‹ Monnaies françaises inédites du cabinet de M. DassyChapitre 1 sur 42 · MKAUX. — IMPRIMERIE DE ▲. DUBOIS · texte numérisé non relu

MKAUX. — IMPRIMERIE DE ▲. DUBOIS

Ce n'est point le Catalogue du cabinet de M. "Dassy que je viens donner ici — de cet\e collection qui a coûté vingt années de soins et de recherches j Taccomplissement d'uu tel travail eût exigé plus de tç'mps que je n'en ai à ma disposition. D'ailleurs un grand nombre des médailles de ce remarquable cabinet sç trouve décrit dans des ouvrages anciens outi été récémnfent publié ^. d'autres , les séries celtique et mérovingienne en première ligne , sont comprises dans des travaux spéciaux entrepris par des numismatisles dont la conscience et le savoir nous assurent d'importants résiUtats.

On comprendra le scrupule qui m'empêche d'enlever, à de zélés collaborateurs, le plaisir de faire connaître les premiers des monuments qu'ils décrivent ex professa j plaisir qui n'est qu'une bien légère compensation du labeur que réclament les traités dont nous allons leur être redevables.

La libéralité avec laquelle M. Dassy a communiqué aux érudits les trésors de son cabinet , a sans doute beaucoup abrégé ma tâché, et je n'ai eu qu'à rechercher les pièces inédites de la seconde et de la troisième race des rois de France, et celles qu'ont frappées dans les provinces les barons laïcs et ecclésiastiques.' La suite en est encore assez considérable et forme un ensemble intéressant.

Je m'en suis tenu aux monnaies inédites et je n'ai pas cédé au plaisir de constater l'existence de celles qui ne nous sont connues que par d'anciennes gravures dont les originaux avaient depuis long-temps disparu et dont l'authenticité pouvait même être révoquée en doute. Le^o/ d'or de X!^harlemagne et de Grimoald , le denier de Boson, roi de Bourgogne, le salut dor de Charles de Provence , le florin é£or de René 11 de Lorraine et tant d'autres pièces précieuses par leur rareté ou leur mêlai , n'entrent point dans le travail que l'on va lire.

Par contre on y trouvera des monnaies dont la rareté n'est pas grande et que renferovent bien des collections; mais sur lesquelles toutefois pas une ligne

xi'a été écrite. 11 m'a semblé nécessaire de les comprendre dans un travail général , ne fût-ce que parcequ'elles ne donnaient pas matière à une publication particulière.

En somme , mon but a été , non pas de faire connaître la richesse et l'étendue des diverses suites de monnaies et de médailles qui composent le cabinet de M. Dassy ; mais de fournir aux amis de nos antiquités quelques nouveaux éléments de travail , de livrer à leur examen des monuments qui complètent eu certains points les données que l'on possède sur Thistoire monétaire de la France.

Quelque imparfait que soit ce travail d'une semaine, j'ose espérer que les numismatistes voudront bien l'accueillir avec indulgence j ils me sauront gré, sans doute, de leur faire connaître des pièces telles que le denier de Pépin , frappé à Chartres , çt celui de IJugues-Capet, seule monnaie purement royale qui nous soit restée de ce prince — telles encore que les deniers des. Ticomtes de]\arbonne et des archevêques deRheims, monnaies sur lesquelles j'appelle particulièrement leur attention , comme concourant av^c quelques autres rares monuments à assigner à l'origine de la monnaie

seigneuriale une époque reculée dans notre histoire.

!«'' Octobre iSSg.

Page 1