‹ Monnaies féodales françaisesChapitre 119 sur 262 · BÉARN · texte numérisé non relu

BÉARN

L'explication des légendes des monnaies du Béarn, Pax et Honor forças, a soulevé bien des discussions. Il n'est aujourd'hui douteux poui' personne que c'est bien le mot PAX, quelle que soit la forme de l'A, que ses jambages soient ou non écartés, qui occupe le champ des deniers originaii'es. Sans admettre comme Duby, que dès 940, les vicomtes aient établi à Morlas un hôtel de monnaies, ei en rejetant au contraire bien loin un document qui leur donnerait le privilège au \' siècle , de battre de la monnaie d'or et d'argent , nous admettons que le monnayage du Béarn est très ancien et peut remonter au xi" siècle; le mol PAX peut l'aire allusion à la paix de Dieu; il peut aussi rappeler le nom des convenlions faites entre les gens des communes.

Le mot ONOR a bien la signification de seigneurie territoriale. M. Saige l'a péremptoirement démontré dans un opuscule (Paris 1861 , in-8"l.

M. de la Grèze a parfaitement expliqué le mol FORÇAS par le nom de Hourquic qu'aurait porté le château de Morlas et que porte encore aujourd'hui la principale place de Morlas, où les vicomtes du Béarn avaient leurs ateliers monétaires.

La légende, Pax onor forças, des pièces au type primitif, Pax honor fore/ ui« morlanes, des blancs de Gaston et de ses successeurs, n'est pas une légende banale et dépourvue de sens. Elle a son explication raisonnée dans la suite de .ses lypes.

Le monnayage pi'imitif du Béarn ne nous a, dans ces dernières années, révélé aucun monument nouveau. Ce n'est qu'à partir de Gaston de Foix, que nous Innnons quelques monnaies inédiles.

(iASTON DE FÛIX. It36— 1471.

280. ^ GASTO s DSI S GRACIA § DOJTÎIPVS S BeARNlÉS. Le comte a l'heval coiffé d'un arraet, se couvrant d'un bouclier et tenant l'épée, le tout dans une bordure de douze lobes. Les quatre lobes libres sont oicupés par un écusson rond rempli par une croix grecque, fi. "î» DOn?invs ILLV<PIPATI0 <PeA ei SÂLVS. Dans le cbamp, croix fleurdelisée cantonnée aux l" et f li'uno éjiée, aux S'" et 3' d'une vaclie, le tout dans un cercle de quatre lobes.

Or. Grand écu. Poids, 18^.82, devait peser au moins 19*-'. a\ant d'avoir été

pei-cé. Cabinet de France.

PI. XII, nM.

l'.ette pièce est-elle une monnaie ? Elle en a bien tous les caractères. Le type du cavalier, les légendes, la forme de la croix et ses ornemenls, ne diffèrent en rien du cavalier ordinaire de Gaston. Mais d'un autre côté, elle n'est pas le multiple exact des cavaliers qui ne pèsent en général que 3^.43. Enfin elle a été percée et portée comme ornement ou décoration ; elle est contemporaine des médailles d'or dites de l'e.xpulsion des Anglais, et d'une médaille de Jean, sire de Dombes (1459), de même métal et module (1^. Il y a là un rapprochement curieux pour l'bistoire de l'art.

281. "î" GASTOPVS S DPS S eSARÎ?! . Croix cantonnée d'un o ^l'i 2'. et d'un G au 3^ ^. >îf PAX ST bOPOR FORQV. M. Ecu aux deux vaches.

Billon. Demi-blanc. Poids 1-.38.

Collection Gariel. PI. XII, n" 4.

282. -î" Petite vache. GASTO ' D^S NA. Croix longue cantoniirc de deux besants aux 1" et i' et d'un 6 au 4''. R. Petite vache. HOPOR FORQVIfi. Vache dans le champ.

Cuivre. Liard. Collection Meyer. PI. XII, n" o.

Page 1