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COMTES DE LYON

La lecture et l'attribution des monnaies des comtes de Lyon ont fait dans ces derniers temps des progrés sensibles.

HUGLES.

■■■)3o. ^ CRAOADeî VGO. Dans le champ COMS . il. LVGVMS dVITS.

Croix,

Ar^rent. Denier. Poids H. 13.

r.ollection Guigue.

PI. XXII, irg.

Ces monnaies proviennent d'une trouvaille faite à la Villotle-d'Antlion piilili(''e par M. Guigue (I) et analysée par M. de I.ongpérier {2\

M. de Longpérier lit sur l'exemplaire ci-dessus LVDVNIS au lieu de LVGVNIS. Les autres exemplaires ollVent pour le nom de la ville les variantes suivantes :

LVCDVNS CIAITS. LVGDVNIS CIVITS.

1VDVNS CIVITS.

LVCVNIS CI.V.ITS.

LVCGVNS CIVITS.

Cette découverte sert à classer le denier n" 4997. PI. CXIII, n" 4, de Poey d Avant, dont le dessin porte assez visiblement HVGO ii< GRACIA P et dans ie champ COMS, mais dont il a donné une description erronée. Aussi ne trouvant aucun possesseur de Lyon, empereur ou comte, auquel on put appliquer les deu.x lettres HV, déclarait-il ne pouvoir classer ce denier.

M. Guigue a été plus persévérant dans ses recherches et il a été plus heureux. Il a trouvé, dans des chartes, des mentions assez nombreuses d'un comte Hugues, qui était parent de Conrad, roi de Bourgogne, et qui entre les années 937 et 948 exerçait son autorité dans le Lyonnais. M. Gariel (3) a tenté une autre lecture; sans tenir compte de la croisette qui se trouve après la lettre O et qu'il reporte avant la lettre C, il propose de lire COÏ^DAq. AbiPV Cotu-adus, Archiepiscopus, et dans le champ Cornes; il croit y rencontrer une monnaie émise en parùcipation par le roi, l'archevêque et le comte. C'est là une attribution plus ingénieuse que régulière et que ne lancerait sans doute plus aujourd'hui M. Gariel avec la connaissance si profonde qu'il a acquise du monnayage de l'époque Carolingienne. La lecture de M. Guigue, acceptée par M. de Longpériei-, est la seule admissible.

Hugues était contemporain de Guillaume II, comte de Lyon, et nous connaissons des monnaies au même type avec la légende VViLLELMVS cl COMS dans le

(1) Note sur les deniers d'Hugues, comte de Lyon, trouvés à Villette-d'Anlhon. Lyon ISlib.

(2) Revue Numismatique française 1867, page 4i7.

(3) Annuaire de la Socit'té de Numismatique 1867. page 142.

champ. Le procès-verbal du plaid du 28 raai's 944 nous fournil sur Hugues des renseignements précieux. Adhéraar, vicomte de Lyon, était accusé par les moines de Cluny d'avoir usurpé et de détenir sans droit la lerre de Thoissey leur appartenant. Hugues présidait ce plaid; il est qualifié de prince, de glorieux comte et marquis; il était assisté de Karl Constantin, comte de A'iennois; de Guillaume IL comte du Lyonnais; de Léotalde, comte de la Haute-Bourgogne, et de onze vassaux du roi. Adhémar soutenait que cette terre faisait partie de sa vicomte; il fut, néanmoins, condamné par le Marchio Hugues, son seigneur, seniore suo, à renoncer à ses prétentions.

Ainsi Hugues était plus élevé en dignité que le comte de Lyon. Ce n'était pas seulement parce qu'il portait le titre de prince et de marquis. M. de Longpérier a fait observer qu'au x*^ siècle, ces titres n'avaient pas le caractère arrêté qu'ils ont pris plus tard. C'était en quelque sorte des épithètes indicatrices du commandement, de la puissance effective. On disait d'un seigneur qu'il était dux, princeps ; cornes impliquait la juiidiction, marchio la garde militaire d'une frontière. Tout cela se cumulait. Hugues est qualifié en même temps des titres de prince, de comte et de marquis, mais ce qui prouve sa préséance sur Guillaume, comte de Lyon, c'est qu'il présidait le plaid et que Guillaume ne faisait que l'assister. Enfin il avait autorité sur le vicomte de Lyon dont il est qualifié le seigneur senior.

Frappé de ce titre de Marchio, M. de Longpérier ajoute cette remarque très judicieuse : C'est ce même titre que je lis sur les beaux deniers qui ont pour légende circulaire lî^WILELMVS monogramme et au revers LVGDVNI. Les deniers de Guillaume I" et de Hugues poilent le titre de Cornes et au lieu de cliercber dans le monogramme les mots cVImperator et de Conradus, on y lit tout naturellement le titre de Marchio. A l'appui de cette lecture nous reproduisons le monogramme, PI.XXII.nMO.

Telle n'est pas l'opinion de M. Rccamier qui a fait sur le monnayage de Lyon les études les plus complètes et dont la collection renferme un si grand nombre de types et de spécimens particuliers de Lyon. Il persiste à y voir dans le champ le nom de Conradus et de même que nous avons donné le monogramme où M. de Longpérier a lu Marchio, nous donnons le denier oii M. Recaraier lit Conradus. PI. XXII, n" M.

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