CHARLES IL
Poey d'Avant ne fait connaître pour ce roi que des saints d'or et d'argent, des doubles deniers et des gros à la tête et des carlins. Il étuit au moins singulier que pendant un règne de plus de 24 ans, ce prince n'eût pas émis de monnaies divisionnaires et, en effet, nous en avons rencontré quelques-unes.
332. ^ K " S ° IbR ° CICIL REX. Croix, â. i^ COMES PVINOIE. Chatel tournois surmonté d'un lis.
Denier. Billon. Collections Gariel et Caron. PI. XV, n^S.
(1) Bévue critique, 4« année, page 346.
Ce denier se trouvait en plusieurs exemplaires dans la trouvaille de Sierck; il était connu depuis longtemps; son absence dans l'ouvrage de Poey d'Avant ne peut être qu'une omission.
353. ^ KAROL SCD REX. TCte de face couronnée. ^. ^ S IfîRL S HT S SIGIL. Croix fleurdelisée très finie.
Denier. Billon. (Revue Numismatique française 1860, PL II, n° 4). PI. XV, n"9.
3o4-. Le même. Cuivre. Collection Meyer.
355. "î" kAr....EX Couronne dans le champ. ^. ^ COfAÇ,S pede77io?iTÏS. Croh fleurdelysée.
Bas-billon. Denier. Musée de Marseille.
PI. XV, n" 10.
C'est le denier coronat dont M. Carpentier parlait (1) et qu'il n'a pas publié malgré, disait-il, son attribution incontestable. M. Laugier a bien voulu nous en envoyer le dessin.
D'un autre côté. M. Blaneard nous fait connaître divers documents, qui font présumer qu'il reste d'autres monnaies à retrouver.
En 1294, Charles II confirma le privilège donné par son père à Giraud, de Mnret, sur la monnaie à Sisteron. C'est le privilège dont nous avons parlé plus liaut et qui se rèduil, d'après la dernière lecture de la charte, à un droit sur la criée. Mais en 1296, on aurait recommencé à frapper à Forcalquier, sans doute, selon le type des Guillelmins; en 1297 (2), Charles ordonna à Aix la fabrication d'une monnaie forte grossi pretû, mais le bon aloi de cette monnaie tenta la cupidité des changeurs ; il dut y renoncer et ordonner en 1 298 (3), la fabrication de nouvelles espèces et la démonétisation des anciennes à l'exception des royaux couronnais Provençaux et des royaux Marseillais . Quelles sont ces espèces nouvelles ? M. Blaneard nous apprend (loco citato) que ce sont les gros à la tête dont le poids est de 3^. et les doubles deniers à la tête.
Nous relevons encore, dans l'inventaire des archives des Bouches-du-Rliône,
(1) Revue Numismatique française ISGO, page 346.
(2) Revue Numism;.lique française 18S3, 3^ livraison.
(3) Blaneard, page lo-j, Archives des Bouches-du-Rhône.
deux articles intéressant la nuinismatisque ; un règlement de Charles II, concernant les monnaies (!) et un autre de 1307, concernant les monnaies du Piémont (2).
>'ous venons de faire connaître sous le n° 333 le denier coronat du Piémont ; il il a été en outre publié des demi-gros avec la légende COMSS PSOS MONTIS autour des armes d'Anjou (Collection San Quintinoi, et il reste à retrouver des gros dont l'émission résulte d'une charte signalée à .M. de Longpérier par M. de San Ouintino (3).
Ce ne fut qu'à la fin de 1302 que fut créé le gillat ou carlin. Ce type était emprunté cà celui des sénateurs de Rome, qui représentait Rome assise sur un trône de forme byzantine et puis sur un pliant à têtes de lion. Le nom de Gillat vient de l'italien (Gigliati) lis, celui de carlin, du roi Charles II qui l'émit le premier. Ce carlin ne présente qu'une seule légende au revers, bOROR R0GIS ILDI0II5- DILIGIT, légende tirée du 98^ psaume. M. Blancard ne serait pas éloigné de croire que cette fabrication a pu être continuée par Robert comme un hommage rendue à son prédécesseur (4).
ROBERT. 1309— 13 i3.
Je ne connais pas de monnaies d'or de Robert. Il y a lieu de s'étonner que pendant son long régne il n'en ait pas frappé. Mais la production des carlins fut considérable. Poey d'Avant en donne huit variétés et même dix en y comprenant deux pièces auxquelles il donne à tort le nom de demi-carlin ; leur poids de 3^.20, quand le poids moyen des carlins n'est que de 3'.90, se refuse à cette dénomination. Une trouvaille considérable de ces carlins a été faite à Ephèse (Asie- Mineure). Elle n'en contenait pas moins de 1422. Ils étaient répartis en dix-huit variétés, dont douze au revers de Eonor l'egis judichim diiujit et six avec cornes provincie et Forcalqiterie. Ces variétés ne consistent que dans des interversions ou des omissions de lettres. Nous nous contentons d'indiquer leur existence et l'article qui les a révélées (3). Du reste, M. Blancard (6) cite deux actes qui prouvent que cette monnaie, jouissant du plus grand crédit, les successeurs de Robert en continuèrent la fabrication; le premier est un article d'un contrat monétaire du
(1) Archives des Bouches-du-Rtiône, page 418 .
(2) Archives des Bouches-du-Rhôiie, page 430.
(i) Revue Numismatique française 1S66, pages 346 et suivantes.
(4) Revue Numismatique française tS83, 3* livraison.
(.5) British Numisniatic chronicle 1872.
(6) Revue Numismatique française 1883, 3= livraison.
23 avril 1372, qui stipule que le maître de la monnaie de Tarascon frappera des gillats semblables à ceux de Naples avec l'image du feu roi Robert, ymago bone memorie domini régis Roberti, et le deuxième un procès-verbal du 15 décembre 1411, sous le règne de Louis II, qui constate que dans la boîte d'essai de la monnaie de Tarascon, on retrouva un carlin d'argent à l'image du roi Robert.
Poey d'Avant a publié, d'après Duby, PI. LXXXIX, un carlin de Robert, qui porterait au revers la croix de Lorraine. Rien n'explique sous ce roi ce signe béraidique que nous retrouvons dans le monnayage de René. (Voir notre PI. XVI, n"11).
Robert continua aussi la fabrication des gros d'argent à la tête couronnée.
336. "î" RO S IbR S SIGIL REX. Tète imberbe du roi couronnée et portant le paludamentum aux armes de Provence. ^. *b 00M6S S PR0VINGI6. Croix fleurdelisée avec un quartefeuille au centre.
Argent. Gros. Poids 28.70.
Collection Gariel.
PI. XV, n'MI.
Duby a connu une monnaie a peu près semblable, qui a été reproduite par Poey d'Avant. Mais leurs dessins secs et durs ne rendent ni le style de la tête et des légendes, ni même le module de la pièce; et la croix du revers au lieu d'être lleurdelisée est simple et cantonnée d'un R au 2".
C'est à Robert que remonte l'apparition du double denier suivant.
337. ^ RIb R6T SIG R6X. Croix fleurdelisée coupait la légende et cantonnée d'une fleur de lis au 1" et au 4^ ^. 8 DGnDVPlsGX. Dans le cbamp pU JE en deux lignes sous une couronne.
Billon. Double denier. Pi. XV, n" 12.
Ce double 1res commun a été indiqué par Poey d'Avant sous le n° 4002. Mais il n'a pas été gravé. Nous croyons cependant que c'est lors de la création d'un lype qu'il importe le plus de le faire connaître.
358. «î» IbR GT SIGIIi RGX. Dans le cbamp sous une couronne, ROB et V au-dessous. i^.'i'GOMGS PROVIGIG. Croix cantonnée d'une fleur de lis au 2'. Billon. Denier. Poids 1?.12.
Collection Caron.
PI. XV, i\° \'i.
l'oey d'Avant a public seulement l'obole.
339. ^ R • IhR ei SIOIL ReX. Couronne dans le cliamp. r. CO' SSP VIP GI6- Croix coupant la légende.
BiJion. Obole. Poids 0°.o3.
(Revue Numisniatiqtie française 1860, Pi. X, n° 8 . PI.XV, n" 1.5.
.■^60. ^ RO...T. IfîRL ei SGIL'. Dans le champ RSX sous une couronne. Ê. * COM...PeDeiV!ONTlS. Croix fleurdelisée. Billon. Petit couronnât. Poids 0?.90.
(Revue Numismatique française 1866. Pi. XIII. n° 7). PI. XV, nMi.
Poey d'.4vant a publié, PI. XC, n° i, un denier fruste, sur le revers duc|uei sont les lettres 5I?0....eN: il propose d'y lire andecaven; ne serait-il pas pJus exact d'y lire aven. La ville d'Avignon appartenait en entier aux comtes de Provence, par suite de la cession qui avait été faite en 1290, par Philippe-le-Bel, de la moitié de cette ville à Charles II, d'Anjou, qui était déjà propriétaire de l'autre, et ce ne fut que le 12 juin 1348 que la reine Jeanne vendit toute la \ille au pape Clément VI. moyennant 80,000 florins.
JEANXE.
''361. lObAPA DI GR IhR SICIL REG. La reine debout sous un portail gothique tenant le sceptre et l'épée, vêtue d'une longue robe semée de fleurs de 1\>. Dans le champ les armes de Provence répétées deux fois. ^. XPC * VlT?CiT * XPC * ReGRÂT * XPC * IMPGRAT. Croix ornée d'un triple feuillage à l'extrémité de chaque branche, cantonnée de deux couronnes et de deux tleurs de lis surmontées chacune d'un lambel, le tout dans un cercle formé de quatre lobes et quatre angles accompagnés de huit petites fleurs de lis. Or. Musée de Marseille.
(Lauyier, Revue Relge 1876, PL XVIII, n" 6 ■ PI. XV, n° 16.
Ce type sort du type banal des francs à pied, et pourrait être le portrait de la reine.
Il s'en est rencontré trois exemplaires dans le trésor découvert rue Vieille-du- Temple, à Paris, ils ont été vendus de 160 à 200 fr.
362. li" lObffi S IbR S ET S SICILIE % REGRA. Couronne fleurdelisée, entourée de sept lis, deux en haut, un de chaque coté, trois au-dessous, à. Fleur de lis
entre quatre annelels . aOMITSA S PVOE S ST S FORCrLQE. Croix couronnée à chaque extrénailé et cantonnée de quatre lis. Or. Florin. Poids 3«.50.
Collection Charvet, adjugé après son décès 480 fr.
PI. XV, n" 17.
363. S^S lObïl S IbR S ST s SIC S REG. Buste de face couronné de la reine. Un manteau fleurdelisé couvre ses épaules. ^. lî» COMITSA § PVIGE S ST S F0RC3LQE. Armes de Provence et de Jérusalem.
Or. Poids 3-.50. Collection Morin.
(Revue Numismatique française 1860, PI. H, n° 7). PI. XV, nM8.
Cette pièce diffère complètement par le dessin du buste de celle publiée par Poey d'Avant, PI. XC, n" 12, d'après un exemplaire du Cabinet de France qu'il considérait comme unique.
364. * lObJ^ IbL 6T SIGIL . Dans le champ RfiG sous une couronne. ^. ^ COMTSfl PVIOe 6 FOR. Croix cantonnée de quatre fleurs de lis.
Argent. Double couronnât.
(Revue Numismatique 1863 et Catalogue Rollin, n° 489). PI. XV, n° 19.
363. iî< lObS^ IbRB R£G . Trois fleurs de lis sous une couronne.
R). >b COMlTSfl PVIRC Croix cantonnée au 2" d'une fleur de lis, au 3' d'une couronne.
Argent. Double couronnât.
(Revue Numismatique française 1863, PI- XVI, n° 7). PI. XV, n" 20.
366. * IbO. La lettre Y couronnée, i^. ... IG IGRL SICI. Croix fleurdelisée. Billon. Denier.
(Catalogue Tliomsen, de Copenhague, n" 2549, non grave'. Diamètre 0.15.
367, I IbR ET SICL REG. Type du carlin, mais la tête dépasse la légende. Hf. COMTS PVCE AK PDM. Croix coupant la légende cantonnée de quatre lis,
Billon. Carlin.
(Revue Numismatique 1860, PI. X, n° 9).
368. >îf lOb S AR ? IbR ? GLI 3 Grande nour do lis sous un lambel.
â. iji Fleur de lis sous un lambnl G...TSA* PVICe... FORQ. Croix cantonnée
de quatre petites croix de Jérusalem, Billon. Denier. Poids 0".63.
Collection Caron.
PI. XV, n"2l.
Exemplaire plus complet que le denier fruste de Poey d'Avant.
M. Blancard nous fait savoir que le 14 juillet 1362, le conseil général de Marseille députa quelques-uns de ses membres vers la reine Jeanne, pour lui demander l'autorisation de battre monnaie au titre qu'il plairait à la ville de fixer en vertu des privilèges monétaires contenus dans les chapitres de paix de 1257. La reine Jeanne accéda à cette demande et accorda des lettres patentes insérées tout au long dans le livre noir des archives de Marseille, folio 48, à la date du 10 août 1362. Nous ne connaissons aucune monnaie qui puisse se rapporter à cette émission, si tant est qu'elle ait eu lieu.
On n'a pas retrouvé de carlin de la reine Jeanne avec la légende onor régis judicium cli/ic/it, soit qu'elle n'ait pas voulu modifier le texte sacré et changer régis en regine, soit que, si cette légende est comme le pense M. Blancard un hommage posthume rendu à la mémoire d'un souverain, les successeurs de Jeanne n'aient pas cru devoir le lui rendre.