PI. IX, II" I
Ces variétés ci-dessus (iguraient eu plus pelit iionibro dans la Irouvaiiie de Thouars.
C'est à ce uièuie type que se rapporte la pièce suivante :
19S. 'i' CARLVS REX FR. Croix. ^. •!« MET-Î-VLLO. Mono-rauiuie. Or. Poids 3^.30. [Catalogue Rousseau. Vignette, page H. FI. IX, n° i.
Ktait-ce une monnaie courante ou une pièce frappée e.xceptionnellement pour acijuittei' quelque redevance, comme l'obole d'or de Moissac et d'autres que nous signalerons à l'article Toulouse. Ce qu'il y a de curieux, c'est que son poids de 3^.30 est presque rigoureusement le double de l'obole 1^.69 appartenant à .M. Lecointre-Dupont et déjà gravée par Poey d'.4vant, PI. LU, n" 20, mais qu'il a publiée sous deux numéros 2338 et 2364, bien qu'il n'y eut qu'un exemplaire (1).
Ce même type primitif s'est retrouvé avec un alïaiblissemenl considérable de poids dans la découverte de Cuerdale, dont on a fixé l'enfouissement à 910 et plus encore dans celle de Mourlieu, enfouie de 913 à 920.
La découverte de Cuerdale contenait quelques deniers à la croix pattée. Puey d'Avant, PI. LUI, n' G.
Ce n'est pas seulement l'abaissement du poids de l-'.60 à I-.30 qui prouve l'immobilisation du type, mais l'altération des légendes et la défiguration de.s lettres qui deviennent irrégulières et baveuses ; ce type a du disparaître vers le milieu du x^ siècle, car la trouvaille de Javarzay n'en contenait qu'un spécimen.
Nous avons dit que le signe caractéristique du monnayage féodal du Poitou était la croisette introduite au milieu de la légende MET^VLLO, Poey d'.ivant a foi-mulé comme une règle absolue ce que M. Lecointre-Dupont n'avait avancé que sous une forme dubitative et ce qu'il avait signalé à l'observation. Mais cette règle a aussi ses exceptions. Ainsi M. B. Fillon, en rendant compte de la trouvaille de Thouars, y a rencontré un denier sans la croisette séparant le mot METVLLO et comme ce denier portait au droit la légende CARLVS REX F il le considère comme un produit d'une fabrication moins ancienne que celles avec REX FR. Voici un autre exemple de l'altération de cette légende.
(Il 11 a paru dans une vente récente une obole d'or qui a été jugée unanimement reconnue pour ùtre de fabrique moderne.
I9!t. * CARLVS REX E. Croix. ^. METVLLO- Monogramme très dégénéré. Dessin communiqué par H. Fillait.
PI. IX, n" 3.
2'" Type. Obole au grand monogramme KROLS dans le cliam[i.
Cette obole est généralement d'un poids élevé, 0^.71, 0".80, 0^.7.5; elle paraît être la .subdivision du denier à la légende circulaire puisqu'on ne connaît qu'une seule obole à la légende circulaire découverte à Cuerdale et qu'au contraire le trésor de Bonnevaux contenait environ 250 oboles avec KROLS dans le champ.
B. Fillon les classe en cinq variétés distinctes :
1" Sans la croiselte. Poey d'Avant, PI. LU, n" \?>.
2" Avec la croisette. Poey d'Avant, PI. LU, n" 17.
3" Avec la croisette, avec l'-E barré et des coins dans les deux LL de MetuUo.
-i" Avec la croisette, avec S du monogramme renversé, qu'il signale eu bon état.
5" Avec la croisette, avec le K du monogramme barré; elles étaient \\ lleiir de coin.
Ce type s'est également retrouvée Mourlieu; un exemplaire ligurait à Cuerdale, malgré l'assertion de Poey d'Avant, qui écrit par inadvertance qu'il n'y en avait pas dans cette trouvaille, après en avoir indiqué une sous le n"2104.
Nous reproduisons comme spécimen de ce type un exemplaire différent de ceux déjà connus par la place de la croisette.
200. Monogramme Carolin, dans le champ la croisette entre le K et l'R B). ^ METVLLO. Croix.
Billon. Obole.
PI. XI, n" 4.
DEUXIÈME PÉRIOnE.
3" Type. Légende bilinéaire MET ALO.
La trouvaille de Javarzay est le plus ancien enfouissement qui fasse connaître ce type. Elle avait été recueillie par M. Rondier, de Melle, et subsiste presqu'en entier au musée de Niort, avec son certificat d'origine de la main du donateur.
{'oev d'Avant, ijui l'avait examinée avec soin, n'en publie pas moins de onze variétés de frappe du n° 2413 à 2i23. il en donne un seul dessin, PI. LUI, n" 7. Ces deniers se distinguent par la saillie et la largeur des lettres. Leur poids est de
Ce type persista pendant près de deux siècles et demi et il importerait d'avoir des points de repère certains pour les classer utilement. Poey d'Avant les distribue par périodes de demi-siècle en demi-siècle, en se fondant non plus sur des trouvailles étudiées au point de vue synchronique, mais sui' le style, sur la gracilité ou l'aplatissement des caractères.
La loi des poids doit être prise pour ce classement en très sérieuse considération. Mais il faut observer cependant avec M. de Longpérier que les pesées par unités donnent souvent des résultats erronés et qu'on ne saurait trop recommander aux numisraatistes qui ont la bonne fortune de recueillir des trouvailles entières de procéder par pesées de 10 à 20 pièces.
Le poids des deniers à la légende bilinèaire était originairement de I'.'i2. il tombe à 1?.30, l«.17, 1".14 et descend même au-dessous d'un gramme.
Les deniers à la légende MET I ALO, sans croisettes ni points, paraissent les plus anciens; viennent ensuite ceux à une ou deux croisettes, un ou deux points; leur poids est de h'. 41 , i'.36. >'ous donnons un exemplaii'e avec trois points.
201. ^ CARLVS REX O. Croix. Bj. <^ MET | ALO. Trois points, un dessus, un dessous, un entre les deux lignes de légende.
Billon. Denier. 1-.30.
Collection Caron.
PI. IX, n»4.
202. ^ CARLVS REX T. Croix, r. MET | VLO Billon. Denier. 1?.36.
Cabinet de France.
PL IX, n" 0.
Les caractères de la légende sont des plus singuliers.
On serait tenté de croire, à la première inspection, qu'il doit y avoir une certaine contemporaineté entre les deniers à deux croisettes Poey d'Avant, PI. LIH, n*^ 1 1, 12 et 13, et les oboles au même type à une seule croisette, PI. LIV. n"* 5 à 8. J'ai du renoncer à cette idée en présence de l'écart considérable des poids. Poey d'Avant donne pour un denier 1^.41, j'ai relevé au musée de Niort, sur
deu.v f.vemplaircs, 'l«.25. Les oboles au contraire n'atteignenl jamais 0".oO. Elles donnent 0".49, 0».4o, 0^.43, 0'.42 et même Os.38. C'est donc une fabrication subséquente. Elle paraît embrasser tout le xii'^ siècle. Il existe une classe de ces oboles avec une croisette sous Metolo, dont la croix a les brancbes pattées et presque triangulaires, tandis que dans toute cette fabrication les bras de la croix sont maigres et droits.
Ce fut précisément cette variété d'obole avec une croisette sous MET | ALO qui i-eprésentciit par 18 exemplaires le monnayage poitevin dans la trouvaille de Saint-Amand dont l'enfouissement ne peut être antérieur à 1132. puisqu'il contient, comme nous l'avons dit, des deniers d'Etienne, comte de Sancerre.
Elle figurait également à la trouvaille de la Souterraine enfouie postérieurement à 1160; une pite à bas titre de la même fabrication provient de la même trouvaille; elle pèse 0'.343. Elle est figurée comme obole par Poey d'Avant. Pl.LIV, n^G.
iNous avons vu plus haut que ce type fut continuéjuscju'à Richard Cœur-de-Liun. Les trouvailles de Saini-Saviol, de Eonfolens et d'Aubigné nous en ont fourni la preuve. Celle d'Aubigné contenait les variétés suivantes :
-î" CARLVS REX P. l'R barré. Croix, a. MET | ALO.
•i- CARLVt/' REX R. Croix, vi.. MET | AoLO.
^ CARLVS REX. Cnù\. a. MET | ALO.
Les A de Melalo ont une certaine parenté avec ceux de notre n" 201 .
Enfin il est un signe de décadence que Poey d'Avant a omis d'indiquer, (pie M. Lecointrc-Dupont a signalé et sur lequel il a appelé de nouveau toute notre attention lors d'un récent voyage à Poitiers. C'est la diminution sensible du module, qui de 24 millimètres baisse jusqu'à 17. Cette différence s'accentue vers les premières années du xii*^ siècle, époque à laquelle, selon la chronique de Maillezais ou de Sainl-Maixent, eut lieu un changement dans la monnaie en 1203.
Quel fut ce changement ? fit-on en effet retour à la monnaie d'argent comme .semble l'indiquer ce texte "? En tout cas ce retour ne fut pas de longue durée.
4'' Type. Légende biliiiéaire CAR | LVS.
Ce type n'est connu jusqu'à présent que par des oboles, (^est le moins commun du monnayage poitevin, e.xcepté bien entendu les deniers attribués à Rainulfe, et les numismatistes de la province nous affirment qu'elles se rencontrent jiresque toujours isolement. On a pu cependant observer qu'elles ont ni iiin'
fabrication ou tout au moins une circulation de près d'un siècle et demi. Poev d'Avant en a publié onze el grave neuf, il n'a pas hésité à les classer toutes une par une du milieu du x° siècle à la fin du xi*" siècle.
Nous serons moins affirmatif et nous remarquerons seulement (ju(! de ces oboles les unes ont une sorte de coin placé entre les deux lignes, qu'elles paraissent les plus anciennes par leur poids 0*^.81 , 0^.68, que les autres ont une croisette et ne pèsent plus que 0^.65 et descendent jusqu'à 0^.60, qu'enfin une variété qui paraît être la transition entre les deux types porto à la fois le coin et la croisette. (Poev d'.Uant, PI. LUI, n" 18), et pèse 0».81.
Au nombre de ces pièces, il en est une, même plancbe n" i\ , ([ue M. Lecointre- Dupont signale comme une pite de bas billon, assez usée et ne pesant plus que ()î-'.3l8 (6 grains), tandis que l'obole n"22, pèse 0^.59. Les légendes très barbares de ces deux pièces VLOTMEO et MEOTVLO avaient fait penser à M. Lecointre- Dupont qu'elles avaient pu être frappées pour rappeler la légende des deniers des (Tuillaume, ducs d'Aquitaine et comtes du Poitou VILELMO.
Voici deux types un peu différents de ces oboles.