut pas maintenu. Le véritable type de Dreux est le type du Chatel qui fut continué par les rois de France, Philippe P' et Louis VI. Les deniers de Philippe P' au Chatel, frappés à Dreux , étaient assez nombreux dans la trouvaille de Pacy-sur-Eure, et le denier décrit par M. Poey d'Avant sous le n° 87 et sur lequel il éprouvait une certaine hésitation, doit être attribué à ce roi.
Duby a publié le denier au Chatel de Dreux, qui porte au droit HVGi& C-OMITI, et au revers DRVCAS CASTA. Ne trouvant pas de comtes de Dreux du nom de Hugues, il rechercha les alliances des filles de cette Maison
avec des seigneurs portant le nom de Hugues. La première qu'il rencontre est le mariage d'Elisabeth, fille de Robert de France, premier comte de Dreux de la Maison de France, laquelle épousa en 1178 Hugues, seigneur de Broyés et de Château-Villain. Il cite deux autres alliances en 1205 et en 1229, et il ajoute : « Un de ces seigneurs aura peut-être fait battre monnaie à Dreux avec le titre de comte. »
Cette attribution si dubitative ne pouvait être admise par la critique moderne. En dehors des considérations historiques que nous allons présenter, le style de ce denier, la forme des lettres et notamment de TOi cruciforme en font évidemment une pièce de la fin du x® siècle ou du commencement du \f ; c'est ce qu'avançait Poey d'Avant dans la description de sa collection, page 383. Mais dans son ouvrage sur les monnaies féodales de France, il estime que les monnaies au nom de Hugo comiti doivent prendre place vers la fin du xi® siècle et qu'elles seraient les imitations du denier assez indéterminé qu'il attribue à Philippe ¥\ PI. II, n'* 23 de ce dernier ouvrage.
Nous ne pouvons partager cette opinion. Nous avons aujourd'hui bien des termes de comparaison inconnus à Poey d'Avant, le denier d'Hugues de Meulent, publié par M. B. Fillon dans le catalogue Rousseau, celui de Roger P', évéque de Beauvais et seigneur de Nogent, publié par nous dans l'Annuaire de Numismatique, celui d'Amaury de Montforl, seigneur de Nogent, publié par M. Penchaud. Enfin nous avons trouvé dans l'inépuisable collection de M. Gariel un denier portant au droit Hugo comiti et au revers Nuicete.
Ce qui n'était qu'un type isolé est devenu une famille. Où a-t-elle pris naissance, à Dreux ou à Nogent? Nous devons entrer, pour la fixation de celte origine, dans certaines recherches historiques qui trouveront leur place sous la rubrique de Nogenl-le-Roi. Mais signalons une variété du denier de Dreux.