INDÉTERMINÉES OU INCERTAINES
Au cours dos recherches que nous avons faites pour découvrir des monnaies inédites, nous en avons rencontré quelques-unes auxquelles nous n'avons trouvé aucune attribution vraisemblaMe. ÏNous croyons devoir les signaler à la perspicacité de nos lecteurs.
Un premier groupe se présente qui offre dans lo champ un type similaire composé de deux annelets et de deux croisettes et se rapprochant de celui signalé à Mantes. Dans l'incertitude où nous sommes nous-même, nous croyons préférable de ne proposer aucune lecture pour ne pas égarer les recherches.
683 et 684. Les deniers, PI. XXVII, n<" 10 et 11, proviennent tous deux de la trouvaille de Corbie recueillie par M. Letellier et enfouie de 1120 à 1138; l'un pesait 0^'.98 et appartenait à M. Hermerel, l'autre 1^.08 et se trouvait dans les cartons de M. Hoffmann.
685. Un exemplaire du même type était catalogué dans la collection Colson et est gravé sous le n° 12; la lecture du revers VN£ est certaine.
D'un style à peu près identique mais d'une époque plus récente, nous parait être la pièce suivante sur laquelle M. de Saulcy lisait :
686. iî< GVOR lî" VONIS en rétrograde. Dans le champ deux annelets et deux croisettes. i^. * ISO^'IIGOVII. Croix simple.
Piedfort. Poids 3-.îo.
Ancienne collection Jarry.
PI. XXVII, n" 13.
687. TETTtnaC Deux T et deux croisettes se rattachant au centre sur un losange évidé. ^. Caractères où dominent également les E les T et les C, croix cantonnée d'un point aux 1" et 4^
Billon. Denier. Collection Charvet.
PI. XXVII, n° 14.
Il y a une grande similitude de type entre ce denier et celui publié par Poey d'Avant, n" 6502, grave PI. CLI, n» 18, et que M. de Longpérier attribuait à Soissons, à tort selon nous. En effet les S sur la présence desquelles il se fondait sont remplacées sur notre denier par des T.
688. "î" EPISCOPVS. Dans lo cliamp H majuscule canlouuêe do qualre lleurons.
Kj. ^ DE REGVI. Grande Heur de lis avec deux étauiincs.
Denier. (Bulletin du Comité diocésain d'histoire et d'archéologie du Cher 1873, page '■257).
Cette pièce est signalée par M. Buhotde kersers dans son compte rendu annuel (1873-1874) des trouvailles du département du Cher dans le Bulletin des Antiquaires du Centre.
Elle est étrangère, malgré son enfouissement en pleine France et a été gravée par Lelewel, PI. XV, n" 12, pour l'évéché de Reggio.
Peut être la suivante n'appartient-elle pas non plus à la France.
(589. •!« ...COIS MON. Croix. ^. ... 3SNSIS... Croix doublement tleuronnée. Billon. Denier. Collection Hoffmann.
PI. XXVII, nM3.
Ces croix ne paraissent pas de faliriipie IVauçaise; celle qui s'en rapprocherait le plus serait celle de Bergues Saint-Winoc (Poev d'Avant, PI. CLXill, n° 13), mais notre monnaie est beaucoup plus moderne.
690. «î" .... D... !BNO. Oiseau regardant à droite, i^. ^LD'î'A.ii«..'î'OS. Croix cantonnée de quatre croissants avec un point au milieu. Billon. Denier. Poids 0^.98.
Collection Maton, à Laon. !
DifU .'' \^691. >i« PA...DAIBON. Oiseau tourné à droite, û. 'î'.D^AS'î'.B'î'OS. Croix
cantonnée de quatre croissants avec un point au milieu. Billon. Denier. Collection Rollin et Feuardent. PI. XXVII, n° 16.
Ce sont les deux exemplaires de la même monnaie et se complétant l'une par l'autre. Les légendes paraissent acquises, mais n'ont reçu encore aucune interprétation.
Ici se placent tout naturellement, comme termes de comparaison, deux deniers que M. Hermand avait classés à Montreuil dans sa collection et que M. Deschamps de Pas (1) propose de maintenir à cet atelier, bien que son existence soit contestée par M. Van Robais.
(1) Bulletin historique des Antiquaires de la Morinie, 10S« livraison.
()92. 'î< ALBR....VS. Croi\ pattée cantonnéo de quatre besant^. ^. ^ ME FECIT. Oiseau de profil à gauclie ayant la tête tournée à droite; dans le cliam]i un annelet.
Argent. Denier. Poids 0".80.
Collection Deschamps de Pas.
PI. XXVII, n'Tt.
()93. ^ ALB....CVS. Croix cantonnée d'un hesant aux 1" et 4'' et d'un S aux 2"' et 3^ ^. * ME FECIT. Oiseau de profil à gauche.
Cuivre recouvert d'une feuille d'argent. Denier. Poids 0^.88. Collection Descliamps de Pas.
PI. XXVII, n" 18.
Voici un autre exemplaire avec un nom différent de monétaire, à moins que les deux autres n'aient été mal lus.
094. «î" lAANICVS. Croix cantonnée de quatre besants . i^. f^ ME FECIT.
Oiseau à gauche la tète tournée à droite et un annelet près du liée. Billon. Denier. Collection Roliin et Feuardent. PI. XXVII. n°1î).
Nous reproduisons les caractères tels que les a dessinés M. Roman. M. Feuardent y lit lANNCVS.
Ces trois pièces sont certainement sorties du même atelier. Il est à remarquer cependant que l'oiseau est représenté dans deux positions et que sur l'un des deniers il ne tourne pas la tête à di-oite et que la croix est cantonnée de deux S.
M. Deschamps de Pas pense qu'à côté de l'atelier royal il a pu subsister à Montreuil un atelier comtal. Il rapproche ces pièces de celles frappées à Abbeville par le monétaire Godinus (Poey d'Avant, PI. CLVI, n" 13) et il en induit que le monétaire Albricus a pu être compris dans la charte de Jean I", comte de Ponthieu, de 1186, dans laquelle on lit : « Concessimus Godino et Symoni fratri ejus, heredibus que suisBalduino videlicet, fdio Godin, et filiis Symonis monetam nostram ». Les fds de Symon ne sont pas nommés, dit M. Deschamps de Pas auquel nous laissons la parole, et l'on peut admettre que l'un d'eux s'appelait Albricus. Tandis que le chef de la famille, Godinus, dirigeait l'atelier d'Abbeville, il a pu très bien se faire qu'un de ses neveux soit allé s'établir dans la seconde ville du comté poui- y exploiter l'atelier que les comtes y possédaient d'ancienne date, sinon pour on établir un nouveau. (]e numismatiste propose de traduii'e les deux S du cantonnement par Sancto Salvio l'abbaye de Saint-Sauve.
En poursuivant cotte Dviiotlièso, le monétaire nommé sur notre n" 693 serait un auti-e llis de Symon.
La date d'émission do ces deniers snrait très circonscrite, paisi]u'il faudrait la placer entre H 86, date du bail monétaire du comte Jean I", et 1 188, époque où Philippe-Auguste signa le bail de la monnaie de Monîrenil.
093. Croix centrale cantonnée de quatre petits croissants et douze petits écns en guise de légende. ^. Dans le champ quatre croissants autour d'un point central et séparés par quatre annelets, et à la place de la légende quatre écus alternant avec quatre croissants.
Argent. Poids O^.oO. Collection Albert Legrand. (Deschamps de Pas, loco citato, «" 3}.
PI. XXVII, n" 20.
M. Ueschamps de Pas croit reconnaître sur les écussons des signes de vairé el comme les comtes de Guines portaient de vairé d'or el d'azur, il ne serait pas invraisemblable pour lui que cette monnaie ait été émise par ou\, bien qu'aucun acte ne leur donne le droit de monnayage.
(590. ATOMEOAO les O i'ormés par un globule cerclé. Dans le cliamp l'ornement dit double crosse deu.\ fois répété, û. Quatre croiseltes séparent en quatre parties l'emplacement de la légende et dans chaque partie on voit nii écu. semé de points. Croix centrale cantonnée de quatre globules. Argent. Poids 0".iO. Collection de Monnecove. (Deschamps de Pas, loco citato, n" 4).
PI. XXVII, n°2l.
697. Eglise à deux clochers dont les toits sont terminés en batiére. Baies en plein cintre. Sur le faite un oiseau, a. "î" ITISAISI. Croix cantonnée de deux croisettos et de deux écus.
.4^rgent. Denier. Poids O'.TO. Collection de Monnecove. (Deschamps de Pas, loco citato, n° 5 . PI. XXVII, n" 22.
Ces trois dernières monnaies doivent appartenir au mémo atelier à en jufe'er par les écussons et les croissants semés de points.
698. SINTI MAe. Croix cantonnée de quatre croissants, il. OMARITIGI. Hosace à cinq nœuds entre lesquels des annelets.
Argent. Denier. Poids 0«.50.
(Dewismes, PL V, n° 79).
PI. XXVII, n" 23.
Cette pièce, dit M. Dewismes, porte distinctement le nom de Saint-Omer accompagné de quelques lettres dont nous pouvons difficilement nous rendre compte. Ce sont précisément ces lettres dont il fait abstraction pour ne retenir que SINT OMAR, qui nous font rejeter cette pièce aux incertaines. Nous reconnaissons cependant une certaine analogie avec la rosace du denier de notre PI. XXVI, n'-âl.
699. Anépigraplie, personnage debout tenant d'une main un lis et de l'autre un bâton de commandement ? ^. •î'R^N'ï'R^N. Croix cantonnée de quatre >îf.
M. Dancoisne (Monographie de l'abbaye de Saint-Waast, n° 8), attribue ce denier à cette abbaye, et à Robert, comte de l'Artois, le type est plutôt audomarois.
PI. XXVII, n"24.