‹ Monnaies féodales françaisesChapitre 79 sur 262 · LOUIS DE FLANDRE · texte numérisé non relu

LOUIS DE FLANDRE

178. "i* LVDOVICVS COM. Légende commençant par le bas de la pièce. Croix Tonnerroise cantonnée d'une étoile au deu.Kième, d'un croissant au troisième. ^. * NIVERNENSIS. Ecu de Flandre surmonté d'un croissant. Billon. Obole. Poids 0«.34.

Collection Salmon.

PI. VIII, n° 7.

En envoyant le dessin à M. Poey d'Avant, M. Salmon fait remarquer que cette pièce est d'une fabrication plus soignée et qu'il y a entre le droit et le revers une relation qu'on n'est point habitué à trouver. Les deux croix qui comniencoiit les légendes correspondent.

SOUVIGNY

On a longtemps fait remonter jusqu'à Hugues Capet le monnayage ou tout au moins la concession monétaire de Souvigny. Les Numismatistes ne pouvant frapper de suspicion une charte publiée dans le Recueil des Historiens de France, tome X, numéro 565, admettaient que Hugues Capet, atteint d'une maladie grave (M reconnaissant d'une guérison qu'il attribuait au pèlerinage fait par lui au tombeau de saint Mayeul, avait accordé à Odilon, abbé de Cluny, le droit de Irapper des mailles malias de bonâ lege avec le nom et l'effigie de saint Mayeul. On sait que Souvigny n'était qu'un prieuré sous la dépendance des abbés de Cluny.

M. Chazaud, dans une étude sur la chronologie des sires de Bourbon, a établi que cette charte, dont personne jusqu'alors n'avait osé suspecter l'authenticité, avait été fabriquée vers la fin du wif siècle, afin d'établir la parenté enti'e les Capétiens et les premiers sires de Bourbon, Ifi comte Archambaud et son fils du même nom, que Hugues Capet appelle dans la prétendue charte dilectos consanijuineos nostros.

M. de Barthélémy, qui avait relaté ce diplôme dans son essai sur les Monnaies de Souvigny, est aujourd'hui d'accord avec M. Chazaud pour le rejeter. Dans un article publié par la Revue Numismatique française 1868, page 3o7, il signale ce faux et fait valoir les arguments qui paraissent condamner ce diplôme au point

de vue spécial dont il s'occupe, et d'aliord le mot malia écrit pur une seule L au lieu de l'être par deux, mallia^owr signifier mailles, mot d'ailleurs plus moderne que l'époque de Hugues Capet, si l'on consulte les recherches faites par M. I.ecointre-Dupont sur l'origine de la maille et l'élymologic de son nom.

Les mailles royales du roi Hugues Capet, ajoute M. de Barthélémy, soni aii>si une énormité et l'effigie de saint Mayeul sur une monnaie du x* siècle sei-aii un l'ait exceptionnel; j'ajouterai, continue-t-il, que les concessions du droit de frapper monnaie sous les premiers Capétiens me paraissent fabuleuses, par une excellente raison, c'est qu'à cette époque on n'avait pas besoin, dans l'état de la société féodale, de recourir an roi de France pour battre monnaie.

M. de Barthélémy avait déjà pressenti par l'étude des monnaies elle.s-ménies que le prieuré de Souvigny n'avait frappé monnaie qu'à dater de la fin du xi'' siècle. M. Poey d'Avant, s'appuyant sur la charte de concession reconnue aujourd'hui comme apocryphe, révoquait en doute cette appréciation, espérant que l'on arriverait à retrouver des monuments du monnayage primitif ce qui est peu probable maintenant.

M. de Barthélémy fait ensuite observer qu'il suffit de \oir a\ec attention les monnaies de Cluny, dont dépendait Souvigny, pour conclure qu'on ne battit pas monnaie à Cluny, après la fin du xi'^ siècle ou le commencement du \[f. Ce sei-aii justement le moment où commencerait le monnayage de Souvigny.

MM. Chazaud et de Barthélémy sont d'accord sur ce point et l'expliquent ainsi. Nous laissons encore la parole à M. de Barthélémy.

Vers l'an 1019, Guillaurai'-le-Grand, duc d'Aquitaine, donnait à Cluu\, alors gouverné par l'abbé Odilon, la monnaie de Niort, et en 1079, Guilllaume-tluy Geotïroy, confirmait cette libéralité. Entre 1030 et 1039, Agnès de Bourgogne, veuve du duc Guillaume-le-Grand, ajoutait le don de la monnaie de Saint-Jeand'Angély, et vingt ans plus tard le duc Guillaume .iigret ratifiait ces deux donations en spécifiant que les monnaies frappées dans ces deux ateliers seraient de mêmes type, poids et titre que les espèces frappées à Poitiers.

Il en résulte que pendant prés d'un siècle l'abbaye de Cluny fut chargée, en profitant des émoluments, de frapper dans deux ateliers la monnaie ducale d'A(juitaine. L'abbé, ayant apprécié les profits que l'on pouvait tirer de la laiirication des monnaies, a voulu en émettre dans ses propres domaines au siège même de l'abbaye et dans son prieuré de Souvigny. Le plus ancien acte qui parle des monnaies de Souvigny, émane de l'archevêque Aldebert de Bourges (1093-1098). Ici MM. Chazaud et de Barthélemv cessent d'être d'accord sur les concessions

monétaires. M. C.hazaucl, qui a renversé l'authenticité de la charte de Hutjue.s (>apet, l'ail remonter le privilège à un acte de Rodolphe, roi de Bourgogne (888-9 1 i) rappelé dans une bulle du pape Jean XI, d'environ 931, M. de Barthélémy, réMKjue en doute ces deux pièces et les déclare apocryphes ou tout au moins interpolées. Il n'admet comme authentiques qu'un diplôme du pape Calixte II lie 1 120, et un autre d'Innocent III de 1204. Les autres pièces auraient été laLiriiiuées selon lui pour essayer de défendre le privilège de Cluny, lorsque le roi fie France, ipii battait monnaie à Maçon, voulut étaidir un atelier h Saint- (iengoul-le-Royal.

§ I. Le type à la tête de lace et à la croix non cantonnée ist le pins ancien du monnayage.

179. SCS MAIOLVS. Buste de lace sans cn.sse r. >î< DE SILVINIACO. Croi.v simple. Deniei'.

Dessin communiqué par .M. B. Fillon.

PI. VIII, n" 8.

Poey d'Avant avait déjà publié un denier sans crosse, mais il doutait de l'evartitnde de son dessin.

ISII. SCS MAIOLVS. Tète. ^. ^ SILVINIACO. Croix simple. Oljole. Dessin communiipié par .M. B. Fillon. PI. VIII, n°9.

L'oliiile à la tétc de lace n'est point encore publiée e't celles à la tète de côté portent pres(jue toutes une croix cantonnée; or, celle de notre obole étant simple, on peut présumer que la tête serait de face. Mais la pièce est trop fruste pour ])ouvoir l'affirmer.

Lue trouvaille de pièces du Berry, que nous avons eu l'occasion d'étudier récemment, est venue confirmer l'exactitude de la classification de M. deSoultrait. Cette trouvaille, dont la pièce la plus moderne et la plus rare était un Pliilippe- .\uguste, frappé à Issoudun, et dont l'enfouissement devait être de 1208 environ, i-omprenait plusieurs centaines de deniers de Souvigny et pas une seule obole. Aucun de ces deniers ne portait la croix cantonnée. Ou peut en conclure que les eantonnements n'ont paru (pi'au xiii'' siècle. Sur la moitié environ l'N de Silviuiaco était ponctuée.

181 . S MAIOLVS. Tète de face portant la ciosse à droite, à gauche un croissant. K. 'i' SILVINIACO. Croix cantonnée de deux annelets.

Dessin communiqué par M. B. Filion.

PI. VIII, n» 9.

§ II. Deuxième période, monnayage commun avec les sires de Boiu'liun.

182. SCS MAIOLVS.Tètemilrée à gauche, devant une cro.ssc. fil.* DE SILVINIACO. Croix cantonnée d'une coquille au deuxième, de fleurs Je lis ;ni\ IidIs aiitro. Dessin communiqué par M. B. Filion.

L'hahiilomi'iil du saint est plus orné que sur les monnaies [Hibliécs jusqu'à ce juur.

l'I. VIll, n" 11.

183 Mêmes types et légendes. ^. La croix cantonnée d'une étoile au premier, de Heurs de lis aux trois autres.

Denier. Cabinet de France.

KOBEBT DE CLERMONT. 1283.

184. SCS MÂIOLVS. Tète de profd à gauche, r. •i' R DNS BORBON. Croix cantonnée d'une coquille.

Denier. Collection Gariel.

C'est le dessin de Duby, qui porte bien la tête à gauche. .Mais dans le laiilminement de la croix il a vu un aigle au lieu d'une coquille dégénérée.

Les empiétements des sires de Bourbon sur la monnaie de Souviguy sunt constants. Le monnayage du prieuré ne porte d'abord que le nom de Saint-.Mayeul et une croix simple. Quand la croix se cantonne au commencement du xm" siècle, ce sont les fleurs de lis de la maison de Bourbon qui apparaissent. Puis la croix se cantonne des deux lettres D B, dominus horbonie ; plus tard Robert deClermont inscrit son initiale R Dus Borhon, et enfin dans l'ordonnance de 131o, le nom de Monseigneur de Clermont prime celui du prieur comme propriétaire de la monnaie de Souvigny.

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