LEVCDGIS S MOt€TA. Tête diadémée à droite, sur
une ligne de quatre globules.
^. CHARIBERTVS RE. Calice à deux anses surmonté d'une croix.
Collection du comte 0' Reilly. Publié par Cartier {Rev. Num. 1840. p. 214, avec une vignette), et mentionné au catalogue des monétaires par le même auteur, n° o47, au mot LEVGOSIS. — Publié par M. Robert [loc. laud., pi. X, n° 5). — l'I. XI, n° 3.
Quand le fondateur de la Revue Numismatique publia cette monnaie en 1840, trompé par de sérieuses apparences et ne connaissant pas les autres monnaies de Leudegisèle, il a cru que le nom du monétaire était Leurjosis. Personne n'a encore relevé cette erreur et l'intrus Leugosis s'étale dans toutes les listes des monétaires au rang d'honneur doublement usurpé des fonctionnaires qui ont inscrit leur nom sur des monnai' s royUes. Pourtant si l'on avait pris la peine de comparer l'une des deux monnaies qui donnent intégralement le nom de Leudegisèle, à celle dont M. Cartier a gratifié le prétendu Leugosis, on n'aurait pas hésité à constater que toutes les trois ont, du côté de l'efûgie, absolument la même légende. Cette légende est incomplète, il est vrai, sur le n° 54, par suite d'un accident quelconque, mais ses huit premières lettres et la liaison des deux lettres NE dans le motMONETA, dénoncent suffisamment l'identité du nom inscrit sur les trois monnaies. Le franc Leudegisèle prenant la place du romain Elafius, se servant de ses ouvriers, et ne sachant ni les préserver de commettre les plus grossières méprises, notamment de reproduire le barbarisme MONETAT et d'inventer le nom TELAFIVS , ni leur faire écrire correctement son propre nom, a tout à fait l'apparence d'un acquéreur, successeur, ou substitué, n'importe à quel titre, qui, devenu le bénéficiaire d'une industrie fondée par un autre, continue à exploiter cette industrie en se gardant bien de supp-imer la marque de fabrique de son prédécesseur parce qu'elle est connue du public et accréditée. Nous
avons établi que ^altération du nom d'Elafius ne pouvait être qu'une conséquence de son absence, et nous avons les meilleures raisons de croire que celui qui a continué à ouvrer sous son noir. n'est autre que le Franc Leudesigèle.
Cependant Leudegisèle n'a pas coiiservé le monopole de cette marque de fabrique; le malheureux nom d'Elafius a été exploité jusqu'à ce que la dégénérescence qui est la conséquence inévitable de l'immobilisation et qui subit, elle aussi, la loi fatale du progrès, n'en ait plus laissé subsister que des lambeaux. Par un singulier hasard, si ce n'est en vertu d'une intention formelle, ces derniers vestiges du monnayeur gallo-romain ont servi à couvrir de leur crédit un nom de roi franc inscrit sur la monnaie de Bannassac; c'est Maxirainus, concurrent de Leudegisèle qui s'est emparé de cette enseigne pour décorer les premières monnaies sur lesquelles il inscrit le nom du roi Caribert. (Voir plus loin, n** 68.)
Dans les deux types nouveaux qu'a créés Leudegisèle et que nous venons de décrire (o2 à 54), ce monétaire a apporté deux innovations considérables; il a écrit en toutes lettres, outre son nom, le nom du loi Caribert et celui de l'atelier de Bannassac. Son monnayage spécial s'est-il borné à produire ces deux types qui ont toujours du être rares puisqu'ils ne sont arrivés jusqu'à nous qu'à l'état d'exemplaires uniques? Nous ne le pensons pas, et nous croyons même pouvoir affirmer le contraire.
Une monnaie royale n'a que deux faces pour inscrire trois légendes, le nom de l'atelier, le nom du roi, et celui du monétaire ; elle sacrifie donc généralement une de ces trois légendes. Sur nos n°' 52 et 53, c'est le nom du roi qui est sacrifié; sur le n° 54, c'est le nom de l'atelier qui fait défaut ; il faut donc supposer qu'il existe une troisième combinaison donnant le nom du roi et celui de l'atelier et passant sous silence le nom de Leudegisèle. Or nous rencontrons dans les collections d'assez nombreuses monnaies qui portent les noms de Caribert et de Bannassac, mais qui se taisent sur le nom du monétaire. Si Leudegisèle était seul, on devrait lui attribuer toutes ces monnaies, mais un autre monétaire. Maximinus, a laissé de nombreux produits de l'atelier qu'il
a dirigé à Bannassac sous le règne de Caribert, et comment reconnaîtrons-nous parmi des espèces qui sont toutes à peu près du même style et qui se taisent sur le nom du monétaire, celles qui ont été émises par Leudegisèle et celles qui sont le produit de l'atelier de Maximinus? C'est là un petit problème dont la solution peut présenter quelque intérêt. Nous chercherons cette solution dans l'orthographe des légendes et dans les formes épigraphiques ; nous reconnaîtrons les gens à leur écriture.
Nous avons vu (n°S3) que Leudegisèle a donné au nom de l'atelier la forme BANNIACIACO, avec deux I. Maximinus, lui, a accepte la formé BANNACaCO, sans un seul I, N'est-il pas naturel, jusqu'à ce qu'un fait vienne démentir cette supposition, d'attribuer à Leudegisèle les espèces sur lesquelles le nom de l'atelier est écrit avec deux !,• et à Maximinus celles qui n'accordent pas un seul I au même nom ? Par suite de ce triage, le groupe de monnaies qui resteront encore incertaines entre les deux monétaires se réduira aux espèces dont la légende est BAN- NACIACO avec un seul I, cette dernière forme ayant été admise par l'un comme par l'autre des deux concurrents. Conformément à la règle que nous venons de poser, nous attribuerons au monétaire franc Leudegisèle les espèces dont suit la description :
5o. — ^ CHARIBERTVS REX. Tête diadémée, à droite, style antique^ tranche du cou sans perles, diadème simple décrivant une courbe opposée à la convexité du crâne ; filet circulaire simple entre la tête et la légende.
1^. BANNIACIACO FUT. Calice à deux anses surmonté d'une croix, sous le T final. Ce T qui, sur d'autres monnaies, est pris pour la croix et confondu avec elle, s'en sépare
Collection Gariel. — Publié par M. Robert {loc. laud., pi. X, n°2). — PI. XI, n" 4.