Æ 20m. ©eoi -enox. Z eus Nicéphore debout à g. C. p
itf AXAiïïNHPAiEnN. Femme assise à g., tenant une patère et un sceptre. C. p.
Num. Chron. 1864, p. 84, pl. II, 8 et 1866, p. 31.
Ainsi que je crois l’avoir démontré „Acarnanie” p. 106 et 107, les trioboles et les oboles très-archaïques, que je viens de décrire N°. 190 — 202, sont à classer à Héraia, et non à Heraclée de Bithynie. La forme des lettres, la légende e P a i du N°. 195, les petits creux du N°. 190, le système monétaire et la provenance, sur laquelle on était si mal renseigné autrefois, — tout enfin,
60) Voyez les bronzes, au même type, de Méthydrion et d’Orchoménos, planche E, 9 et 10.
forme un ensemble d’indices, dont il est permis de conclure avec assurance à l’origine arcadienne de ces monnaies.
A en juger par le style et par l’écriture, ces pièces, qui comptent parmi les monuments numismatiques à légendes, les plus anciens qu’on connaisse, datent de la fin du \He et du commencement du Ve siècle avant J. C. L’émission en a dû être très-abondante, puisqu’on en a retrouvé non-seulement un nombre assez considérable, mais encore constaté plus d’une douzaine de variétés différentes. Aucune des autres localités arcadiennes (Mantinée, Tégée, Psophis, Kleitor etc.) ne peut se mesurer sous ce rapport avec Héraia, et ce fait constitue, par lui seul, une forte preuve de l’importance de la ville à une époque très-ancienne.
Ce que nous savons de l’histoire de Héraia se réduit malheureusement à fort peu de chose; mais rien n’empèche de supposer, que jusqu’après la fiu du Ye siècle la ville ait continué de prospérer.
Le document le plus ancien, qui fasse mention de Héraia, c’est un traité d’alliance pour la durée de cent ans entre les Eléens et les j^fCAOioi (’Hqfccoî'oi), conservé par une inscription de la première moitié du VIe siècle, et publié par Boeckh dans le C. I. Gr. I, p. 26, N°. 11.
Vers l’an 398 le roi Agis, tombé malade, séjourne à Héraia (Pausanias III, 8, 7 et 8).
En 375 les exilés de Phialée, du parti lacédémonien, s’emparent pour peu de temps de Héraia, — dite place forte, — afin de surprendre Phialée (Diodore XV, 40).
En 369 l’armée fédérale des Arcadiens fait une invasion dans la Iléraiatide, incendie les maisons et coupe les arbres, afin de punir les habitants de leur sympathie pour les Lacédémoniens (Xénophon, Hell. VI, 5, 22).
Avant ou après ce dernier évènement les Lacédémoniens, suivant Strabon VIII, 3, 2 (337), agrandirent la ville par le synoicisme de neuf localités de son territoire 51).
Plus tard, entre 240 et 234 Héraia fut membre de la ligue achéenne 62), en 223 elle se rendit à Antigone Doson, plus tard aux Etoliens, et, après avoir changé encore plusieurs fois de maître, elle fut rendue aux Achéens par les Romains en 196.
Enfin du temps de Pausanias (VIII, 26, 1 et 2) la ville existait encore, avec ses temples, ses bains, ses promenades, etc.
51) Cf. Curtius, Peloponnesos, I, p. 172, 346, 364 et 394; — Bursian, Geogr. von Griechenland, II, 257, 1.
62I Leicester-Warren, Essay on greek fédéral coinage, p. 55 et Num. Chronicle 1864.
Malgré le passage embarassant de Straoon, — d’après lequel Héraia ne s’est constituée en „ ville” qu’au IVe siècle av.J. C. 52a), — le témoignage de l’inscription citée et particulièrement celui du groupe très-riche de monnaies archaïques ont trop de poids, pour que l’importance marquée de la ville parmi les localités de l’Arcadie, dès le YIe siècle, puisse être contestée. Et cette opinion admise, on ne pourra manquer d’être frappé de la lacune, qui parait exister, depuis le commencement jusqu’à la fin du Ye siècle, dans les séries décrites. Car les pièces N°. 203 — 212, qui succéderaient, d’après le style, aux monnaies archaïques, représentent une émission de la fin de ce siècle.
C’est cette lacune, de près d’un siècle, que je propose, sauf meilleur avis,
de combler par la riche série de trioboles et d’oboles à la légende, souvent
abrégée, apkaaikon 53)7 dans laquelle on a vu, à plusieurs reprises, l’argent
d’un sanctuaire commun des Arcadiens 54). La totalité de cette série s’adapte
en effet à merveille à l’époque, dont il s’agit; car, comme les pièces les plus anciennes se rattachent par le style aux dernières monnaies du groupe N°. 190 — 202, les plus récentes se rattachent à l’obole N°. 203, par l’identité incontestable du type de la tête dans le carré creux. Cette coïncidence dans les deux sens me parait si frappante, et l’attribution de ce monnayage de longue durée à un sanctuaire quelconque si problématique, que je n’hésite pas à formuler la proposition, de regarder les Arcadiens de Héraia comme le peuple, qui a fait frapper les anciennes monnaies à l’inscription ‘ Açxad rxôv .
52a) M. Six me fait observer, que le passage de St.rabon n’est pas embarrassant du tout, dès qu’on admet que les ’Hpaïoi, qui concluent le traité avec les Eléens, et qui nous ont légué une suite si riche de monnaies archaïques, sont les habitants du canton, de la irohç dans le sens grec du mot, qui, loin de se renfermer dans l’enceinte d’une seule ville, demeuraient épars dans plusieurs bourgs, dont Héraia était peut-être un peu plus considérable que les autres et
donnait son nom au canton. Lors de la dévastation du pays par les Arcadiens, le besoin se sera
fait sentir de mieux se défendre contre l’ennemi, et de là cette réunion des habitants de tout le canton dans l’enceinte de la ville principale, qui naturellement a dû être agrandie à cette occasion. Mais cette augmentation ou plutôt concentration des habitants dans le chef-lieu n’a pas nécessairement eu pour effet d’augmenter ou de diminuer les séries monétaires du canton. Les Dyrrachiens, par exemple, ont toujours battu monnaie à leur propre nom, et ce n’est que rarement qu’on trouve l’E du chef-lieu Epidamnos.
53) Cf. N°. 152-163 et «Cabinet de la Haye” 1876, p. 20, N°. 1—56, pl. VII, 1—27 et VIII, 1-8.
6t) Cf. Curtius, dans Pinder et Eriedlaender, Beitraege zur aeltern Münzkunde 1851, p. 85 — 92 et dans les Monatsberichte der preuss. Academie 1869, p. 472; Leake, 1. c. p. 17 et P. Le-
normant »La monnaie dans l’antiquité” II, p. 81, où il est question de Lykosura,
Les oboles et les trihémioboles N°. 203 — 212, sur lesquels on constate encore l’emploi simultané des formes R et p, e et h, paraissent remplir l’époque avant et après 400 av. J. C. Les oboles en argent et les bronzes No. 213 — 220 vont sans doute jusqu’à la bataille de Leuctres (37 1 av. J. C.) et au de là. Si le monogramme !-f de la pièce en argent de la ligue arcadienne se rapporte réellement au nom de Héraia, ce qui reste à savoir, le bronze N°. 222 serait à classer à l'époque de cette ligue. Viennent ensuite les N°. 223 — 225, d’un travail assez ordinaire, qui ont la tête de Pallas imitée des statères d’Alexandre le Grand, et les initiales d’un nom de magistrat, oeo 55); elles sont probablement du IIIe siècle av. J. C. Sur les monnaies en cuivre N°. 226 — 228 l’Artémis rappelle les bronzes du même module d’ Orchoménos et de Méthydrion. Bien que l’exécution artistique de ces derniers soit supérieure, il se peut cependant, que les deux émissions aient eu lieu simultanément. L’initiale du nom de Héraia, dont les hastes sont encore un peu arquées, X 56 , autorise à classer ces monnaies à la suite du groupe N°. 213 — 220.
Les têtes, à Héraia, sont celles de Héra, d’Artémis et de Pallas, et comme le nom seul le ferait déjà supposer, il y avait dans la ville un sanctuaire de Héra. Pausanias n’en vit plus que les ruines. Cette déesse, qui n’a servi de type qu’aux monnaies du premier groupe, fut remplacée de bonne heure par Artémis , et il est probable qu’il faut déjà reconnaître celle-ci sur les N°. 201 et 202 et dans la tête de femme qu’accoste l’inscription 'Agxctdtxôv, qui toutes les deux représentent évidemment la même déesse 57). La tête du N°. 203, qui ressemble d’une part à celles des dernières émissions des Arcadiens, et de l’autre aux têtes d’Artémis indubitables des oboles N°. 210 — 212, parait confirmer notre interprétation. Le culte d’Artémis se manifeste sur presque toutes les monnaies de Héraia du IVe et IIIe siècle av. J. C., soit par la tête ou la figure de la déesse, soit par le type ou le symbole de Yarc.
La figure virile, N°. 203, parait être cornue, de sorte que ce serait le dieu
55) Il va sans dire, que les lettres O E O ne sont pas à identifier avec le nom du N°. 229. Les mêmes initiales se rencontrent encore sur des bronzes à côté du monogramme des Arcadiens; mais ces bronzes sont plus anciens que les pièces d’Héraia.
56) M. Friedlaender, » Oskische Münzen” p. 27, se refusait de reconnaître le X pour une forme du H) » qui ne se rencontre pas ainsi sur des monnaies”. Cette forme de l’Eta se voit cependant, non-seulement sur la plupart des monnaies d’Héraia, mais encore sur bien des pièces italo-siciliennes, comme p. ex. sur des tétradrachmes de Rhégion et de Catane, des didrachmes de Posidonia, des petites pièces de Héraclée (XEj, de Ségeste etc.
57) Voyez les gravures citées à propos du N°. 201, » Choix" pi. II, 71 et suiv. et «Cabinet de la Haye” pl. VII, 2 et suiv.
Pan , qui avait un temple à Héraia 58). Si les cornes, que je crois distinguer clairement sur les trois exemplaires de la monnaie, qui me sont connus, n’existaient pas, il serait facile d’identifier le personnage avec celui du N°. 204, qui est assis et représente peut-être Héraios , fils de Lykaon et fondateur de Héraia, ou Arkas , petit-fils de Lykaon et héros éponyme des Arcadiens. Le type du droit du même obole, l 'aigle déchirant un serpent , est emprunté à l’Elide.
Puisque la figure du triple Epsilon , sur le N°. 205 — 209, dont le poids varie de gr. 1,51 — 1,18, représente le signe du trihémiobolion, on pourrait être tenté d’en conclure, que le e des N°. 210 — 212 est également un signe de valeur. Cependant, comme ces pièces sont des oboles, auxquels l’Epsilon ne convient pas, cette lettre doit être l’ancienne forme de l’initiale de la ville, comme le h des pièces moins anciennes de Héraia, le m, p et t à Man ti née, Parrhasia et Tégée.
AU antinèa.