Æ 18m. Gr. 4,30. — Tête laurée de Zeus à dr
pf meoyapi — eî2n. Kallisto , tombant à la renverse, à g., le sein percé d’une flèche, la tête levée et les deux bras étendus. Derrière elle, Arkas, son nouveau-né, est couché sur le dos à terre, et agite les bras et les jambes.
Planche E, N°. 9.
Dans mon second mémoire sur la numismatique béotienne (1877, p. 25) j’ai signalé la monnaie inédite, que je viens de décrire, afin de prouver de nouveau et d’une manière incontestable, que les monnaies de cuivre au même type du revers et à la légende epxomeni^n, sont à enlever à la ville béotienne d’Orchoménos, et à restituer à celle d’Arcadie.
Sans tenir compte de la provenance bien constatée, ni du caractère de la fabrique, M. Friedlaender a tenu à classer ces pièces la Béotie, parcequ’il croyait reconnaître dans le type des revers Niobé avec un de ses enfants 60).
Par la découverte du bronze de Méthydrion la question relative à la patrie des pièces d’Orchoménos est tranchée définitivement en faveur de la ville arcadienne, et il ne s’agit plus que de trouver une nouvelle explication des types.
La numismatique de l’Arcadie présente, comme on sait, des exemples assez nombreux de l’emploi de types monétaires relatifs à des mythes locaux. C’est ainsi qu’on trouve représenté Démétèr Erinys , le cheval Avion, Pan et la nymphe Syrinx à Thelpousa 61), — Aléos , Athéné avec Kepheus et Stéropé , Téléphos exposé et nourri par une biche à Tégée, — Héraclès et les oiseaux stymphaliens à Stymphalos. On connait deux représentations de l’enfance d Arkas, le héros éponyme du pays ; l’une, où il est seul, assis par terre 62), l’autre où Hermès le porte sur le bras pour le remettre à sa nourrice Maia 63). Dans l’ourse des monnaies de Mantinée on a voulu reconnaître Kallisto , la mère d’Arkas.
Parmi les diverses versions, qui eurent cours sur la métamorphose de Kallisto en ourse, la mieux accréditée chez les Arcadiens est sans doute celle que rapporte Pausanias (VIII, 3, 6). D’après ce récit Kallisto, fille de Lykaon, fut aimée de Zeus. Héra avertie de cet amour, changea aussitôt sa rivale en ourse et engagea Artémis à la tuer de ses flèches. Zeus envoya Hermès sauver l’enfant dont Kallisto avait été enceinte 64'), et plaça la mère au ciel parmi les astres, où elle devint Arktos, la grande ourse. Arkas succéda plus tard à son oncle Nyktinos, et sous son règne le pays prit le nom d’Arcadie.
En examinant les types des monnaies d’Orchoménos, de Méthydrion et de Phénéos, on sera certainement frappé de leur concordance parfaite avec les épisodes du récit de Pausanias. Sur les bronzes d’Orchoménos, d’un côté Artémis vient de lancer sa flèche 65), et de l’autre Kallisto , atteinte du trait mor-
60) Archaeol. Zeitung 1864, p. 133 et 1871, p. 79; Berliner Blaetter 1868, p. 141. — Cf. Prokesch-Osten Inédita 1854, p. "277; — Num. Cki-onicle 1873, p. 110, 309 et 331, pi. V, I-
61) Cf. mes » Beitraege” (Zeitschr. fur Num. I) p. 425 — 135, pl. IV 7 et 8.
62) Bevue num. 1865, pl. VII, 5, avec l’inscription APKAS!.
63j Voyez les beaux didrachmes de Phénéos, Mionnet, Suppl. IV, pl. VI, 5; K. Münzkabinet, Berlin 1877, pl. II, 153, et m. c. Parfois le nom APKAS est ajouté.
6P) Cf. Apollodore III, 8, 2, où il est dit que l’enfant Arkas fut confié aux soins de Maia. 66) Planche E, N°. 10. — J’ai signalé le même type d’Artémis sur les bronzes de Héraia.
LETTERK. VERH. DER KONINKL. A RACEMIE. DEEL XIV.
tel, tombe à la renverse en laissant à côté d’elle son nouveau-né , couché sur le dos eu agitant bras et jambes. Sur le bronze de Méthydrion Artémis est remplacée par la tête de Z eus, le père d’Arkas. Les belles pièces de Phénéos montrent ensuite Hermès , exécutant les ordres de Zeus et sauvant l 'enfant; enfin, Arkas seul parait s’amuser à quelque jeu sur l’obole citée dans la note 62.
Bien que du commun accord des anciens écrivains, la métamorphose de Kallisto en ourse ait eu lieu avaut son trépas, rien n’empêche cependant de reconnaître la mère d’Arkas dans la femme percée d'une flèche. Car on sait combien il répugnait à l’art antique de représenter des métamorphoses accomplies, et qu’on se contentait généralement d’indiquer le changement d’une figure humaine en animal par l’addition de quelque petit attribut, comme par exemple en munissant de petites cornes les têtes d’Io ou d’Aktéon. Si un signe caractéristique de ce genre fait défaut à Kallisto, c’est sans doute uniquement à cause de la difficulté de trouver un moyen, clair et simple à la fois, de signaler le changement sur un espace aussi restreint que l’est le flan d’un petit bronze. Remplacer une tête de femme par une tête d’ourse n’était pas du goût du temps et revêtir Kallisto de la peau d’une ourse, aurait été difficile à rendre d’une manière distincte et gracieuse.
De même que Méthydrion en Thessalie , dont on ne connait jusqu’à présent qu’une seule monnaie 66), la ville homonyme d’Arcadie ne parait avoir exercé le droit de battre monnaie que pendant très-peu de temps. Car la seule monnaie qui existe encore de la dernière, est un bronze frappé pour la ligue achéenne, avec axaiïïn me0vapie£2N et anapeai G7)/ La monnaie, que Millingen (Recueil pl. III, 8) a classée à Méthydrion, est à restituer aux Messéniens.
Orchomênos
245. /R 14m. Gr. 2,54. — Tête imberbe à dr., coiffée d’un casque à aigrette. i/ Grand au milieu du champ; dessous d3.
Puisque la plupart des monnaies de cuivre d’Orchoménos n’ont que les initiales ep, pour e p ^o/usvi(oy, et une tête casquée imberbe ou barbue, je n’hésite pas à classer à la même ville le triobole arcadien, que je viens de décrire.
6«) Cf. » Beitraege” (Z. f. N. I) p. 93—97, pl. III, 1.
67) Num. Chronicle 1866, p. 34, et Postolacca, Annali dell’ Inst. arch. Roma 1866, N°. 22.
Après la bataille de Leuctres, Orchoménos refusa, par haine contre Mantinée, de se joindre à la ligue arcadienne Gs) ; mais à eu juger par le monogramme de cette monnaie, d’un travail assez ordinaire, il parait que plus tard la ville se ravisa et fut pendant quelque temps membre de la confédération.
246. Æ 20™. Gr. 6,53. — Artémis , les cheveux noués sur le sommet de la
tête, à dr., le genou dr. en terre, la main dr. rejetée en arrière, et tenant dans la gauche avancée l’arc qu’elle vient de décocher. Elle est vêtue d’un chiton léger et court et porte un pétase derrière l’épaule.
E epxomen — IS2N. Kcillisto , coiffée d’un pétase et vêtue d’un chiton, à g. ; elle est frappée au sein par la flèche d’Artémis, et tombe à la renverse, les bras étendus et la tête rejetée en arrière. A côté d’elle, l’enfant Arkas couché sur le dos. Champ rond en creux. Planche E, N°. 10.
247. Æ 18m. Gr. 4,70. — Autre, parfaitement semblable à la précédente, avec
EPXOMENI — £2 N.
Les bronzes du même genre, que MM. Friedlaender et Head ont publiés 69) diffèrent de ceux-ci, en ce qu’il y a en outre un chien accroupi à dr. derrière Artémis, qui est chaussée de bottines 7°), que Kallisto est sans chapeau, et qu’ Arkas est assis à terre, à g., tendant les bras vers sa mère.