JEAN V
La numismatique de ce duc ne s'est pas enrichie comme celle de ses prédécesseurs. C'est à peine si nous pouvons inscrire deux variétés peu importantes.
91. * lObARHeS BRITOnv DVX- V. Quatre mouchetures dans le champ, entourées de six lobes en ogive formés par deux traits au lieu de deux cercles. ^. Identique à la pièce gravée. Poey d'Avant, PI. XXI, n" 3.
Billon. Blanc.
Cabinet de France.
92. "il IROOARNSS DVX. Hermine enchaînée. ^. Croix cantonnée d'une croisette au lieu de deux mouchetures.
Poey d'Avant attribue à un faussaire la pièce à peu près identique gravée par lui, PI. XXI, nMô.
Il est singulier d'en retrouver plusieurs types. Ne serait-ce pas plutôt un jeton portant au droit le nom de l'Hermine qui s'inscrivait sans H et au revers le mot Mineta pour Herminette.
Mais si nous sommes pauvres en monuments nouveaux nous trouvons dans les documents monétaires, publiés par M. de Saulcy, des renseignements qui pourront intéresser les collectionneurs de Bretagne, et que nous nous empressons de reproduire en y ajoutant ce que notre illustre maître, s'occupant de monnaies royales, n'a pas crii devoir publier.
Ils sont l'xiraits de deux manuscrits porlant les n"' 5916 et 5920 de la {}il)iiotliù(iiio nationale. Ce sont des livres de changeurs indiquant l'aloi des monnaies.
L'or était à 2i carats, et lorsque l'ordre était donné de frapper a 23 carats, le 24'^' était formé d'un alliage moitié d'argent fin, moitié de cuivre lin. Jlais ce n'est point en carats, c'est en sous et deniers que les auteurs de ces manuscrits estiment les tares ou les empirances de l'or.
\'\ns\ nous trouvons : Dociunents monétaires, pcu/e H)6, extrait du Mamiscnl 5916, f 32, la description suivante :
Doubles d'or de Bretaigne, c'est ung duc assis en cliaire et a dessoubz .ses pies an lion, et tient le duc en sa niaiu dextre une espée et l'aullre inaia ung escu aux ticriiiines sont d'empirance 3'. 9''.
t]e type n'a jamais été retrouvé. C'est une iiiiilation des monnaies de Louis de Crécv, comte de Flandre.
A la suite le même Manuscrit décrit, /" 33 :
.\ultres petits doubles de Bretaigne, c'est ung duc qui est à cbeval couvert d'erinines. sont d'empirance 2'. 1''.
.■huîtres doubles qui sont pareilz aux dessusd. et sont bien beaulx, et sont lias, et sont d'empirance 6^.
Le Manascrit dO^O, f" 102 [Documrnts monétaires, 95) est plus evplicile. Il parle des :
Fleurins de Bretaigne qui ont le point dedens O et dient Jnhannes Britonum dux. et de l'aultre côté, Deus in adjutorium meum intende, sont de 2'. 3*. Fleurins semblables qui n'ont point de point sont de 17''.
.M. Bigot, pour distinguer les monnaies d'or de Jean IV et de Jean V, a proposé les dissemblances suivantes : Jean IV porterait en légende Jo/iannes et Adjutorium meum; Jean V Jolianes par un seul N et Adjutoriu tneu. Les pièces à 2\ I''. ou 3''. d'empirance seraient donc de Jean IV. Les plus soignées, (jui ne sont ijue de 6'^, seraient de Jean V. !\Iais ces monnaies sont encore ti'op rares pour qu'on se permette de vérifier ces dissemblances par un essayage.
Happrochons ces documents de celui presque contemporain publié par M. Bigot. (Pièces Justificatices, n" A'A'.Y, par/e 379', c'est l'énumération des monnaies employées dans le compte de Jeban Mauléon, trésorier de l'Cspargne de juin 1414 au 23 mars 1421. Nous y trouvons : Florins de Bretaigne, Loyaux de Bretaigne et Doubles Florins de Bretaigne.
Par les citations qui précédent, nous voyons que l'appellation de florins et de doubles est donnée à des monnaies d'or qui ne rappellent en rien le type ordinaire des florins, et qu'il ne faut pas induire de cette mention qu'il ait été frappé en Bretagne des monnaies à la fleur de lis de Florence. Le loyal de Bretagne n'est peut-être pas autre chose que le royal de Charles de Blois.
Passons aux monnaies d'argent énumérées dans ces manuscrits, et pour l'intelligence de ce qui va suivre, rappelons que l'argent-le-roi était à 23/24- de fin, qu'il était divisé en 12 deniers de 24 grains chacun, de telle sorte, par exemple, que la pièce à 3 deniers d'argent-le-roi contenait le quart de son poids d'argentle-roi, et étant observé que le billon était rarement en Bretagne à plus de i'^.l 8^. , et variiiit ordinairement de 2''. 128. à 3''.12s.
Bretons à neuf erniines qui ont ung point dedans le O de Johannes et do Nomen, sont à 2". 16».
Aultres Bretons semblables à neuf ermines. excepté qu'ils n'ont point de point en le 0, sont à 3''. 4».
Aultres Bretons à neuf ermines bons à l'eul sont à 3''. 6'.
Bretons qui ont trois ermines et un eapel dessus qui ont le 0 bellon (oblong) sont ;'i 2''. S'.
Bretons semblables qui ont le 0 ront, sont à f. 12°.
Bretons semblables bons à l'eul sont à S**. 90'.
Bretons sans capel sont à 3''. 20*.
Aultres semblables hont l'ennelet haut sont à... (1)
Aultres semblables qui ont l'ennelet bas sont à... Bibliothèque nationale. {Manuscrit 6920, folio 96. Documents monétaires. Tome 1", folio 90).
Gros de Bretaigne à la croix aux bastons et l'O lonc de Johannes, sont à 1'', 4'. fin. {Manuscrit 5920, folio 111, D. M., folio 97).
Gros de Bretaigne fais à Nantes et ont une crois, sont à 2^ 17'. de lin. Ibid, folio 112., M. D., foliodl.
Gros de Bretaigne fais à Nantes à une croix bastonnée, sont à 2\ 8'. fin. D. M., folio 98.
Blancs de X deniers de Bretaigne. qui ont ung 0 long et n'ont nulz point devers les neuf ermines, sont à 2''. .3".
Blancs de X deniers de Bretaigne faiz à Nantes, ont 0 long et ung point creiilx sont à 2". 20'.
Blancs de X deniers de Bretaigne, qui ont un 0 long et un point creulx sont à 2''. 13'.
Blancs de X deniers de Bretaigne, qui ont un 0 rond et un point dedans 0. sont à 2''. 21'.
(1) Le maoufccrit n'indique pas l'aloi.
Blancs de X deniers de Brelaigne, qui ont un O rond franc sans point dedans O. sont à •2^ 13».
Blancs de X deniers de Bretaigne, qni ont trois erniines devers la pille dudit ung chapelet, sont à 3'. 19'.
Et en fut fait des demis blancs.
Blancs de X deniers, qui ont trois erniines. sont à 2*. SCK. et en fut fais des demis.