X S 10 i bAS 1 DVX I BRI. ^. X CO(^£S RICbemOT
La plupiirl de ces pièces pnrient lObAS au lieu de lOHES dans le lypc publié par M. Bigot, PI. XXVI, n" 6.
90. «ï" lObANNES BRITORV DVX-V. Kcu chargé de trois hei-inines. i^. ^ SIT noroQ DRl BSRSDICTV. Croix cantonnée de deux hermines aux 1" et 4% et de deux couronnes aux 2'' et 3^
Blanc imité du Guénar de Charles VI, émis en 1388. Dessin communiqué par M. Fillon. l'I.ilI, n" 19.
Kssayons maintenant, grùcc aux travaux de M. de Saulcy, de meltre un peu d'ordre dans les 531 pièces c]u'a publiées Poey d'Avant pour les ducs Charles de Blois et Jean de Montfort, et dans les 46 que nous y ajoutons. Les variétés sont nombi-euscs. Mais cependant, à ne prendre que les types eux-mêmes, ils ne dépassent pas 30, pendant les 38 années qui se sont écoulées de 1341, mort du duc Jean III, à 1399, mort du duc Jean IV.
Une première période court de 1341 à 1350. Elle comprend les monnaies imitées de celles de Philippe VI de Valois, pour les typ 's qui n'ont pas été continués sous Jean II.
I. (1) La premièi-e est le double Parisis, qui dans le champ porte en deux lignes les quatre lettres F R A R séparées par deux ileurs de lis droites. (Hoffmann, n" 42).
Il est copié par les ducs de Bretagne, par Charles, à. Nantes et Rennes, UhXn et RERS séparés par deux hermines (Poey d'Avant, PI. XIII, n™ 1 et 8), par Jean, avec la légende RART (Ibid, PI. XVII, n°' 1 à 3) et avec la légende générique BRIT (Ibid., PI. XVIII, n"' 7 à 9). Cette dernière famille porte une légende particulière, SIGNVfT) deI VIVI.
Le prototype français a été émis en 1340. Il était décrié dans le royaume en 1343 et comme les barons n'avaient plus intérêt à copier les espèces royales dès qu'elles n'avaient plus cours, il faut classer ce type aux pi'eraières années de la lutte entre Charles de Blois et Jean-le-Captif, et c'est avec raison que M. Robert a attribué à ce dernier les deniers à ce type. Il a pu les frappeià Nantes pendant le très court espace de temps qu'il en fut possesseur ; et même
(1) I es iiiiMii'f'us en ihiiries romains correspondent aux ini'ines nuinéros Je la planche IV uù nous avons groiiiié les Irnitalions bretonnes en présence des prototypes r^^yaux.
pendant sa captivité, elles ont pu èlre fiappéjs par sa femme en imitation dt-s deniers de Charles de Blois.
II. Le type des deniers à !a couronne avec le mot REX dans le contour de la couronne a été émis par Pliilipiie de Valois. Il ne fijfure pas dans l'ouvrafje de .M. de Saulcy sur les monnaies de Jean-le-Bon, ni dans sa précieuse collection des monnaies de ce roi. M. Hoffmann en a dessiné un exemplaire sous le n" 68 de ses planches, comme provenant de la collection Le^^i-as. Cet exemplaire est fruste.
C'est donc plutôt comme imitation de Philippe VI qu'il faut classer les monnaies si nombreuses frappées à ce type par les deux compétiteurs. Charles de Bloisavec.l/o«eto Gingapi, Poey d'.^vant, PI. XII, n" 1 8, et avec Signum Dei Vie/, PI. XIV, de 10 à 18. Jean IV s'empare du même type avec la légende Monetn Gueran, PI. XVI. n" 6, et celle Sir/nitm Dei Vici, PI. XVIII, n"^ 10 et 12.
Nous pensons également que c'est à cette première période, à l'imitation cies doubles de Philippe de Valoir avec FRÂ | I?CO en deux lignes, dans le champ, non circonscrit par un cercle et trois Heurs de lis au-dessus, qu'il faut classer les nombreux doubles avec BRI | TOR de Charles (Poey d'.4vant, XII, n" 21, XIII. n"' 2, 9, 10, 13, XIV, n" 16), et de Jean, XVI, n" 5, XVII, a"' 12, 13 et lo.
Quelques-unes de ces monnaies portent trois mouchetures pour simuler les trois lis. Ce sont évidemment les plus anciennes. Les raouciietures se réduisent à deux et même à une. D'autres portent un pseudo-lis. Les points secrets abondent sur ces monnaies. Le T est souvent ponctué. Les croix des revers différent de formes. Il ne sera peut-être pas impossible de classer ces doubles avec plus de précision. Xous retrouverons plus tard ce type plus régulier et imité de Jean-le- Bon. La légende commence par une croisetle.
III. .\u Parisis, avec rex dans la couronne, Jean-le-Bon fait succéder un typ»à peu près identique. La légende se place sous la couronne ; c'est d'abord la légende FRAR.
Cette émission est du 26 mars 1350, le dessin est omis dans l'ouvrage d,- Saulcy, il est publié par Hoffmann, n° .57. Les ducs s'empressèrent de l'imiter par la légende BRTN. Charles de Blois à Tréguier (Poey d'Avant, PI. XII, n' 17';, à Nantes, PI. XIII, n" 6. L'imitation est plus frappante encore dans le r° 6, PL XV, qui porte au revers : Moneta Duplex, comme les monnaies royales. Ce fut celle que Jean IV copia, PI. XVIII, n" 16.
IV. Dès le îi janvier 1351, de nouveaux patrons sont envoyés aux gardes des monnaies. Le mot REX n'est plus dans la couronne, il est sous la couronne.
Ce tvpe fut très répandu. Il y eut au moins trois Ordonnances royales qui s'y appliquent : 22 septembre 1351, 24 novembre 1352 et 5 décembre 1353. Il est immédiatement copié.
Dans un monnayage aussi déréglé que celui de la Bretagne, il est bien difficile de suivre notre illustre guide dans la différence des monnaies 24% 32% 48" et des poids de ces monnaies. D'ailleurs le titre de la monnaie, son aloi, était un secret d'Etat. Les monnayeurs Bretons pouvaient bien copier le type, essayer la pièce et faire un alliage approximatif, et une remarque bien curieuse, c'est que les croi.v de nos monnaies féodales correspondent dans leurs plus minutieux détails à celles des monnaies royales.
D'abord la croix est simple comme dans le n" 14, PI. XVIII, de Poey d'.\vant, pour Jean. Mais ensuite elle présente pour Cbarles, PI. XV, n" 3, et pour Jean, PI. XVIII, n" 13, les caractères indiqués dans l'Ordonnance du 24 novembrel3o2. La croix est paltée. Elle porte, au cœur, quatre points ronds enfoncés, formant une croix et à ckascim bout d'icelle croix ung point.
Les fleurons de la couronne sont figurés par deux pseudo-lis el la Heur de lis du milieu remplacée par une grande moucheture.
V. C'est la combinaison des deux types à la couronne qui a donné naissance à celui où le mot DVX dans le champ est surmonté do trois pseudo-lis qui ne sont autres que les trois fleurons de la couronne dont le contour a disparu. Ce type, dont le similaire ne se retrouve pas dans le royaume, a été très usité en Bretagne. Charles l'employa à Guimgamp, PI. XII, n°' 19 et 20, à Xantes, PI. XIII, n"" 4 et 3, à Rennes, même planche, n" 12, Jean, à Guérande. Pi. XVI, n" 8 et PI. XVII, n" 14.
VI. Les émissions de gros tournois fuient nomlireuses en France sous le régne de Jean-le-Bon.
S'il est difficile de suivre ces émissions sur les monnaies royales dont les exemplaires sont plus nombreux et mieux conservés, il est presque impossible de le faire sur les monnaies bretonnes, dont la fabrication et la conservation laissen autant à désirer l'une que l'autre. Il est un type cependant dont il est facile de constater l'imitation.
Jean émet le 22 juillet 1352 un gros tournois dont le cliatel à sa partie supérieure porte une fleui' d'une nature particulière et qui n'est point une Heur de lis (de Sauicy, n" 11).
Jean l'imite par un gros gravé par l'oey d'Avant, l'I. XVI, n" I 2.ptii-tant \,\ même
fleur au-dessus du chatel et à la légende bizarre BRITONVCO KE. Lu forme du K ressemblant à un R, la fin de la légende imite le mot REX.
VII. On n'a pas retrouvé jusqu'à présent l'imitation bretonne du gros blanc à la couronne, de cinq deniers, dont la fabrication est ordonnée le 31 octobre 1354. C'est celui dont le revers porte dans le cbamp FRARC entre deux barres, el au-dessus et au-dessous une couronne, le tout dans une bordure de douze lis (de Saulcy, n"» 21 et 25).
Mais la Bretagne n'est pas restée étrangère à ce type qui est reproduit jiar le n" 3 de la PI. XVIII, de Poey d'.4vant pour Jean. Cette pièce porte BRITO entre deux barres et deux couronnes dans une bordure de douze pseudo-lis. Est-ce un demi-gros ou un double. L'exemplaire ne pèse que 0-'.98. Il est rogné et la gravure ne porte pas trace de la deuxième légende que contient le texte : Benedictum sit , et£
VIII. Le 15 juillet 1355, commence la fabrication des gros à la queue, dits Poillevillains. Le poids originaire de 3-.60 baissa à 3*.25, par ordonnance du 27 septembre 1355, à 2".60 par autre du 27 octobre suivant.
Jean imita ce Gros. Poey d'Avant en grave trois exemplaires pour Guérande, PI. \VI, n" 1 : pour Ouiuipei'lé, même planche, n' 1 1 ; pour Vannes, PI. XVII, n'C.
Un trouvera sur nos planciies le même type pour Brest.
De la comparaison des poids, il résulte que presque tous les exemplaires bretons sont de basse émission. Leur poids ne dépasse guère 2^. ou 2». 20.
Le 2 janvier 1335, on cria que les gros à la queue de 13''. tournois n'en vaudraient plus que 3, et le 22 février 1333, qu'ils ne seraient plus reçus que comme billon. Leur imitation dut cesser en Bretagne.
IX. .Alais bientôt, par ordonnance du 30 décembre 1355, apparaît un double Parisis d'un dessin et d'un style tout à fait original. Il a été frappé du 5 janvier 1353 au 9 septembre 1336. Dans le champ du droit on lit RQX entre deux rangées de trois fleurs de lis, lesquelles se meuvent de ce mot. La croix du revers est toute particulière ; l'extrémité de chaque bras est terminée par deux barres. Une fleur de lis se rattachant à peine à la croix coupe la légende en quatre (de Saulcy, figure 32 à 34). Consultons les planches de Poey d'Avant. Nous trouvons identiquement la même pièce pour Charles, PI. XV, n° 4, et pour Jean, PI. XVIII, n° 13. Pour Jean, le nom étant semblable, il était bien difBcile de faire la distinction entre la monnaie rovale et la monnaie ducale.
— oO —
IX bis. Ce type semble avoir produit celui du denier avec DVX, dans le champ avec deux mouchetures issant de ce mot, Poey d'Avant, PI. XV, n° 1 3 pour Charles de Blois, et notre n" 39 pour Jean.
X. A cette même ordonnance, 30 décembre 1353, se rattache la fabrication d'un gros tournois (de Saulcy, 36).
Les mots des légendes sont séparés par un trèfle contreval. Le môme différent se distingue sur le gros tournois à la fleur de lis, publié pour Charles de Blois, PI. XIV, w"!.
Le roi Jean est fait prisonnier à la bataille de Poitiers, le 19 septembre 1359 ; le Dauphin devient lieutenant-général du royaume. Les types monétaires vont se succéder et se déprécier, baisser de poids et d'aloi avec une rapidité sans exemple dans l'histoire d'aucun pays. Vers la même époque, Charles, après dix années de captivité, rentrait en Bretagne et recommençait la lutte. Il suit pas à pas les variations de la monnaie française.
XI. Le 22 janvier 1357, ordre fut donné aux maîtres des monnaies de France de faire ouvrer sur le pied 45°"^ des gros blancs à la fleur de lis de 60 au marc, et des deniers Parisis et Tournois au coin que bon leur semblerait.
C'est à cette émission que se rapporte le type des deniers et des doubles à la grande fleur de lis, pesant de 1^. à 1^.15, et publié par de Saulcy, n" 46.
Le type correspondant en Bretagne était complètement inédit, nous l'avons fait connaître pour Charles, PI. II, n" 19, et pour Jean, PI. III, n° 4. Le poids de l'exemplaire de Jean est de 1^.10.
XII. En même temps commence la fabrication des grands blancs.
Le premier est le blanc à la fleur de lis, vulgairement dit blanc à la patte d'oie.
La fabi'ication, ordonnée le 22 janvier 1337, est commencée dès le 23 janvier. La première émission est de 60 au marc, son poids normal est de 4*''. 33. (De Saulcy, 44).
Le 7 mai 1358, trois mois après, nouvelle ordonnance, c'est la même taille. Mais pour distinguer celte émission de la précédente, il doit y avoir à deux des bouts de la croix un point et devers la pille soies chacun des bras de la fleur de lis ung petit point.
Du 1" juillet 1338, au 24 de ce mois, par ordre du prévôt Marcel, le blanc à la fleur de lis est frappé sur le pied 64°"' à 64 au marc, son poids devait être
de 4^.06. M. de Saulcy n'a point retrouvé de gros correspondant à cette émission.
Autre ordonnance du 3 août 1358, 80 au marc. Monnaie 5i. Le poids légal est de 3^.23. (De Saulcy, 50).
Les imitations de cette pièce .'sont nombreuses en Bretagne et d'abord par Charles de Blois. Le n" 472 de la description de Poey d'Avant, copié sur le n" 24 du supplément de Bigot, coirespond à la première émission. Les points et les hesants manquent des deux côtés de la pièce. Le poids indiijué est de 4''. 02. Un des exemplaires de M. Gariel qui ne présente aucun point pèse S^.Su.
Le n" 470 de Poey d'Avant, du poids de S'»'. 47, correspondiMit, cii louant compte du frai, avec l'émission du l" juillet 1338.
Les autres poids relevés par MM. Bigot et Poey d'Avant avec des besantssoit au-dessus, soit au-dessous des bras de la fleur de lis pèsent de 3^.26 à 3^.15. Un exemplaire de M. Gariel descend à 2*^'. 95, et celui de ma collection, assez fruste, 2'.70.
Jean IV imita ce t}pe. Le n" 618 de Poey d'Avant, PI. XVIII, n" 2, pè.se 3". 36, et n'a qu'un point sous une des branches de la croix. Le n" 617 en a un sous <liaque branche et ne pèse que 3^.43. Il est de la dernière émission.
XIII. Le 22 août 1358, le Dauphin ordonne, à la sollicitation des notables des bonnes villes, la fa!)rication du gros à la couronne, monnaie 32""" à 53 pièces 1/3 au marc et devant peser 4". 87. Le type est une grande couronne au-dessus de FRANCO I RViROX en deux ligues dans une bordure de douze cartouches à Heurs de lis.
Il décrie en même temps les autres gros, qui du cours de douze deniers tombent à six.
Le gros à la couronne fut successivement modifié dans son poids et dans son aloi.
22 août.
pièces
30 octobre.
16 novembre.
22 février.
23 février.
13 avril.
26 avril.
6 mai.
Cette dernière émission se distingue des autres par des losanges percés au lien de points pour séparer les lettres.
Les imitations bretonnes de Charles de Blois (on n'en connaît pas de Jean), portent dans le champ BRITAO et pèsent depuis 2^.82 jusqu'à 2s.55 d'après
RVf^ ï DX.
les pesées indiquées par Poey d'Avant. Dans la collection Gariel, nous trouvons 3^.65, avec un point dans le champ après DVX, 2». 28 et 2^.10 pour un exemplaire un peu rogné.
XIV. 3 juin 1359, le royaume change encore de type. Le régent émet des blancs à la couronne à trois fleurs de lis (de Saulcy, 64). Ils devaient peser 3^.71 . Poey d'Avant en indique, comme imitation bretonne, un gros qui pèse 2^.98 ; le demi-gros pèse 18.36.
Les imitations gravées par Poey d'Avant, PI . XIV, n™ 3 et 4, portent des points aux quatre bras de la croix et entre les mots de la légende, séparés par des croisettes évidées comme dans les n°^ 71 et 72 de Saulcy, qu'il attribue à l'émission du 18 novembre 1359. Ce fut la dernière émission de ces blancs, qui de 15'*. tombèrent le 22 novembre à 5"*.
XV. Le blanc, dit à l'étoile ou à la molette, remplaça, par ordonnance du 22 novembre 1359, le blanc à la couronne, décrié le même jour. Il porte dans le champ en trois lignes, lObS FRACO REX, et dans sa légende circulaire : ^o«e/a Duplex Alba; une molette commence la légende, le tout dans une bordure de treize cartouches à fleurs de lis. Au revers : lohannes Dei Gra. Croix cantonnée d'étoiles ou molettes à six rayons aux 2" et 3". (De Saulcy, 75 et suivants).
Les vicissitudes de cette monnaie sont aussi nombreuses que rapprochées. Elle est émise en 1359 :
22 novembre Monnaie.
2 décembre. —
2 janvier. —
(Des losanges au lieu de points séparent les légendes).
21 janvier. 216' 72 pièces. 3'.61 (Des points dans les losanges indiqués plus haut).
10 février.
22 février.
28 février.
Au marc.
Poids.
48 pièces.
— .'iS —
(Des points ouverts au lieu de points ronds au commeiiccnuMit et à la fin : la légende dans le champ et au bout de Gra.
lo mars. oOO' l2o pièces. 2'.08
27 mars. Les blancs à l'étoile tomlicnt à deux deniers l'arisis.
Charles de Blois imite ce blanc ; c'est une do ses plus rares monnaies. Bigot et l'oev d'.Xvant, PI. XIV, n° 3, n'en signalent qu'une seule variété. Elle porte dans le champ KOLS BRT HO DVX avec la 2' légende : Moneta Duplex Alba et la bordure de treize lis. Au revers les losanges qui séparent les mots Karolus Dei (ira sont ponctués et cette imitation, par la présence de ces différents et son poids, 3'.09, se rapporte à l'émission du 21 janvier 1339.
XVI. 27 mars 1339, on reprend dans le royaume la fabrication des Parisis avec FRÂ | RCO endeux lignes danslechamp. La légendecommencepar une croisette (de Saulcy, 86). Jean imite cette monnaie (Poey d'Avant, PI. XVII, n°' 4 et 13), et pour simuler la légende Parisius Civis, il écrit Britonum Ducis. La croix est pattée comme dans le nouveau type royal, tandis que les doubles et deniers de cette famille, que nous attribuons à l'imitation de Philippe de Valois, ont la croix tréflée, fleurdelisée ou pommetée.
XVII. Passons sur la fabrication des gros tournois dont nous ne retrouvons pas les similaires en Bretagne et arrivons à l'ordonnance du 13 octobre 1360 et au mandement du 20 du même mois. Ordre est donné de fabriquer des blancs à la couronne.
Ce n'est plus le type des anciens blancs. Ils portent au revers *^ FRANCO RV M et dessous une couronne REX. Charles s'empresse d'imiter ce blanc, ij" BRITO- NVM, et au-dessous de la couronne fermée DVX. La croisette qui commence la légende et la lettre M qui la termine sont toutes deux enchâssées dans les fleurons de la couronne. Dans la pièce seigneuriale, comme dans le prototype royal, les mots des légendes sont séparés par un trèfle contreval (de Saulcy, 93; Poe> d'Avant, PI. XIII, i\° 18). Le mandement recommande de blanchir les blancs royaux, et c'est à peine s'il entre quelque parcelle d'argent dans les monnaies bretonnes à ce type.
XVIII. Le roi releva l'aloi de sa monnaie et la remit sur le pied 24^ par son ordonnance du 4 décembre 1360. On émit dans le royaume le blanc dit à la fleur de lis sans nombre. Il devait être de 34 au marc et du poids de 4^.80. C'est un type nouveau.
Au droit ^ 10 I h&S \ DEI | GRÂ coupé par les bras de la croix avec la légende extérieure * Bendictu sit, etc. R|. "i" FRANCORVOO REX. Champ semé de fleurs de lis, sept entières et six amincies. Bordure de treize cartouches à fleurs de lis. (De Saulcy, 96).
Pour imiter ce blanc, les monnayeurs bretons écrivent 'î'KO | LVS | DEI | GRA et au revers Britonum Dux. Mais tout le reste de la pièce est identique jusqu'à l'étoile à cinq points qui sépare les deux raot>.
Les blancs bretons pèsent 3'.36 , 2". 3-5 et2°.17. Ces deux derniers sont eu billon noir et ont été émis plus tard. Car l'aloi du blanc royal ne parait pas avoir été baissé par des ordonnances postérieures. Le duc avait du reste d'autant plus intérêt à baisser l'aloi de ses monnaies, que le prototype royal était resté plus pur.
XIX. A côté de ce blanc ligure un double au type de la couronne fermée. (De Saulcy, 92). Nous retrouvons ce double en Bretagne pour Charles de Blois, PI. XV, n° 7, pour Jean, PI. XVIII, n° 17. Mais il y a DVX sous la couronne.
XX. Le dernier double de Jean-le-Bon est du 13 avril 1361 . Il est publié par Saulcy, n" 100, et décrit ainsi : Johannes rex Franc. Chatel à trois annelets intérieurs ; il est couronné et ses deux tours, de forme ordinaire, sont surmontées d'une fleur de lis. ^. Moneta Duplex, croix à pied coupant la légende et cantonnée de quatre fleurs de lis mouvant aux 1'''^ et 2'" du centre et aux 3*" et 4" de la légende.
Poey d'Avant avait déjà fait connaître l'imitalioa exacte de ce denier par Charles de Blois, PI. XV, n" 1. Nous y joignons celle de Jean IV, PI. III, n° 5, de cet ouvrage.
On ne connaît point jusqu'ici d'imitations par Jean IV ni de blancs à la couronne avec la légende bilinéaire dans le champ, ni des blancs à la molette ou à l'étoile avec la légende en trois lignes dans le champ, ni du blanc à la fleur de lys sans nombre. Le dernier blanc imité par Jean est celui à la grande fleur de lys, dit à la patte d'oie, émis en 1337.
Est-ce à dire que l'influence anglaise ait tellement dominé dans les conseils du duc Jean qu'on n'ait plus émis de monnaies que d'après des types Anglais.
Celte date de 1337 correspond précisément avec celle de la charte qui annonce l'arrivée des monnayeurs .Anglais et ce fut probablement à cette époque que commença la fabrication des blancs à la légende linéaire dans le champ, Géra, Brest, etc.
En tout cas In première imitation dos types royaux, que les produits en aient été retrouvés ou non pour re prince, parait provenir do Charles de Blois. Ils sont copiés par sou rival et altérés ensuite par les deux compétiteurs à l'envi l'un de l'autre. M. de Kerzabiec, dans \a. Revue de Bretagne et Vendée 1S69, aentrepi'is de démontrer (jue Charles de Blois n'a pas été un contrefacteur cl qu'il n'avait lait SOS imitations que du conseutoment du roi. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'entraîné par l'exemple de Jean IV ou du roi lui-mémo, qui baissait à cluKpio instant le titre de ses monnaies, ou pressé par les nécessités de la guerre, par raison politique ou par dénùmcnt, il a frappé do détestable numéraire. Nous possédons nolammeut des blancs à la patte d'oie, des blancs à la légende bilinéaire sous une couronne, des gros à la couronne fermée avec le mot DVX, qui sont du billou le plus bas et presque en cuivre.