‹ Monnaies gauloises. Description raisonnée de la collection de M. P. Charles RobertChapitre 23 sur 39 · NORD DE LA GAULE · texte numérisé non relu

NORD DE LA GAULE

BBLQES DE CÉSAR.

Il est probable que les ateliers monétaires n'ont pas été ouverts par les habitants du nord de la Gaule aussitôt que par ceux du Centre et du Midi. On peut même croire qu'il n'en existait pas chez les peuples peu civilisés et en partie Germains qui occupaient, sur la rive gauche du Rhin, le nord-ouest de la bande qui forma plus tard la province militaire dite de la Germanie inférieure. Par contre, la soumission de tous les Belges n'ayant pas été complète à la suite des campagnes de César ^ on put continuer à fabriquer chez eux des espèces autonomes de tous métaux, à une époque où le dictateur ne permettait plus aux Celtes de mettre de l'or sous leurs coins.

Les cités belges, jusqu'à leur soumission aux Romains, ont frappé surtout de l'or. L'argent et même le cuivre y sont rares et si le potin s'y montre, comme dans la partie orientale du Centre, ce n'est que fort tard. Il se passe donc ce fait singulier que, dans la Gaule autonome, l'or, absent des ateliei's du Midi, partage avec les autres métaux ceux du Centre et domine dans le Nord.

Les monnaies d'or des Belges se partagent en plusieurs groupes quant au type et à la concavité du flan. On doit croire que, /^omme celles du Centre, elles rentrent dans le grand monnayage de l'or dérivé du statère, mais elles en sont presque aussi loin, quant au

< On sait, par le témoignage de SaUuste, qne tont le nord de la Ganle n'était pas encore sonmiâ à la fin de la vie de César et qu'il y ent encore à Rome des triomphes en 711, 725 el 727, à la suite d'expéditions beoreuses dans cette contrée. Le monnayage fat donc encore libre dans quelques ateliers du Nord jusqu'aux premiers temps du prindpat d'Auguste.

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type, que les armoricaines. On n'y reconnaît pins que rarement un trait de famille, rappelant d'une manière fugitive quelque chose des prototypes grecs ^ Les unes présentent, au droit, un profil avec une coifhire treillagée simulant encore la couronne de laurier, et, au revers, un cheval qu'on peut, à la rigueur, considérer comme un souvenir du bige grec ; les autres, au lieu d'une figure de profil, montrent une représentation de Janus tirée de la monnaie romaine. Dans d'autres groupes, la tête a disparu du droit et se trouve remplacée soit par des fleurons ou des courbes, soit par un angle orné^ dans l'ouverture duquel se voit un point, dispositif qui représente en quelque sorte un œil. Quant au mode de fabrication, il sépare plus nettement que dans le Centre les pièces scyphates des pièces à flan plat. Les pièces scyphates prennent, ainsi qu'on le verra dans le VI* groupe, leur origine au delà du Rhin, chez les Gaulois qui^ lors du grand mouvement d'Orient en Occident^ n'avaient pas franchi ce fleuve ou l'avaient repassé plus tard, et qui, lors des conquêtes de César, se trouvaient dans ce qui formait alors la grande Germanie. Ces monnaies montrent toujours une tête au droit et un cheval au revers ; en Gaule elles se rencontrent d'abord en Lorraine ; puis elles marchent vers l'Ouest, et à mesure qu'elles avancent, leur concavité diminue. Vers la région qui sépare les collines de la Picardie de celles de l'Artois, les statères qui nous occupent présentent encore au droit une tête, mais, des plus barbares, ou bien une face lisse, tandis qu'ils se caractérisent constamment au revers par un cheval dont les membres, poinçonnés séparément dans le coin, donnent ce que Lelewel appelait le cheval dé$articulé. Ce type, commun à plusieurs peuples, avec des différences portant surtout sur le style et le faire, traverse la mer et se retrouve implanté chez les Gaulois de l'Ile de Bretagne, où il persiste au moins jusqu'aux conquêtes de Claude.

Je n'ai rien à dire de la monnaie d'argent, très rare dans le Nord ; c'est à peine si j'en possède quelques exemplaires dubitativement attribuables à la Belgique.

Sous César, après les premières restrictions apportées au monnayage national des trois Gaules, les Belges soumis, déshérités des

< Je parle Ici de reosemble de la Belgique, car certains peuples de cette région, ?oisint de la GelUqae de César, ont des monnaies analogues à celles qui s*y frappaient. Ainsi que J'en ai déjà ayerti, les grandes divisions monétaires de la Gaule ne coïncident naturellement pas ayee les divisions territoriales adoptées par les Romains.

coins d'or, fabriquent une certaine quantité de monnaies de bronze qui sont signées, suivant la condition politique faite à chaque peuple, soit par le chef ou le magistrat^ soit par ce personnage et par le gouverneur roniain agissant en vertu de l'imperium.

Voici les groupes qu'il m'a paru possible d'établir :

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