CHAMPAGNE
Le nom de Champagne ne désignait d'abord qu'une contrée et non une drconscription politique. Sous les Carolingiens et sous les seigneurs de la inai.son de Vermandois, il n'y avait pas de comté de Champagne ; il y avait des comtes de Troyes et Herbert II, devint le premier comte de Meaux ; lui et son fils Etienne ■sont appelés comtes de Troyes cl Meaux . Ce ne fut qu'après la mort de ce dernier, décédé sans enfants (1019), qu'Eudes, comte de Blois, s'empara de ces «oratés et se qualifia du titre de comte de Champagne (^C«m/3«/«'«) nom donné aux
vastes et arides plaines du coinlé de Troyes (I). Ces données historiques ne seront pas superllues pour l'examen du monnayage portant à la fois le nom de Troyes el celui de Meaux.
C'est donc sous Ja rubrique de comte de Troyes et non sous celle de comte de Champagne i]ue doit être placé le denier suivant.
")79. ^ LOTHARIVRI. Profil barbare à gauche. ^. ^ HER...RTVcn CO. Croix cantonnée de quatre besants.
Billon. Denier. Poids 1^.30. Collection A. de Barthélémy. (Chauffier. Revue Numismatique française 1867, PL V). PI. XXIV, n" 1.
M. Chauffier a cherché à se rendre compte de la présence simultanée des noms d'un comte Herbert et d'un roi Lothaire, et prenant en considération que ce denier a été découvert en Champagne, il l'a attribué à Herbert II (968-993) contemporain de Lothaire (934-986). Selon lui, ce denier a été immobilisé et il en publie deux autres présentant à peu près le même profil, mais dont les légendes sont complètement altérées. Nous en l'eproduisons un, sans avoir la prétention de rien distinguer dans les légendes.
380. *if Légende indéchiffrable. Profil barbare à gauche, a. <if I }^FI... Croix cantonnée de deux besants et de deux croisettes. Billon. Denier. Poids l?.22.
(Chauffier. Revue S umismalique française 1867 . PI. V. n° 8). PI. XXIV. n" i.
M. Chauffier fait remarquer que les mêmes croisettes se retrouvent en Bourgogne et à Langres. Xous ajouterons que l'O se rapproche de la forme ^ que nous avons signalée à Maçon.
M. de Longpérier n'admet aucune des attributions de M. Chauffier. Il considérait depuis longtemps le second de ces deniers comme de fabrication bretonne et le rapprochait du type d'Etienne de Guingamp ou de Conan (2). Quant au denier à la légende A'Herverlus, il trouve le style de la pièce trop moderne pour convenir au règne de Lothaire et il propose (3) de l'attribuer à l'abbave de Prum, dans la forêt des .\rdennes et d"v voir l'immobilisation de deux
(I) Henry Martin. Histoire de France, tome III, page 49.
{i) ReTue Numismatique française 1860, page 319, pi. XIV, n» 8.
(3) Revue Numismatique française 1868, page 230.
noms : celui de Herbert, comte de Laon, beau-père du roi Pépin et l'un des fondateurs de l'abbaye de Prum, et celui de Lotbaire II, roi de Lorraine, qui, en 861 , concéda à l'abbaye le droit de battre monnaie. Ce serait par reconnaissance que les moines auraient inscrit sur leur monnaie les noms de leurs deux bienfaiteurs.
Je n'ai jamais eu sous les yeux le denier dont s'agit; mais sauf la question du style, j'avoue que, malgré toute l'autorité qui s'attache au nom de M. de Longpérier, je préfère à son attribution celle qui se rattache à un comte et à un roi contemporains; je la préfère d'autant plus que nous allons vers le même temps, dans la même contrée, trouver des monnaie^ semi-royales dans la série de Reims.
La classification du monnayage entre les divers comtes du nom de Thibaut est bien établie pour Tiiibaut I" et Thibaut II, qui sont séparés de Thibaut III par un intervalle de près d'un demi-siècle (H 52 à M 97) occupé par deux comtes du nom de Henri.