Monnaies grecques
Quand je publiai, en 187!, le recueil de planches intitulé » Choix de monnaies grecques”, je me vis contraint, par les circonstances, de supprimer le texte assez volumineux qui aurait dû accompagner ces planches, et de le remplacer par une simple table explicative à laquelle je joignis la note suivante : » Le texte de l’ouvrage, dont le
» manuscrit se trouvait à Paris pendant les deux sièges, n’ayant pu y être imprimé, sera > publié aussitôt que j’aurai terminé les additions et les modifications qui, dans l’inter- »valle de deux années, sont devenues nécessaires.”
Pendant les dix années qui se sont écoulées depuis, je me suis mis en effet, à plusieurs reprises, à la révision de mon manuscrit. Mais par l’extension que ma collection avait prise dans les entrefaites et par la rencontre d’une foule de pièces nouvelles dans les musées et les collections privées que je continuais à visiter, le nombre des descriptions et du commentaire s’accrut de manière à dépasser de beaucoup les limites de l'ouvrage projeté, même après que plusieurs parties importantes en eussent été élaguées par des publications insérées dans différentes revues. Il fallut donc me résoudre à modifier encore une fois le texte, à réduire le nombre des descriptions et des rectifications, et à ne toucher à la numismatique de plus d’un pays que pour ne pas omettre le poids des pièces déjà reproduites sur les planches 1). De là les lacunes apparentes, par exemple à la Béotie et à l’Acarnanie dont j’ai traité ailleurs la numismatique en détail, puis à l’Italie, à la Thessalie et aux îles de la Grèce, sur lesquelles je compte publier plus tard des monographies spéciales.
Ainsi que l’annonçait le titre de ma publication de 1871, — titre que je n’ai pas conservé, vu le caractère différent du nouveau texte et la série des planches nouvelles, — mon intention d’alors était de signaler des monnaies rares et inédites de ma propre collection. Aujourd’hui que cette collection atteint le chiffre de près de seize mille monnaies grecques, elle ne m’inspire plus le même genre d’intérêt que quand elle était plus petite: elle ne représente plus, à mes yeux, qu’une espèce de complément des autres collections existantes, et la source indispensable des renseignements les plus divers. Par conséquent, le désir du collectionneur, de publier les pièces qui lui appartiennent, a cessé d’exister ; et si pourtant, dans les pages qui suivent, je donne la description d’un nombre considérable de pièces inédites et de variétés nouvelles, tirées de ma collection, c’est que souvent je ne les ai achetées que pour pouvoir les décrire en même temps que d’autre3 pièces semblables, dispersées et souvent mal classées dans les cabinets les plus divers, pour faire des rectifications ou pour proposer des restitutions. C’est principalement de
') Il va sans dire que bien des monnaies, gravées en 1870, ont perdu maintenant le charme de la nouveauté
la réunion de pièces originales et d’empreintes, prises indifféremment dans toutes les les collections accessibles, qu’est résulté la série d’études, d’attributions, restitutions et remarques, ajoutées aux descriptions.
Le présent recueil — illustré de neuf planches autotypiques, reproduisant 234 monnaies, et de 31 vignettes intercalées dans le texte — contient plus de 2200 monnaies différentes qui se répartissent sur environ 470 localités et 75 princes ou dynastes. Parmi ces derniers figurent quelques noms nouveaux 2), et parmi les premières près de quarante villes , dont les noms apparaissent pour la première fois dans la numismatique 3) ou dont les monnaies, connues depuis peu, n’ont pas encore été l’objet d’une étude quelconque 4). Dans bien des cas on trouvera des listes complètes de certaines catégories de monnaies 5 6) et, pour la première fois, figureront aussi les colonies romaines Dium, Pella, Pliilippi, Buthrotum, Dyme, Cnosus, Parium etc. avec l’attribution raisonnée des monnaies aux noms de magistrats. Des tables alphabétiques enfin faciliteront les recherches sur les types, les inscriptions, les signes de valeur, les poids, les dates etc.
Afin de distinguer clairement les nouvelles planches autotypiques des neuf planches gravées de l’ancien » Choix de monnaies grecques” °), j’ai marqué les premières des lettres A — J. Les renvois se feront par conséquent en citant Planche A— -J et » Choix” pi. I— IX.
Les monnaies, sans indication du cabinet où elles se trouvent, sont de ma collection.
Les abréviations, adoptées dans le texte, se réduisent aux plus usuelles, comme : à dr(oite), à g(auche), C(ercle uni), C(ercle) p(erlé), M(a) Collection), etc.
Dans le but d'abréger, autant que possible, les renvois à mes publications antérieures j’en donne ici la liste, avec l’indication des revues et d’autres ouvrages, où elle se trouvent insérées :
1. Griechische Münzen aus der Sammlung Imhoof-Blumer, 1868 ( Grande-Grèce et Sicile). Berliner-Blâtter fur Münz-, Siegel- und Wappenkunde, V, 1870, p. 32—61, 2 pl.
2. Sur quelques monnaies grecques de Panormus. Revue num. XIV, Paris 1869, p. 361 — 363.
3. Die Flügelgestalten der Athéna und Nike auf Münzen. Numismatische Zeitschrift, III, Vienne 1871, p. 1—50, 1 pl.
2) Kersobleptes, Skostokes, Orsoaltios, Stasioikos etc.
3) Tkerai de Sicile, Elaious, Kapsa, Kotousa, Hypata, Ikos, Tenestion, Oiantlie, Lilaia, Néon, Ackaioi de la Plitliiotide, Metliydrion, Parrasia, Tanos, Lamponeia, Skamandria, Autokane, Tisna, Aigiros, Kitkos, Nape, Leukai, Kallipolis, Karyanda, Kasos, Amelas, Telmessos, Tymena, Kerai, Ilistra, Lystra, Eboda.
4) Herbessos, Mytistratos, Piakos, Silerai, Astakos, Teutkrania, etc.
s) Dikaia, Uranopolis, les incertaines de Macédoine, Alexandre III, Antigonos Gonatas, Dyme, Hermione, Troizen, Kleitor, Heraia, Astakos, Mallos, Marion, Byblos, Seleukeia sur le Tigris.
6) Il sera fait un nouveau tirage, en petit nombre, des planches gravées, sous le même titre, mais avec une nouvelle table qui contiendra les renvois au texte de ce volume-ci.
4. Zur Müazkunde und Palaeographie Boeotiens. — Anaktorion , Argos, Lepsimandos. — Tempelscldüssel auf Münzen. Num. Zeitschrift, III, Vienne 1871, p. 321 — 418 2 pl. (Tirage à part, avec index, Vienne 1873).
5. Die Münzen von Selinunt und ihre Typen, dans O. Benndorf, Die Metopen von Selinunt, Berlin 1873, p. 73 — 81.
6. L’inscription TPlH sur des monnaies grecques antiques. Numismatic Chronicle N. S. XIII, Londres 1873, p. 1 — 18, vign.
7. Beitrage zur Münzkunde und Géographie von Alt-Grieclienland und Kleinasien. Zeitschrift für Numismatik, I, Berliu 1873/4, p» 93 — 162, 2 pl., vign. et carte.
8. Numismatische Bericliligungen (zu Mus. Hunter, Taylor Combe, Leake). Die angeblichen Kônigsmünzen der phrygischeu Stadt Kibjra. Z. f. Num. I, p. 321 — 334,
1 pl.
9. Griechische Münzen in dem Kôn. Münzkabinet im Haag und in anderen Sammlungen. Z. f. Num. III, 1876, p. 269 — 353, 4 pl. autot. Les errata IV, p. 381.
10. Zur Münzkunde Boeotiens und des peloponnesischen Argos. — Ueber Wertlibezeichnungen. Num. Zeitschrift, IX, Vienne 1877, p. 1 — 62, 2 pl. autot. et vign.
11. Münzen von Selge und Aspendos. — Griechische Ueberprdgungen , Zeitschrift für Num. V, Berlin 1877/78, p. 133 — 150, 1 pl.
12. Die Münzen Akarnaniens. Num. Zeitschrift, X, Vienne 1878, p. 1 — 180, 3 pl. autot. et vign. (Le tirage à part contient deux index.)
13. Griechische Münzen in der Grossh. Badischen Sammlung in Karlsruhe, Zeitschr. für Num. Vil, Berlin 1880, p. 1 — 30, pl. autot.; et, in-4°, W. Brambach et A. Hôlder, Mittheilungen aus der Grossh. Badischen Hof- und Landesbibliothek und Miinzsammlung, II, Karlsruhe 1879.
14. Portrdtkôpfe auf rômischen Münzen der Republik und der Kaiserzeit. Leipzig 1879, 16 p. et 4 pl. aut. in-4°.
15. Die eubôische Silberwâhrung. Monatsberichte der Kôn. Akademie der Wissenschaften zu Berlin 1881, p. 656—674.
16. Le système monétaire euboïque. Annuaire de la Société française de numismatique et d’archéologie, VI, Paris 1882, p. 89 — 105.
17. Zur Münzkunde Kilikiens (Hieropolis-Kastabala, Augusta, Mopsuestia, Pompeiopolis). Zeitschr. für Num. X, Berlin 1883. p. 267 — 298, pl. autot.
18. Mallos, Mégarsos et Antioche du Pyramos. Etude géographique, historique et numismatique. Annuaire de la Société française de num. et d’archéol. VII, Paris 1883, p. 89 — 127, 2 pl. aut.
En parcourant les pages de mon livre, on s’apercevra bien vite que la manière de transcrire les noms propres grecs n’est pas conséquente. L’impression de l’ouvrage ayant duré dix-huit mois, 1 occasion de passer d’un système à un autre moins vicieux n’a donc pas manqué. Aussi ai -je abandonné, dès la' page 170, l’orthographe moitié grecque et moitié latine des noms géographiques, historiques et mythologiques et me suis-je mis à
les transcrire, dans les titres et les descriptions, suivant V orthographe grecque , orthographe qui a été adoptée ensuite, sans exception, dans les index. Dans le reste du texte je me suis servi, en général, de la transcription française usuelle, toutes les fois qu’il s’agissait d’un nom connu. C’est ainsi qu’on trouvera Miletos, Ariarathès , Seleukos, quand ces mots sont placés en titre: en parlant de cette ville ou de ces rois, on trouvera Milet, Ariarathe , Seleucus. Quand il s’agissait de noms insolites, comme Ankaios , Kidrarnos qu’il m’aurait répugné d’écrire A ncée, Cidramus , j’ai conservé l’orthographe grecque.
Ce qui dépare le plus ce livre, ce sont assurément les fautes de style, dont-il doit abonder, et c’est là surtout ce qui me fait réclamer l’indulgence bienveillante de mes lecteurs. On me demandera pourquoi j’ai écrit dans une langue qui n’est pas la mienne. Ma réponse est toute simple; ce furent des amis et des connaissances en France qui, déjà avant 1870, m’ont engagé à publier le » Choix de monnaies grecques.” En refondant peu à peu le manuscrit, j'ai continué naturellement à me servir de la même langue, et le travail terminé, il ne pouvait plus être question de le traduire, d’autant moins que je devais me dire qu’écrit en français il aurait plus de lecteurs. Les erreurs d' orthographe par contre sont moins à imputer à mon iguorance qu’à la circonstance que, vu la distance des lieux, j’ai dû renoncer à la dernière révision des épreuves.
Il me reste encore à remercier tous ceux qui ont bien voulu mettre à ma disposition les trésors dont ils sont les conservateurs ou les possesseurs, et particulièrement ceux qui ont facilité mes études en m’abandonnant libéralement de nombreuses empreintes, notamment MM. les conservateurs du Musée Britannique, du Cabinet de France, des Cabinets de la Haye, de Copenhague, de Gotha, de Dresde, de Munich, de Vienne, de tous les Cabinets en Italie et de celui d’Athènes, et enfin MM. Waddington, Lucien de Hirsch et F. Feuardent. Mes sentiments de reconnaissance sont cependant dûs tout particulièrement à mon ami, M. J. -P. Six, qui a bien voulu présenter mon travail à l’Académie, qui depuis s’est occupé de l’impression du manuscrit avec plus de dévouement que s’il se fût agi d’un propre travail, qui s’est chargé, en vrai collaborateur, de la surveillance continue de l’impression, de la fourniture des caractères et des monogrammes, de la révision des épreuves et de l’amélioration du texte, en corrigeant le style, en redressant des erreurs, en ajoutant des notes et en m’abandonnant même, bien des fois, le fruit de ses propres recherches, entr’autres l’arrangement des monnaies cypriotes. Enfin, je ne voudrais pas clore cette préface sans constater que les typographes, MM. de Roever Krober-Bakels se sont acquittés, avec le plus grand zèle, de la tâche ingrate de l’impression de mon manuscrit, tout hérissé de monogrammes, de caractères étranges et de lettres archaïques et insolites.
APULIF.
B ch tt s fa.
1. Æ 19m. Gr. 3,30. — Tête barbue et laurée à' Héraclès à gauche; derrière
elle, une massue; dessous ©. Cercle perlé, p' NE. Lion accroupi à g., la tête de face, et tenant de la patte dr. de devant et de la gueule une haste. C.
Choix de monnaies Grecques du Cabinet de F. Imhoof-Blumer. 1871, pl. VIII, N°. 253. !).
Cf. Sambon, Monnaies de la presqu’île italique, 1870, p 222, 10.