AGEN
276. * °A EPISCOPVS. *. Dans le champ, quatre croiseltes pattées posées en croix, alternant avec cinq étoiles à six raies, r. "î" "ÂGENENSIS. *. Dans le champ, croix pattée à branches égales. Argent. Obole. Poids 0-".32.
Collection Galy.
(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord. Tirage à part 1880. Vignette.) PI. XI, n"18.
Voilà donc enfin retrouvée cette monnaie Arnaldèse, qui était si répandue au moyen âge , à en juger par les nombreuses mentions contenues dans les chartes et qu'on avait vainement cherchée jusqu'à ce jour. Ainsi tombent les attributions hypothétiques, qui s'étaient successivement produites sur le type de cette monnaie, depuis celle de Ducange qui avait donné le nom d'Arnaudines aux monnaies des comtes de Lectoure, de Carcassonne et de Comminges, jusqu'à celle de M. de Saint-Amans (1), qui pensait que le type des anciennes monnaies royales avait toujours été le modèle des espèces Arnaldèses, et que tous les évoques d'Agen
(1) Recueil des travaux de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen IS55.
qui olitinrent le droit d'en émettre, avaient toujours laissé subsister sacramenlellement et sans y rien changer, le nom même et les empreintes des espèces royales. En d'autres termes, il pensait que c'était l'immobilisation du type Carolingien ou odonique.
La monnaie publiée par M. Galy porte l'initiale A. Elle ne peut être attribuée qu'à un Arnaud, puisque la monnaie d'Agen portait dans les chartes les noms d'Arnaldense, Arnaldèse, Arnaldine, Arnaudine, Arnauldinque, Arnaudeus, Arnaudi, Arnaudena, selon la langue employée pour la désigner, latine, française ou patois. Cette dénomination exclut Adalbert qui fut évoque d'Agen de 1118 à 1127 environ. Restent deux évêqucs du nom d'Arnaud, Arnaud do Boville. vers 1040; Arnaud II de Rovilhan, de 1209 à 1228. Le droit de monnayage d'Agen remontait certainement au milieu du xi"" siècle. En effet, le duc d'Aquitaine, probablement Guillaume VIII, confirmait à l'évêque Simon (1083-H01) le bénéfice de battre monnaie qui était déjà un don de son père. Guillaume VIII (Guy-Geoffroy) règne de 1038 à -1087, et son père Guillaume VII, de 1039 à 1058, était le contemporain d'Arnaud de Boville. Depuis, Richard Cœur-de-Lion, soit comme due d'Aquitaine, soit comme roi d'Angleterre, renouvela par deux fois à l'évêque d'Agen, Bertrand de Beceyras, les concessions faites par ses prédécesseurs. Or Bertrand de Beceyras occupa le siège épiscopal d'Agen de 1183 à 1208; il était le prédécesseur immédiat d'Arnaud II. Ce dernier ne put donc donner son nom à la monnaie Arnaudine, qui existait avant lui, et ce fut bien Arnaud I" de Boville qui en fut le parrain.
Mais ce n'est pas à dire pour cela que la monnaie publiée par M. Galy soit émise par Arnaud de Boville, et remonte à la première moitié du xi" siècle. M. Galy insiste sur ce point, que dans divers traités les prélats juraient de ne rien innover dans la fabrication de la monnaie Arnaldèse, d'en maintenir le titre, la loy, le poids, la taille et tous les autres caractères, ce qui implique nécessairement l'immobilisation du nom d'Arnaud, de la légende et des symboles gravés dans le champ, que nous connaissons à présent.
Ou doit conclure de ces actes, que si le style de l'obole nouvellement découverte ne permet pas de l'attribuer à Arnaud II, il n'en résulte pas qu'elle ail été émise par Arnaud 1", et qu'elle peut être l'œuvre d'un des prélats intermédiaiies employant son nom immobilisé . Les successeurs d'Arnaud II restèrent fidèles à ce type traditionnel, qui jouissait d'une excellente réputation et ne fut jimais l'objet d'aucune censure, ni prohibition de la part des rois de France. M. (îaly érrit qu'au temps de sain! Louis, cinq deniers alnardins valaient quatre
deniers tournois. M. de Saint-Amans avait fait connaître un compte d'Alphonse fie Poitiers, de 1252, qui porte que 1200 livres arnaldèses valaient 1000 livres tniiiiiûis. Ce ne fut, parait-il, qu'au xiv* siècle que les possesseurs de la monnaie Agenaise altérèrent le titre do leurs espèces, qui furent refusées par les consuls de Cahors.
M. Galy se demande si la monnaie qu'il pulilie est bien une ohole. Elle ne [lèse que 0".32, et fut-elle bien conservée, elle n'atteindrait jamais le poids d'une obole de la première moitié du \f siècle. A cette époque les oboles de .Melle pesaient O'.oO et plus. M. Galy nous fait connaître, d'après M. de Saint-Amans, que le chanoine Labenaisie, auteur d'une histoire manuscrite de l'Agenais, avait vu vers la fin du xvii*^ siècle, aux archives de l'évêché, les coins de la monnaie cpiscopalc, qu'il y en avait de grands, de moyens et de petits et qu'ils portaient une croix. Si cet historien, au lieu de ce contenter de cette indication peu scientifique, avait eu le soin de les dessiner ou seulement de les décrire, il aurait coupé court à bien des dissertations.
La coutume de T.astera Bouzet, rédigée en langue patoise vers 1300. fait mention du Diné Arnaudin, Mealbia Arnaldinia et P. Arnaudina, sans doute Petita Arnaudina, ce qui correspond aux trois divisions des coins vus par le chanoine Labenaisie.
Or il y eut des pites (demi-oboles) en Poitou, à partir du xi"' siècle, et nos rois employèrent aussi ce module. Mais une obole de 0^.32, n'est pas une anomalie au XII'' siècle. Nous en avons publié une de ce poids. (Turenne, u" 19(3 .